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Couronne

Une couronne une marque extérieure de pouvoir et de dignité. C'était, dans l'Antiquité, un ornement de tête, fait de branches, d'herbes, ou de fleurs, et qui se portait comme une marque d'honneur, ou en signe de joie comme une simple parure. C'est aussi un ornement de tête, généralement métallique, que les rois, princes ou seigneurs, portent depuis le Moyen âge pour marque de leur dignité, ou qui est représenté dans leurs armoiries. 

Couronnes des Romains et des Grecs

Chez les Romains et chez les Grecs. Il y avait des couronnes de festins, de jeux publics, militaires et de sacrifices.

Couronnes de festins.
Elles étaient de fleurs naturelles ou artificielles, et de deux sortes : les unes pour mettre sur la tête; les autres, autour du cou et pendantes sur la poitrine. On les portait comme préservatif contre l'ivresse, les anciens croyant que l'odeur des fleurs, ouvrant les pores de la peau, donnait au vin le moyen d'évaporer ses fumées. On ne prenait de couronne de tête que dans les festins où l'on devait faire un peu d'excès, et de couronnes de cou que dans les comessationes. Les couronnes faisaient partie des apprêts du festin ; on les distribuait après le 1er service et avant le 2e, au moment où les convives commençaient de boire. Elles étaient tressées d'une seule espèce de fleurs, ordinairement de roses, de violettes, de safran, de nard. On en faisait aussi d'ache, de lierre, de lis, de myrte. Les riches employaient, par recherche, des couronnes en feuilles de roses naturelles cousues sur des écorces de tilleul gaufrées. L'hiver, on se servait de fleurs d'amarante, qui, mises dans l'eau, recouvraient toute leur fraîcheur première. Sous les empereurs, on fabriqua, avec des copeaux de corne, ou avec de la soie, des fleurs artificielles qui avaient la couleur et le parfum des fleurs naturelles.

Couronnes des jeux publics
Récompense donnée aux vainqueurs chez les Grecs. C'était une couronne d'olivier sauvage, dans les jeux Olympiques; de laurier, aux jeux Pythiques; d'ache, aux jeux Néméens; de pin, aux jeux Isthmiques. Les Romains donnaient aussi des couronnes aux vainqueurs dans les jeux du cirque, et au meilleur acteur dans les jeux scéniques. Le président des jeux les décernait à la fin de chaque exercice, et en présence de tous les spectateurs. C'était originairement une couronne de laurier; Crassus, en l'an 680 de Rome, donna, par magnificence, des couronnes artificielles à feuilles d'or et d'argent. Dès lors tout le monde fit de même.

Couronnes militaires.
Il y en avait de neuf sortes : castrensis ou vallaris, civica, graminea ou obsidionalis, muralis, oleaginalis, ovalis, rostralis ou navalis, et triumphalis. Chacune récompensait une action spéciale et particulière, et autant de fois le même individu répétait la même action, autant de fois il recevait la même couronne. Tout soldat couronné avait le droit de porter sa couronne perpétuellement; mais il ne le faisait que dans les fêtes et les jeux publics. Les couronnes militaires furent toujours des récompenses individuelles; cependant on décerna quelquefois la vallaris et l'obsidionalis à un corps entier; alors on l'attachait à l'enseigne du corps.

Couronne castrensis ou vallaris. 
Le général la décernait à celui qui avait pénétré de vive force dans le camp de l'ennemi, en franchissant la palissade (vallum). Cette couronne était d'or, avec des pointes en forme de palissades. Posthumius décerna cette couronne, en l'an 255 de Rome, et ce fut la première couronne d'or donnée en récompense militaire.

Couronne civique, corona civica. 
Récompense d'un légionnaire qui en avait sauvé un autre et tué l'ennemi qui le pressait. Que l'homme sauvé fût soldat ou général, l'action était également estimée, pourvu qu'il fût citoyen romain et qu'il reconnut son sauveur. La couronne civique, bien que de simples rameaux de chêne, était très estimée; quand celui qui la portait entrait aux jeux publics, tout le monde se levait devant lui, et il pouvait prendre place aux premiers rangs. Elle lui donnait l'exemption des charges publiques, et cette immunité s'étendait à son père et à son aïeul paternel.

Couronne graminea ou obsidionalis. 
C'était une couronne de gazon décernée par les soldats d'une légion ou d'une fraction de légion à un général ou à un tribun. Une armée naguère bloquée dans son camp la décernait au chef qui l'avait délivrée. Elle était tressée de gazon arraché dans le lieu même où les troupes assiégées avaient été sauvées. Nulle couronne ne l'emportait sur celle-ci, parce qu'elle récompensait un service rendu à un grand nombre de citoyens.

