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Le
masque
a été connu dès la plus haute antiquité, mais
il n'a eu longtemps qu'une signification religieuse; dans les nécropoles
d'Égypte
et dans les tombeaux de Mycènes, c'est
une simple feuille d'or, dont on a moulé le visage du mort pour
conserver ses traits. Le masque proprement dit, ou masque de théâtre,
paraît bien être d'origine purement grecque. Selon Suidas,
il aurait été inventé par les premiers poètes
comiques, contemporains de Thespis; suivant Horace,
il aurait été imaginé par Eschyle.
Il est très vraisemblable en effet que le masque, comme tout l'appareil
scénique, est sorti des divertissements sérieux ou bouffons
des Dionysiaques. On avait commencé
par déguiser ses traits en se barbouillant de lie de vin. Ensuite,
on fabriqua des masques en écorce, puis en cuir, finalement en toile
avec, un enduit de cire. Cet usage avait une double raison d'être.
D'abord, les représentations dramatiques ayant un caractère
religieux, il fallait figurer exactement aux yeux du public le type traditionnel
des héros ou des dieux.
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Masque
de tragédie
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Masque
de comédie.
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Puis, le spectacle
ayant lieu en plein air devant une foule nombreuse, il était indispensable
de renforcer la voix des acteurs. Aussi avait-on soin de disposer des bandes
de métal autour de la bouche; et parfois le masque en était
partout garni intérieurement. C'était comme une sorte de
porte-voix; doit le nom qu'il prit à Rome (persona : qui
retentit). Garni de cheveux, toujours peint, soigneusement modelé
et parfois sculpté, le masque enfermait toute la tète de
l'acteur, ne laissant d'ouvertures que pour les yeux et la bouche. Exécuté
par d'habiles ouvriers à demi artistes, il produisait véritablement
l'illusion scénique, d'autant mieux que l'acteur en changeait plusieurs
fois au cours d'une représentation, suivant la situation et les
sentiments des personnages. Il existait chez les Grecs une infinie variété
de masques; les uns pour la tragédie, d'autres pour la comédie,
d'autres encore pour le drame satyrique.
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Bas-relief
antique offrant un masque de théâtre.
Dans chacun de ces
genres on distinguait une foule de types différents : dieux ou héros,
vieillards, jeunes gens, femmes esclaves. Et chacun de ces types comprenait
plusieurs catégories, où s'accusaient le caractère,
la condition sociale ou le sentiment. Il y avait des masques orchestriques
pour les choeurs de danse, des masques de profession (marchands, soldats,
cuisiniers, pédagogues, etc.), même des physionomies historiques
consacrées par la tradition (Socrate,
etc.). La plupart de ces types sont bien connue aujourd'hui, grâce
aux nombreux masques qui sont représentés sur les monuments
figurés, bas-reliefs ou terres cuites, peintures de vases, fresques
de Pompéi, miniatures des manuscrits.
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Masque
de "Socrate".
A Rome, pendant longtemps,
les acteurs ne se grimèrent qu'à l'aide d'une énorme
coiffure; pourtant le Masque y était connu très anciennement,
puisqu'on l'employait dans certaines fêtes religieuses, dans les
triomphes
et les cortèges des funérailles. Au théâtre,
le masque grec ne s'introduisit qu'au temps de
Térence,
mais il y resta jusqu'à la fin de l'Empire. Même il résista
aux invasions des barbares. Il se conserva dans les pantomimes italiennes,
dans certaines fêtes religieuses comme la fête des Fous, dans
les tribunaux de l'Inquisition
ou au conseil des Dix.
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Masques
vénitiens. © Photo : Serge
Jodra, 2012.
A la Renaissance,
il fut à la mode dans toute L'Europe, surtout grâce à
la comédie italienne. On le trouve en France à la cour de
Charles
VI, puis à celle des derniers Valois, comme au théâtre
de la Foire ou dans les sociétés secrètes. Enfin,
Venise
inventa le masque de velours ou de satin noir, qu'à plusieurs reprises
ont adopté nos élégants. Aujourd'hui, nos masques
de carnaval sont le lointain souvenir des mascarades
sacrées du culte de Dionysos.
(P. M.).
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