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même qu'il y avait dans l'ancienne Grèce Un archéologue
italien, Rosellini ayant trouvé dans un tombeau royal d'Égypte C'est aux Chinois
eux-mêmes qu'il faut demander l'histoire de leur art. Or, la Bibliothèque
nationale de Paris possède l'édition de 1823 d'un livre souvent
réimprimé, composé en 1325, et où l'on trouve
beaucoup de détails sur les fabriques de King-te-chin. Elle a également
des Dissertations sur la céramique composées vers
le milieu du XVIIIe siècle par Tchou-tong-tchouen,
ainsi qu'une Histoire de la fabrication de la porcelaine chinoise, commencée
par Keng-yu-sien-sing, complétée par son élève
Tching-thing-houéi, publiée en Chine Assez restreinte pendant plusieurs centaines d'années, l'industrie de la porcelaine chinoise commença dans le VIe siècle de notre ère à se montrer avec plus d'éclat. En 583, une ordonnance impériale prescrivit la fabrication d'une porcelaine spéciale, dite de couleur cachée, pour l'usage du souverain. Vers l'an 620, un ouvrier nommé Tao-Yu se fit une grande réputation d'habileté qui excita l'émulation des fabricants : plusieurs ateliers s'ouvrirent à Tchang-nan, où devait être établie, en 1004, la manufacture impériale qui existait encore au XXe siècle. Au milieu du Xe siècle, un artiste ayant adressé à l'empereur un placet pour lui demander un modèle, celui-ci répondit : "qu'à l'avenir les porcelaines pour l'usage du palais seraient bleues comme le ciel qu'on aperçoit après la pluie dans l'intervalle des nuages."L'artiste exécuta alors ces porcelaines bleu de ciel après la pluie qui font époque dans l'histoire de la fabrication chinoise : il était si difficile, après le XIVe siècle, d'en trouver d'intactes, que ceux qui n'en possédaient même que des fragments les portaient à leur coiffure de cérémonie ou les passaient dans des fils de soie pour en faire un collier. C'est aussi au Xe siècle que l'histoire place les vases du frère aîné et ceux du frère cadet, tous deux du nom de Tchang; les uns extrêmement minces, dont l'émail était élégamment fendillé et, d'une teinte admirable; les autres, qui n'avaient pas, il est vrai, de craquelures, mais dont la teinte bleu pâle était très délicate, et dont l'émail semblait comme parsemé de gouttes de rosée. Telle fabrique obtenait des veines semblables à des mets de poisson; telle autre savait semer des grains de millet Au XIIe siècle, on commença de décorer les vases avec des fleurs, des oiseaux, des animaux de toute espèce; une jeune fille du nom de Tchou exécuta alors des vases que l'on connait sous le nom de porcelaines de l'aimable fille. C'est sous la dynastie des Ming, de 1368 à 1647, que la fabrication de la porcelaine paraît avoir pris le plus d'extension et avoir reçu le plus de perfectionnements : aussi les archéologues chinois, recherchent-ils avec ardeur les pièces qui datent de cette période. Au XVe siècle, un fabricant nommé Lo excella à faire des coupes ornées de combats de grillons, amusement favori des Chinois à cette époque; les deux soeurs Siéou furent également célèbres dans le même genre; mais leurs combats de grillons étaient ciselés dans la pâte. De 1507 à 1619, un certain Tcheou réussit merveilleusement dans l'imitation des vases antiques : de son vivant même, toute pièce sortie de ses mains était payée 1 000 onces d'argent, et encore aujourd'hui on ne parle de ses ouvrages qu'avec admiration. On peut citer aussi un nommé Ou, qui écrivait comme marque de fabrique sous le pied de ses vases : le religieux Ou, qui vit dans la retraite. Quant à l'introduction de la porcelaine chinoise en Europe, elle ne date que de 1518 : à cette époque les Portugais en apportèrent des modèles. Toutefois, les collections publiques possèdent des pièces qui remontent à 1471. Les Chinois, très
peu avancés dans les sciences, n'ont dû qu'à l'expérience,
à de nombreux essais et tâtonnements, les progrès remarquables
qu'ils ont faits dans l'art céramique. La pâte chinoise, comme
la pâte d'Europe, est composée d'un mélange variable
de kaolin, c.-à-d. d'une matière infusible au feu du four
de porcelaine et d'une matière qui est fusible. La couverte
ou glaçure consiste en matière fusible. La matière
