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L'art hébraïque
L'architecture. 
II est difficile d'apprécier les caractères et les vicissitudes de l'art de bâtir chez les Hébreux, leurs monuments ont été complètement détruits et les reconstitutions que permettent les découvertes archéologiques ne peuvent être que partielles; de plus les détails que donne la Bible sur diverses constructions suffisant d'autant moins pour s'en former une idée précise, qu'elles sont souvent contradictoires avec les données de l'archéologie. L'Arche d'alliance et le Tabernacle ne peuvent être aujourd'hui connus que par les descriptions bibliques; même chose, pratiquement pour célèbre Temple de Salomon, les divers palais élevés par ce prince, car, pour l'essentiel, ce qu'il reste de vestiges date seulement de l'époque hérodienne et d'époques plus tardives.

Certains écrivains ont pensé que la civilisation hébraïque ne fut qu'un pâle reflet des civilisations voisines, celle de Babylone et celle des Égyptiens, et qu'en matière de beaux-arts les Hébreux se bornèrent à imiter leurs voisins. Il est cependant naturel de penser qu'ils communiquèrent à leurs édifices publics un caractère spécial, en rapport avec leurs croyances et avec leurs moeurs. A propos de la description du Temple, Millin a exprimé l'opinion que la disposition de l'ensemble, la construction pyramidale des murs, l'espèce de grande porte qui précédait la façade antérieure, étaient imitées des Égyptiens, tandis que la toiture en bois et les lambris également en bois dont l'intérieur était entièrement revêtu rappelaient plutôt l'architecture phénicienne, ainsi que les colonnes en bois du palais d'été de Salomon; que, dans les ornements, les Hébreux avaient montré le même goût de la magnificence qui caractérisait les Égyptiens et les Phéniciens. Tout cela reste très spéculatif.

La sculpture.
On voit dans la Bible que la sculpture et la ciselure étaient cultivées très anciennement par les Hébreux, Rachel emporte les petites idoles de son père Laban; les Hébreux dans le désert fondent un Veau d'or; des chérubins, des vases, des candélabres en bronze, ouvrages de Bézéléel, décorent l'Arche d'alliance. Mais la loi de Moïse interdisait toute représentation de Dieu sous une image visible.

La peinture. 
Il n'y a de traces de la peinture que dans le Livre d'Ezéchiel (VIII, 10; XXIII, 14), et encore ce livre a-t-il été écrit dans en Babylonie.

La musique.
La musique fut le seul art cultive avec quelque succès par les Hébreux; ils en faisaient même remonter l'origine avant le Déluge, et attribuaient l'invention des instruments à un fils de Caïn. Mais, bien qu'on ait écrit de nombreux ouvrages sur cette matière, elle est loin d'être élucidée. Les instruments, par exemple, dont il est fait mention dans la Bible, ne nous sont pas connus parfaitement : au nombre des instruments à cordes, on remarque le kinnor et le nébel, et, parmi les instruments à vent, l'ougab, sans parler des flûtes, des trompettes, des tambourins, des cymbales, etc. 

Un des historiens de la musique, Forkel, a prétendu que toute la musique des Hébreux consista dans une espèce de récitatif monotone, analogue aux psalmodies des synagogues et des églises chrétiennes mais, outre que cette assertion est dénuée de preuves, on ne voit pas pourquoi la mélodie, qui est chose naturelle, aurait été refusée à un peuple d'une civilisation assez avancée; on ne comprendrait pas l'effet merveilleux de la musique sur Saül en démence, et tout ce que la Bible rapporte des chants des prophètes. D'ailleurs, il est rapporté que David forma pour rehausser la splendeur du culte, un corps de 4 000 Lévites musiciens, divisés en plusieurs choeurs, dont chacun avait un orchestre et un personnage dirigeant, chargé aussi de chanter ou de jouer les solos. 

Ajoutons, toutefois, que la simplicité des chants et des instruments chez tous les peuples de l'Antiquité, et spécialement l'absence de toute écriture musicale chez les Hébreux, ne permettent pas de supposer rien d'analogue à ce que les modernes appellent l'harmonie. (B.).

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