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L'alphabet

 
On donne le nom d'alphabet à une série des caractères qui, dans l'écriture des différentes langues, représentent leurs phonèmes (leurs sons et leur articulations). 

Parmi les formes les plus anciennes d'écritures sont les écritures hiéroglyphiques, telles que celles des anciens Egyptiens. Mais la méthode figurative ne permettait d'exprimer qu'un très petit nombre d'idées, d'un ordre exclusivement matériel, en même temps que certaines idées concrètes auraient eu besoin de signes très compliqués. C'est ainsi que les signes figuratifs devinrent de simples symboles : l'écriture devenait entièrement idéographique, c.-à-d. que le signe figuratif ou symbolique, simple ou composé de plusieurs signes, ne pouvait que reproduire très imparfaitement les idées, sans qu'il y eût aucun moyen de distinguer ni les parties du discours, ni les termes de la phrase, ni de marquer la distinction des cas, des nombres, des temps. De plus la multiplicité des signes devait nécessairement arrêter le développement de l'écriture et en restreindre l'usage. 

Un progrès conduisit de la reproduction des idées à celle des sons, de l'écriture idéographique à l'écriture phonétique. Le premier pas dans cette voie dut être l'emploi d'images primitivement idéographiques pour représenter des mots homophones, mais doués d'une signification différente. C'est ce que l'on retrouve dans l'écriture des Aztèques du Mexique. Dans une langue monosyllabique comme celle des Chinois, l'emploi du rébus devait nécessairement amener du premier coup la découverte de l'écriture syllabique, où chaque syllabe est représentée par un signe. 

Les habitants de la Mésopotamie, comme ceux de la vallée du Nil, arrivèrent également à l'écriture syllabique, parce que les signes idéographiques représentaient parfois des mots monosyllabiques, et d'autres fois finirent par ne représenter que la première syllabe d'un mot qui en comprenait plusieurs. Par une voie plus lente ils en vinrent donc au même point que les Chinois. Les Egyptiens, poussant plus loin l'analyse, sont arrivés à décomposition de la syllabe en lettres et à la représentation des lettres, ce qui constituait l'ébauche d'une écriture alphabétique. Dans les hiéroglyphes des plus anciens monuments de l'Egypte on remarque que les signes syllabiques se mêlent aux signes phonétiques, qui sont de véritables lettres. Chacune de ces figures représente la consonne ou la voyelle initiale de la prononciation de sa signification première d'idéogramme. 

Un pareil système était encore bien imparfait et bien compliqué. Il était donné à un autre peuple d'accomplir un dernier progrès, auquel s'opposait chez les l'Egyptiens le caractère sacré des hiéroglyphes. Les Phéniciens inventèrent un système d'écriture composé d'un petit nombre de signes, clairs, faciles à reproduire, toujours les mêmes pour représenter le même son, en un mot ils créèrent un alphabet. Les témoignages unanimes des Anciens à cet égard sont confirmés par les découvertes modernes. Tous les alphabets, proprement dits, se rattachent plus ou moins  à invention des Phéniciens et sortent tous de la même source, dont ils sont plus on moins éloignés. 

Cette féconde invention paraît avoir rayonné presque simultanément dans plusieurs directions différentes, en formant plusieurs troncs qui se subdivisent en rameaux ou familles. Tels sont les alphabets grec, étrusque, latin, sanscrit (alphabet devanagari), mongol, hébraïque, arabe, etc. (J. D.).

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Dictionnaire Le monde des textes
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