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Vivès

Juan Luis Vivès est un littérateur espagnol, né à Valence en 1492, mort à Bruges en 1540. Il apprit la grammaire dans sa villle d'origine, la dialectique à Paris, les humanités à Louvain. Il  professa les belles-lettres, dans cette dernière ville, et compta au nombre de ses disciples G. de Croï, archevêque de Tolède.

Vivès s'était lié avec Érasme et Budé. Quoiqu'il eût moins d'esprit que le premier, et moins d'érudition que le second; il passa comme eux pour l'un des plus savants de son siècle, et ces trois hommes illustres formèrent une sorte de triumvirat dans la république des lettres.
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Juan Luis Vivès.
Juan Luis Vivès (1492-1540).

Il s'occupa des questions sociales, et proposa des plans aussi ingénieux que hardis pour adoucir le paupérisme. Il préconisait l'interdiction de la mendicité et l'intervention des magistrats civils dans l'administration des établissements charitables, dans les hospices, les hôpitaux et les asiles d'aliénés. 

Ces idées valurent à Vivès de violentes attaques; le F. L. de Villavicentio, moine augustin de Bruges, le prit à partie avec une virulence extrême, et déclara ses doctrines « pestilentielles, pernicieuses et injurieuses pour la dignité de l'Eglise ». Mais, en revanche, l'écrivain espagnol trouva de puissants auxiliaires, et ses conseils furent suivis, notamment par le magistrat d'Ypres.

Vivès fut désigné, étant encore à Louvain; un des premiers membres du collège Corpus Christi, à Oxford, par le fondateur de cette école. Érasme ayant entrepris ses éditions latines des ouvrages des Pères de l'Église, avec des commentaires, Vivès se chargea de la Cité de Dieu, par saint Augustin, l'acheva en 1522 , et la dédia à Henri VIII, roi d'Angleterre. Mais les commentaires qu'il y avait joints renfermaient des passages qui déplurent aux autorités et furent censurés par les docteurs de Louvain. Les moines et surtout les Jacobins le décrièrent avec beaucoup d'amertume. Vivès leur répondit dans son Discours sur les anciens interprètes de la Cité de Dieu. Alors on accusa d'impiété, et d'hérésie. 

Ce fut à cette époque que Henri VIII, flatté de l'hommage que Vivès lui avait fait, l'appela à sa cour, et lui confia, pendant quelques années, l'éducation de la princesse Marie, alors sa fille unique. Il faisait tant de cas du savant espagnol, qu'il allait exprès à Oxford, où Vivès professait le droit et la philologie, avec la reine son épouse pour assister à ses leçons. Mais Vivès, ayant osé désapprouver, de vive voix et par écrit, le divorce dont Henri menaçait Catherine d'Aragon, fut arrêté par ordre de ce prince irascible et despote, passa six mois en prison, et n'en sortit que pour quitter Londres et l'Angleterre

Il fit un voyage en Espagne; et étant revenu en Belgique il s'établit à Bruges où il vécut presque pauvre, cherchant dans l'étude une consolation à ses infirmités précoces.  Il se maria et eut plusieurs enfants. C'est aussi à cette époque qu'il composa ses principaux ouvrages. Il mourut le 6 mai 1540, selon son épitaphe rapportée par Niceron, qui ne laisse aucun doute à cet égard. 

Le style de cet auteur est sec et dur, quoiqu'il ne manque, pas de pureté. Quelques-uns même de ses nombreux ouvrages ne sont que des compilations indigestes de pas sages rassemblés sous différents titres, sans goût et sans choix. Cependant, les écrits de Vivès annoncent, suivant Brucker, un esprit vigoureux, une connaissance très étendue de la philosophie, une rare sagacité à découvrir les erreurs des philosophes anciens et modernes, particulièrement d'Aristote et de ses partisans. (A-T. / GE).



En bibliothèque - Les écrits de J. L. Vivès sont extrêmement nombreux; on en compte plus de 60 dans l'édition de ses oeuvres complètes imprimée à Bâle en 1555 (2 vol. in-fol.). La plupart ont été souvent réédités. En voici les principaux : 

De initiis, sertis et laudibus philosophiae (Bâle, 1521, in-4); De civitate Dei lib. XXII, commentariis illustrati (ibid., 1522, in-fol., rééd. 1570 et 1610, trad. en français par Hervet, Paris, 1574, in. fol.); De subventione pauperum (Bruges, 1526, in-12, rééd. Lyon, 1531, in-8, trad. par Girard, sous le titre de l'Aumosnerie, Lyon, 1583, in-12); Ad sapientiam introductio (Anvers, 1531, in-12, rééd. Lyon, 1532; trad. en français par J. Colin [1548], et par G. Paradin [1550]); De causis corruptorumm artium. De tradendis disciplinis. De prima philosophia (Bruges, 1531, in-12; Lyon, 1551, in-8; Leyde, 1636, in-16); De veritate fidei christianae (Bâle, 1543, in-fol.)..

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