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Les
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| Ward
(Seth), savant évêque anglais, fils d'un procureur, et né
en 1617 à Buntingford, en Herfordshire, passa de l'école
de son lieu natal au collège Sidney, de l'université de Cambridge Comme la cause royale
était alors désespérée, le nouveau professeur
crut pouvoir prêter serment à la république, démarche
qui lui fut amèrement reprochée après la chute de
ce gouvernement. Son premier soin fut de relever la réputation des
leçons d'astronomie qui depuis longtemps étaient très
négligées; il le pouvait par son savoir, il y joignit une
assiduité exemplaire. Le degré de docteur en théologie
lui fut donné en 1854, et il réunit successivement à
ce titre celui de principal du collège de Jésus, puis celui
de président du collège de la Trinité. Il faisait
partie de ces réunions qui avaient lieu fréquemment dans
l'appartement du docteur Wilkins, au collège Wadham et ailleurs,
entre plusieurs hommes instruits qui voulaient s'occuper ensemble des objets
de leurs études. On sait que ces réunions furent le noyau
dont se forma quelques années plus tard, la société
royale de Londres, de laquelle Ward fut membre dès sa fondation
(1661), et plusieurs fois vice-président. La restauration arriva,
et bien que Ward eût peu souffert pour la cause royale, quoiqu'il
eût même fléchi sous l'usurpation, son avancement dans
l'Église commença peu de temps après. On savait que
son inclination était pour l'ancienne dynastie. Il était
doyen d'Exeter lorsque Monk, duc d'Albemarle, et le comte de Clarendon,
faisant moins d'attention aux antécédents politiques qu'au
mérite personnel et aux talents utiles, lui procurèrent le
siège épiscopal de ce diocèse. Son administration
fut pour ce siège l'époque de beaucoup d'améliorations;
et par sa bienfaisance, ainsi que par son habileté à manier
les affaires, il devint le personnage le plus considérable du banc
des évêques. Le siège de Salisbury L'évêque Ward fut un des hommes supérieurs qui eurent le malheur de survivre à leurs facultés mentales. Dès l'année 1660 une fièvre violente commença de miner sa constitution. L'exercice du cheval, auquel iI se livra d'après l'avis de l'illustre médecin Sydenham, releva ses forces; mais négligeant cet exercice salutaire à mesure qu'il avançait en âge, il tomba dans un dépérissement rapide, et son intelligence disparut au point qu'il ne fut plus qu'un objet de compassion. Il vivait encore lorsque la révolution de 1688 arriva; mais on peut dire qu'il ne la connut point. Il mourut en 1689. Oughtred a fait l'éloge de son caractère autant que de son esprit. Ses études ne se bornaient pas aux sciences exactes, elles embrassaient toutes les parties des belles-lettres. Le docteur Burnet, qui lui succéda sur le siège épiscopal de Salisbury, après l'avoir signalé comme un des plus grands hommes de son temps à plusieurs égards, et avoir rendu hommage à la profondeur de son esprit, atténua cet éloge en ajoutant "qu'il fut bien adroit, sinon trop adroit, car sa sincérité fut très douteuse. II fut un politique habile, mais un prêtre peu estimable." On lui a souvent
reproché en effet d'avoir été (pour emprunter un mot
connu) le très humble serviteur des événements. Orateur
distingué dans la chambre des lords, on l'égalait au comte
de Shaftesbury pour la vigueur du raisonnement. Il n'y a eu qu'une opinion
sur sa modération, sa charité, sa générosité.
Le lieu de sa naissance, Buntingford, lui doit un somptueux hôpital.
Seth Ward est auteur de plusieurs ouvrages sur l'astronomie et sur différentes
parties des mathématiques, qui furent en grande estime dans le temps
où ils parurent mais que les progrès des sciences ont fait
oublier. Sa réputation comme astronome repose principalement sur
sa célèbre approximation du vrai lieu d'une planète Voici les titres de ses écrits : 1° Essai philosophique de démonstration de l'existence et des attributs de Dieu, de l'immortalité de l'âme humaine, de la vérité et de l'autorité de l'Écriture, Oxford, 1652, in-8°; 2° De cometis, ubi de cometarum natura disseritur, nova cometarium theoria et novissimae cometae historia proponitur; praelection Oxonii habita, Oxford. 1653, in-4°. A la suite de cet ouvrage est imprimé un petit écrit intitulé Inquisitio in Ismaelis Bullialdi astronomiae philolaicae fundamenta, Oxford. 1653, in-4°. 3° Idea trigonometriae demonstratae in usum juventutis Oxon., Oxford, 1654, in-4°; 4° Vindiciae academiarum (en réponse à John Webster), Oxford, 1654, in-4°; 5° In Thomae Hobbii philosophiam exercitatio epistolica, ad ampliss. virum D. J. Wilkinsium, etc., ibid., 1656, in-8°; 6° Astronomia geometrica, ubi methodus proponitur qua primoriorum planetarum astronomia, sive elliptica, sive circularis, possit geometrice absolvi, Londres, 1656, in-8°; 7° des Sermons qui ont été réunis en en volume in-8°, Londres, 1674. |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.