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| Dictionnaire | |
| Yôga.
- Nom de l'un des six systèmes classiques
et orthodoxes de philosophie indienne.
Le mot sanscrit qui le désigne veut dire à la fois «-union-»
et « application ». En effet, sous sa forme actuelle, c'est
une doctrine de l' « union » mystique Il est impossible de faire une histoire
exacte de la philosophie yoga. On ne la rencontre pas vraiment formulée
dans les premiers monuments de la pensée hindoue, les anciennes
Upanishads Depuis, le yoga occupe une place considérable
dans la pensée hindoue. Non seulement on retrouve sa marque dans
le bouddhisme ancien, mais encore il entre pour une grande part dans la
formation de l'école bouddhiste du Mahâyana, si florissante
dans l'Asie du Nord. Dans l'Inde même, le brahmanisme En principe, le Yoga est et a été considéré comme un annexe de la philosophie Sânkhya. Comme elle, il proclame la dualité de l'esprit et de la matière, la supériorité du premier et la nécessité de le délivrer du malheur. De là le but du Yoga. Il tend à supprimer les « fonctions » de l'esprit, à le détacher du corps, en suspendant les «-souffles », la vie animale et sensorielle, le défilé des états de conscience. La fin suprême, c'est un état d' « isolation absolue », de pensée pure et de « méditation » sans fond, sans dédoublement, sans conscience. Cet état succède à divers autres, et en particulier à un état où l'esprit s'abîme déjà dans la pensée tout en restant conscient. C'est en somme un état d'hypnose on de catalepsie, d'extase proprement dite. La nature des moyens qui permettent d'y
atteindre prouve surabondamment ce caractère. Ces moyens, ce sont
les « pratiques » du Yoga ; elles ont pour but de réaliser
progressivement une absolue et pure intellectualité: soins donnés
à la pureté des corps et des moeurs; station assise et immobile;
rétention de la respiration La théorie théiste, qui fait maintenant partie intégrante du système, semble lui avoir été, originairement, étrangère. Elle est, en tout cas, surérogatoire. Le Yoga se définit lui-même comme étant « la suppression du fonctionnement de la pensée » (Yogasûtra, l, 2). Il a dû être une mystique pure. En fait, la notion d'un Dieu personnel est contradictoire à la théorie du Sânkhya qui n'admet qu'une âme universelle, et dont notre philosophie dépend. C'est probablement une addition orthodoxe, datant de la rédaction brahmanique des Sûtras. (M. Mauss). |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.