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Menuiserie

La menuiserie est l'art de travailler le bois pour la confection des légers ouvrages relatifs à la construction des bâtiments, à l'ameublement. Les pièces de bois que l'on travaille sont de plus petites dimensions que celles qui constituent la charpente; mais elles sont aussi plus délicates et exigent plus de soins de la part de l'ouvrier. La forme des assemblages est à peu près la même dans les deux cas; mais l'exécution demande plus de précision en menuiserie : les surfaces doivent être dressées aussi parfaitement que possible, de façon que les joints soient à peine apparents. Toutes les parties des pièces qui sont en vue doivent être parfaitement corroyées et même polies. Les bois employés sont donc choisis parmi les meilleures qualités; ils doivent être exempts de sève et parfaitement secs, qualité absolument nécessaire pour éviter la deformation des ouvrages. II faut rejeter les bois qui présentent de l'aubier ou d'autres défauts de ce genre. Ce n'est qu'à ces conditions qu'on obtient des objets solides et durables.

Un ouvrage de menuiserie est en général constitué par une sorte de carcasse, appelée bâti ou châssis et formée de pièces solides reproduisant les principales arêtes des surfaces et assemblées à tenon et mortaise ou d'une autre façon. Les jours sont garnis avec des panneaux plans ou courbes cloués sur le bâti ou assemblés dans son épaisseur à rainure et languette. Ces assemblages sont d'ailleurs souvent consolidés à l'aide de petits clous ou de colle forte.

Rien que le bois ait été travaillé par l'humain dès la plus haute antiquité, la menuiserie proprement dite n'a fait son apparition qu'assez tard, lorsque les progrès réalisés peu à peu dans l'outillage ont permis la confection de légers ouvrages avec cette matière. A l'origine, tous les arts relatifs au travail du bois étaient confondus; les oeuvres effectuées étaient naturellement très grossières. 

Ce n'est guère que vers le XIVe siècle que l'on commence à distinguer en
France les charpentiers, qui s'occupent des gros travaux, des huchiers, chargés de la confection des ouvrages plus délicats : ces derniers fabriquaient des portes, des sièges, des bahuts et surtout des huches, d'où leur nom. C'est vers le commencement du XVe siècle que cette dernière catégorie d'ouvriers prend le nom d'huchiers-menuisiers; et enfin, à l'époque de la Renaissance, la corporation des menuisiers se sépare complètement de celle des charpentiers. Elle a ses statuts particuliers et ses règlements relatifs au travail sont tout à fait intéressants et montrent quel respect ces ouvriers d'autrefois avaient pour leur art : c'est ainsi que l'usage de la colle était interdit dans les assemblages, et qu'il était défendu d'employer les bois avant un certain nombre d'années parfaitement fixé à partir de la coupe des arbres. Il fallait être réellement artiste pour entrer dans la corporation; aussi les menuisiers de la Renaissance, grâce à leur originalité et à leur goût remarquable, ont-ils créé un véritable style. 

Ces traditions sévères de la corporation se sont maintenues assez longtemps et l'imagination artistique des menuisiers se marquait à chaque époque par des caractères particuliers. De nos jours, l'exercice de cette profession demande beaucoup moins d'originalité; on se contente en grande partie d'imiter ou de combiner les styles anciens; l'ouvrier doit donc posséder, outre les connaissances pratiques indispensables, des connaissances théoriques relatives aux diverses transformations de son art. De plus, comme dans toutes les branches de l'industrie moderne, il se crée, surtout dans les grandes villes, une série de spécialités et actuellement on distingue plusieurs catégories de menuisiers (nous mettons à part la menuiserie industrielle ou de série) : 

1° Les menuisiers de bâtiment, qui se divisent eux-mêmes en deux classes : les ouvriers d'atelier qui confectionnent les ouvrages, et les poseurs qui vont mettre en place ces derniers. Ces ouvrages relatifs au bâtiment sont groupés en menuiserie dormante et en menuiserie mobile. La première comprend tous les ouvrages absolument fixes tels que les planchers, les lambris, les cloisons ; la seconde tous les ouvrages fermants ou ouvrants comme les croisées, les portes, les volets, les persiennes. 

2° Les menuisiers découpeurs, qui mettent à jour des dessins déterminés devant servir de crêtes ou de bordures, etc. 

3° Les menuisiers modeleurs, spécialement chargés de confectionner les modèles en bois nécessaires à la construction des machines et particulièrement destinés à la fabrication des moules pour les pièces obtenues en métal fondu. 

 4° Les menuisiers en meubles, qui s'occupent particulièrement de la confection des objets mobiliers. 

5° Les menuisiers mouluriers, qui fabriquent les moulures à la machine ou à la main. 

6° Les menuisiers rampistes, spécialement chargés de la confection et de la pose des rampes d'escaliers. 

7° Les menuisiers parqueteurs, qui posent les parquets.

8° Les menuisiers raboteurs, qui, travaillant à genoux, rabotent et replanissent les parquets.

Ces diverses catégories n'existent bien entendu, que dans les entreprises un peu importantes, dans lesquelles le  menuisier collapore avec d'autres métiers. L'artisan menuisier doit être capable de faire tous les genres de travaux relatifs à son art. (GE).
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Dictionnaire Architecture, arts plastiques et arts divers
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