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Flabellum

Le flabellum [neftseri en égyptien (Linas), mysobion (Ducange), rhipide chez les Grecs, rostarolus, ventilabrum, cherubinus,muscale, quech'ouoz en arménien (Linas), émouchoir] est un éventail à long manche ouvragé, destiné simplement dans le principe à chasser les mouches, à tempérer la chaleur en agitant l'air, d'où le nom italien buffadors (Ducange). Il remonte à une très haute antiquité. Parmi les esclaves et les eunuques existait la charge des flabellifères, porteurs du flabellum : les médecins l'emportaient dans leurs visites pour chasser le mauvais air. 

Dès les temps les plus reculés, il est, avec l'umbrella (ombrelle), un des signes de la puissance royale. En Egypte, seul le pharaon y a droit. L'officier porteur du flabellum, aussi bien que du parasol, était un haut dignitaire, ainsi que le prouve la série des titres dans les inscriptions funéraires. Les bas-reliefs de Persépolis nous montrent le roi suivi de l'umbellifère et du flabellifère, et les Turcs, d'après d'Herbelot, l'appellent en ce sens sangiak, qui signifie exactement étendard, bannière. 
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Flabellum.
Flabellum en plume de paon et,
à droite, flabellum des Grecs.

Les pèlerins et les croisés le rapportèrent en Occident, compensant l'inutilité de cet objet mobilier, sous leur climat, par une signification symbolique et religieuse. Les flabella étaient de soie peinte, de drap d'or, d'ivoire, de cuir ouvré, de papier, de métal, de plumes de paon dont les taches ocellées semblaient être les yeux des chérubins, et plus tard enfin de plumes d'autruche; au XIVe siècle, l'emploi dans l'Église d'Occident en a disparu. Aussi, le nombre des flabella qui nous sont parvenus est-il assez restreint, et on ne peut guère citer que celui de Tournus, aujourd'hui au musée de Florence, ceux de Fulda (Allemagne), de Canosa, de Séville, et les disques crucifères de Hildesheim et de Copenhague, qui ne sont autres que des flabella inutilisés.

Dans l'Église d'Orient, au contraire, l'usage du flabellum s'est conservé jusqu'à nos jours, mais avec certaines modifications liturgiques. Sous le nom de ripidion, il affecte différentes formes, d'ordinaire celle d'un chérubin hexaptère (à six ailes); quelques-uns sont garnis soit de petites languettes de métal, soit de clochettes qui sonnent quand on agite l'instrument, remplissant ainsi l'office de la sonnette en usage dans l'Église latine. Bien qu'ils aient disparu de la liturgie occidentale, les flabella n'en restent pas moins l'attribut de la puissance spirituelle. Le souverain pontife, dans les processions solennelles,  a été jusqu'au seuil de l'époque contemporaine suivi des flabella de plumes de paon, pour montrer qu'il était le représentant de Dieu sur la terre. Le grand prieur de Malte, l'archevêque de Messine, l'évêque de Troia, en Pouille, sont les seuls Occidentaux auxquels il ait été accordé le droit avec le pape au flabellum. (F. de Mély).

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Dictionnaire Architecture, arts plastiques et arts divers
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