Dictionnaire des Oeuvres
Les arts

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École Napolitaine, une des écoles italiennes de peinture. Quelques auteurs la considèrent comme la plus ancienne, et pensent même qu'elle a existé sans interruption depuis l'âge byzantin : ils parlent de madones faites dans le XIe siècle, tandis que, dans les autres parties de l'Italie, les arts étaient presque entièrement oubliés. Ce qui est plus certain, c'est que l'école de Naples, à toutes les époques, n'a eu qu'un éclat d'emprunt : on n'y trouve pas un style original, un ensemble de principes imposés par un artiste hors du commun et suivis par des disciples, mais toutes sortes d'influences exercées par des étrangers et souvent opposées les unes aux autres. Dès le commencement du XIVesiècle, Giotto, appelé à Naples, y exécuta des fresques à la Santa-Chiara et à l'Incoronata : Simone est le plus connu des peintres qui imitèrent ses exemples. il ne paraît pas que l'art ait beaucoup progressé ans espace un siècle, puisqu'on a pu attribuer à Simone quelques ouvrages de Colantonio del Fiore, mort en 1444. 

Une impulsion plus marquée fut donnée à la peinture par le gendre de Colantontio, Antoine Solario, plus connu sous le nom de Zingaro, et les oeuvres faites après lui furent qualifiées de zingaresques. Au nombre de ses disciples, on remarque les frères Donzelli, puis Bernard Tesauro, qui montra plus d'invention et de naturel. Notons aussi Antonello de Messine, qui apprit du peintre flamand-Van Eyck la manière de peindre à l'huile, et qui la propagea en Italie.

Au XVIe siècle, lorsque la peinture prit tant de développement à Rome, à Florence, à Venise, à Parme, à Mantoue, etc., l'école de Naples ne fit que reproduire les principales qualités des autres écoles; si elle eut le feu de l'invention, la fougue du pinceau et la rapidité de l'exécution, elle pécha toujours par le dessin, et, attachée à l'imitation directe de la nature, ne poursuivit pas le beau idéal. André Sabbatini, de Salerne, le premier peintre de cette nouvelle période, étudia sous Raphaël, dont il rapporta les principes. 

Le sac de Rome par les Allemands, en 1527, en contraignant les artistes de fuir à Naples, fortifia dans cette ville l'influence de l'école romaine : Polydore de Caravage, Penni, dit il Fattore, et Perino del Vaga, y laissèrent quelques modèles. En même temps, les principes de Michel-Ange eurent pour représentants dans l'école napolitaine Vasari et Marco de Sienne, tandis que d'autres artistes s'attachaient à Titien, au Tintoret et aux autres maîtres de Venise.

La première moitié du XVIIe siècle fut l'âge brillant de la peinture napolitaine, et elle dut cet éclat à la présence de maîtres étrangers. Ce fut aussi un temps d'intrigues, de haines, de persécutions, de crimes même parmi les artistes. Michel-Ange de Caravage, chassé de Rome pour homicide, apporta aux artistes napolitains, avec son style énergique et rude, la violence de ses moeurs. L'espagnol' Ribera, son élève, le grec Corenzio, qui avait étudié sous le Tintoret, et le napolitain Caracciolo, imitateur d'Annibal Carrache, formèrent un triumvirat redoutable aux étrangers : Annibal Carrache, le chevalier d'Arpino, Guido Reni et son élève Gessi, le Dominiquin, Lanfranc, furent calomniés, menacés de mort, obligés de fuir, et la condamnation à mort de Francanzani, l'un des élèves et agents de Ribera, n'arrêta pas ses ignobles cabales. Ribera alla jusqu'à mêler des substances corrosives à l'eau qu'employait Massimo Stanzioni, pour faire périr ses oeuvres. A cette période appartiennent encore Preti, dit il Calabrese, imitateur du Guerchin, Aniello Falcone, peintre de batailles, et son élève Salvator Rosa, l'un des maîtres les plus originaux de l'Italie.

L'école napolitaine a fini avec deux peintres distingués, Luca Giordano, dont le surnom de Fa presto a été justifié par une prodigieuse rapidité d'exécution, et François Solimène, qui peignit jusqu'à 90 ans et remplit de sa réputation toute l'Europe. (B.).



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