fusible mêlée à la pâte est, à la Chine Les peintures des vases chinois offrent des êtres fantastiques groupés dans des édifices étranges ou dans des paysages impossibles. Dessin, costumes, physionomies, perspective, tout est capricieux et bizarre. Cependant une extrême finesse de touche distingue les têtes, jeunes ou vieilles, et un choix très étudié de couleurs préside à ces pittoresque compositions. II est juste de remarquer que les Chinois ne se font pas de la beauté la même idée que nous : un homme est bien fait quand il est gros et gras, quand il a le front large, les yeux petits et plats, le nez court, les oreilles un peu grandes; au contraire, une petite taille, une délicatesse presque maladive, quelque chose de svelte et d'aérien, tel est le type de la femme irréprochable. Des traits extraordinaires, effrayants même, font reconnaître un héros. Le livre de Stanislas Julien offre un recueil de signes exprimant sur les pièces de porcelaine soit le nom du potier, soit l'époque de la fabrication, et à l'aide desquels l'amateur peut discerner l'ancienneté du travail et la notabilité des artistes; tels sont des poissons, la tige d'une plante, une fleur, un grillon, un phénix, une sauterelle, des raisins, une branche de l'arbre à thé. Le même livre fournit aux collectionneurs certains autres renseignements, par exemple sur le craquelage et la dorure. Le craquelage, gerçage ou tressaillure, est un défaut de la couverte, provenant de ce que la matière du vase et cette couverte ont été inégalement rétractiles sous l'action du feu : c'est une incorrection qui n'a guère de valeur si le craquelage est à grandes parties irrégulières, mais qui est infiniment prisée quand il est à petits carreaux fins, bien distribués et de dimensions bien égales. Les fabricants actuels ne savent plus le secret de produire cet heureux défaut. Quant à la dorure, l'ancien or est défectueux et manque d'éclat; c'est celui-là qu'on recherche, et non pas cet or bien appliqué et resplendissant qui dépare les oeuvres récentes. Par malheur, on est parvenu de nos jours à imiter l'ancien et mauvais or, aussi bien que les vieilles marques de fabrique. Les plantes et les animaux ont précédé le type humain sur les vases chinois; la représentation des personnages sur les porcelaines ne paraît pas remonter au delà du XVe siècle, et les figures sacrées y parurent les premières. L'inexpérience des artistes aux prises avec un procédé très difficile, et la recherche de types en dehors de l'expression habituelle de la nature, expliquent la singularité des images, sans qu'il soit nécessaire d'accuser les Chinois de barbarie. Les décors polychromes des vases servent à distinguer la destination de ces vases. Par exemple, la plupart des vases verts à figures ont été consacrés au culte public ou privé : les sujets religieux y sont fréquents, les scènes civiles très rares. Les vases, aujourd'hui assez rares, sur lesquels on a représenté des dieux au milieu des nuages, des évocations, des enchantements, le tonnerre, les flammes fulgurantes, les flots tumultueux les combats mythologiques, les animaux fabuleux ou emblématiques, appartiennent aux sectateurs de Lao-Tseu; ceux où l'on a figuré des batailles, des chasses, des tirs à l'arc, des réceptions et processions, les travaux agricoles, ont été exécutés pour les sectateurs de Confucius. Certains vases de la famille verte, qui ne portent pas de sujets hiératiques, représentent des scènes empruntées aux romans, au théâtre, aux drames judiciaires. La famille rose, reconaissable à l'abondance des tons carminés et au relief des émaux, ne présente que très rarement des sujets hiératiques; les formes sont moins archaïques et plus gracieuses d'effet. Les vases de cette catégorie sont destinés à l'embellissement des intérieurs, au service de tous les instants. Si l'on y voit encore
de grandes compositions, elles représentent soit des
épisodes curieux, des anecdotes de l'histoire nationale, soit des
particularités de la vie intime ou certaines scènes des romans
populaires. Nous y sommes choqués par la couleur des chevaux, qui
est tantôt rouge carmin, tantôt jaune, bleu ou vert pâle
: mais cette bizarrerie trouve son explication dans la littérature
chinoise, où il est parlé de chevaux
fabuleux de cette espèce. Quand il y a des figures isolées
sur les vases, elles représentent des dieux du Panthéon bouddhique
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.