Couronne muralis. 
Le général la donnait au légionnaire qui avait escaladé le 1er, et de vive force, la muraille d'une ville assiégée. Elle était d'or, et avait la forme d'une muraille crénelée.

Couronne oleaginalis.
Elle était d'olivier, et servait de parure à ceux qui accompagnaient un ovateur dans son ovation. 

Couronne ovalis. 
Couronne de myrte, et quelquefois de laurier, que portait un ovateur.

Couronne rostralis ou navalis. 
Récompense du Romain qui, dans un combat naval, avait le premier sauté à l'abordage sur un vaisseau ennemi, ou dont les soins et le courage l'avaient fait capturer. Dans ce dernier cas, elle se donnait ordinairement aux chefs d'armée. Elle était d'or, et hérissée d'imitations de rostres de navires.

Couronne triumphalis.
Couronne de laurier que portait un triomphateur le jour de son triomphe. Elle lui avait été décernée par ses soldats. Il y en avait d'autres aussi, offertes par les villes des provinces où le général avait accompli les faits d'armes qui lui valaient le triomphe.

Couronne des sacrifices.
Les prêtres et leurs servants dans les sacrifices publics portaient sur la tête une couronne prise de l'arbre consacré à la divinité à laquelle ils sacrifiaient : pour Jupiter, c'était une couronne de chêne; pour Hercule, de peuplier ou de laurier; pour Junon, de laurier, etc. (C. D- Y.).

Couronnes des souverains

Dans les temps les plus reculés, la couronne fut un ornement du sacerdoce, consistant en une bandelette dont les prêtres se ceignaient la tête. Les souverains la prirent à leur tour. La coiffure des rois d'Égypte et d'Assyrie était la même que celle des statues des dieux.

On voit sur les médailles plusieurs sortes de couronnes propres aux empereurs romains : la couronne de laurier seule admise dans les premiers temps de l'empire, une couronne ornée de perles ou de pierreries, une espèce de bonnet et une couronne radiale. Les empereurs byzantins se servirent d'une couronne couverte par le haut. Celle des papes était une tiare ornée de trois couronnes. 

Au temps de la féodalité, tous les seigneurs prirent la couronne d'or : celle de duc, enrichie de pierres précieuses, a 8 grands fleurons (feuilles d'ache); celle de marquis a 4 fleurons, alternés chacun de 3 perles en forme de trèfle; celle de comte est surmontée de 16 grosses perles, tandis que celle de vicomte n'en a que 4; celle de baron est entrelacée, à six espaces égaux, de rangs de perles, trois à trois en bandes. 
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La Couronne de fer

On nomme Couronne de fer la couronne des rois lombards. Elle fut portée pour la première fois par Agilulf, en 590. Elle était d'or pur; mais un petit cercle de fer, formé, prétendait-on, d'un des clous qui servirent à crucifier Jésus, était placé dans sa partie intérieure : de là son nom. Au Moyen âge, les empereurs d'Allemagne allaient prendre à Pavie la couronne de fer. Napoléon la porta, lorsqu'il fut couronné roi à Milan; elle est toujours conservée dans la cathédrale de Monza.

Un ordre de chevalerie très ancien dans le royaume d'Italie, suivant quelques historiens, mais tombé en désuétude porte le nom de Couronne de fer : il fut rétabli par l'empereur Napoléon, roi d'Italie, sur le modèle de la Légion d'honneur, le 5 juin 1805. La décoration consistait dans la représentation de la Couronne lombarde, autour de laquelle étaient écrits ces mots : Dieu me l'a donnée, gare à qui la touche, Dio me l'a data, guai a qui la tocca. Elle était suspendue à un ruban couleur orange, avec lisérés verts. L'ordre de la Couronne de fer a été réorganisé le 12 février 1816 par l'empereur François Ier et figura parmi les ordres autrichiens jusqu'à la fin du l'empire austro-hongrois. (G.).

Quant aux rois de France, les Mérovingiens portèrent des couronnes de quatre sortes : 

1° un diadème de perles, en forme de bandeau, avec bandelettes pendant sur le dos; 

2° une mitre couverte, surmontée d'un cercle d'or; 

3° une coiffure semblable au mortier des anciens présidents de parlement;

4° un chapeau en pyramide, surmonté d'une grosse perle. 

Les Carolingiens avaient la tête ceinte d'un double rang de perles, ou une couronne de laurier, ou une mitre surmontée d'un globe avec la croix : celle-ci était la couronne impériale de Charlemagne

Les Capétiens adoptèrent le cercle d'or, enrichi de pierreries, rehaussé, depuis Philippe de Valois, de fleurs de lis; François Ier revint à la couronne de Charlemagne fermée par le sommet, pour ne pas laisser à Charles-Quint cette marque de supériorité, et depuis ce fut toujours la couronne des rois de France. (B.).

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