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Amour
platonique. - On désigne habituellement ainsi l'amour
contemplatif, l'amour qui n'aspire pas à la possession et à
la jouissance de l'objet aimé; c'est à tort : Platon,
partout où il a parlé de l'amour, le montre accompagné
du désir. Il le dit expressément
dans le Dialogue qu'il a consacré à l'amour (le Banquet ),
et sa pensée, sous les symboles dont il l'enveloppe, n'est pas moins
claire, lorsque, dans le Phèdre, il représente les
ailes de l'âme faisant effort pour percer, et l'emporter vers la
région des idées, toutes les fois que, dans un bel objet,
elle aperçoit le reflet de la beauté idéale et céleste.
Que faudrait-il donc entendre au juste par amour platonique? L'amour et
tout à la fois le désir de la beauté idéale,
amour qui ne s'attache momentanément aux beautés terrestres
que comme l'oiseau s'attache à la terre pour prendre son vol. Dans
la pensée de Platon, l'amour doit être pur, non de tout désir,
mais de tout désir sensuel. En l'idéalisant à l'excès,
et toutefois en permettant, en conseillant même de commencer par
la contemplation de la beauté matérielle, peur se familiariser
peu à peu avec la beauté idéale, Platon ne s'est pas
aperçu qu'il entrait dans une voie où beaucoup ne le suivraient
pas jusqu'au terme. (B-E.). |
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