 |
Diorama
(du grec diorasis, action de voir au travers; ou du latin dies,
jour, et orama, vue; spectacle ouvert
à Paris
en 1822, rue Samson, derrière le Château-d'Eau, par Daguerre
et Bouton, qui en étaient les inventeurs.
II se composait de vues peintes avec des couleurs transparentes sur des
toiles de percale ou de calicot, et variant d'aspect suivant la manière
dont elles étaient éclairées. La lumière, naturelle
ou factice, mais toujours la lumière du jour, arrivait tantôt
par devant, tantôt par derrière, parfois pure et brillante,
d'autres fois arrêtée et nuancée par des transparents
ou des verres de couleur, qui permettaient de produire sur le tableau les
teintes incertaines du crépuscule, l'éclat du soleil, le
clair de lune; les effets de neige, les lueurs enflammées de l'incendie,
etc.
Les spectateurs étaient éloignés
de 15 à 20 m du tableau, qui n'avait pas moins de 22 m de largeur
et de 24 m de hauteur, et qui était placé au fond d'une sorte
de galerie à parois sombres lui servant d'encadrement; ils se trouvaient
au centre d'une rotonde, sur une terrasse circulaire peu éclairée
et mobile, tournant par un mécanisme intérieur, de sorte
que, sans se déplacer, ils parcouraient successivement tous les
tableaux.
Parmi les vues qui eurent le plus de vogue,
nous citerons : l'Incendie d'Edimbourg ,
la
Cathédrale
de Cantorbéry, l'église
de St-Étienne-du-Mont, à Paris ,
vue de jour et vide, et vue de nuit, au moment de la messe de Noël ,
et pleine de monde. Pour obtenir cet. effet, le tableau était peint
des deux côtés, l'un représentant l'église vide,
l'autre l'église pleine de monde : pour faire voir l'église
le jour, on l'éclairait par devant; pour la montrer de nuit, on
l'éclairait par derrière; alors la lumière qui traversait
la toile ne permettait plus de voir le tableau peint par devant.
On admira encore (car l'illusion était
complète) l'île Ste-Hélène, le Mont-Blanc,
la Vallée de Sarnen, le Campo-Santo, St-Pierre de Rome ,
la Forêt-Noire, l'Inauguration du temple de Salomon, etc. Un
incendie consuma le Diorama en 1839; il fut rétabli dans une salle
du boulevard Bonne-Nouvelle, et brûlé encore eu 1849. On en
construisit un nouveau aux Champs-Élysées, mais il ne put
par son produit compenser les pertes éprouvées.
(E. L.). |
|