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Turner

Turner (William), botaniste né à Morpath, dans le Northumberland, mort en 1568  (La Renaissance). Il étudia la médecine et la théologie à Cambridge, et embrassa la cause de la réforme, ce qui le fit mettre en prison par l'évêque Gardiner. Après avoir recouvré la liberté, il se réfugia sur le continent, résida longtemps à Cologne, à Bâle, à Ferrare, où il se fit recevoir docteur, et ne retourna en Angleterre qu'en 1547, après la mort de Henri VIII

La persécution des protestants ayant recommencé sous le règne de Marie Tudor, qui eut Gardiner pour premier ministre, Turner quitta de nouveau l'Angleterre, pour n'y revenir qu'à l'avènement de la reine Élisabeth, en 1558. Peu de mois avant sa mort, il publia à Londres la dernière partie de son Herbier A New Herbal wherein are contayned, the names of herbes in greek, latin, english, dutch, french, and in the potecaries and herbories latin with their properties, dont les deux premières dataient de 1551 (Londres) et 1562 (Cologne)  (La botanique à la Renaissance).

Turner (Joseph Mallord William), peintre né à Londres le 23 avril 1775, mort à Chelsea, le 19 décembre 1851. Fils d'un perruquier, il se lia dans son enfance avec Thomas Girtin et peignit comme lui des aquarelles (cet excellent artiste mourut à vingt-sept ans, à la suite de débauches) : les deux amis intéressèrent à leurs efforts le docteur Munro qui leur permit de copier les dessins de sa magnifique collection et achetait une demi-couronne leurs croquis. En 1789, Turner entra comme élève à l'Académie royale et, l'année suivante, il exposa une Vue du palais de l'archevêque de Lambeth : depuis cette époque, il exposa tous les ans à l'Académie jusqu'à sa mort (sauf en 1821, 1824 et 1848), et le chiffre de ses envois s'élève à 259, c.-à-d. la moitié environ de son oeuvre, si l'on en excepte ses aquarelles dont le nombre est incalculable. 

Ses tableaux, paysages et marines d'Angleterre, ne tardèrent pas à lui valoir une grande réputation, si bien qu'il devint dès 1802 membre titulaire de l'Académie. Influencé d'abord par la manière terne et froide mise à la mode par Richard Wilson, Turner subit ensuite l'influence des Hollandais Guillaume Van de Velde, Cuyp, puis celle de Claude Lorrain et du Nicolas Poussin, surtout du premier. Ses voyages en Écosse, en France (1802), en Suisse, sur les bords du Rhin, agrandirent son horizon. En 1807, il fut nommé professeur de perspective à l'Académie royale, mais n'y donna des leçons que peu d'années. L'année suivante, il commença la publication d'un recueil de ses esquisses sous le nom de Liber Studiorum, puis imita le Liber Veritatis de Claude Lorrain. La séduction exercée par le grand paysagiste français sur Turner a laissé une trace visible dans ses tableaux. Il aimait comme lui les grands horizons baignés d'une douce lumière, les lointains vaporeux, les splendeurs dorées du soleil couchant.  Mais son originalité a connu des hardiesses ignorées de Lorrain; dès 1806, il exposait un Soleil se levant dans le brouillard, où se marque la maîtrise de son talent.
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Lever de Soleil et monstres marins (1845), Tate Gallery.

Turner a beaucoup aimé l'Italie où il a séjourné à trois reprises, en 1819, 1829 et 1840. Pendant soixante années, il a travaillé sans relâche : un sentiment admirable de vérité et de poésie illumine ses crépuscules et ses aurores; c'est un des plus grands peintres de paysage de l'école anglaise. A la fin de sa vie, l'artiste se livra plus entièrement à sa fantaisie dans la lumière : à partir. de 1835, ses tableaux ressemblent à de lumineuses visions à travers le brouillard, à des arcs-en-ciel, à des feux d'artifice; le jaune et le rouge se mêlent et s'opposent sur des fonds blancs. La singularité de sa dernière manière a rencontré cependant des admirateurs enthousiastes. 

En dehors de ses grandes compositions, Turner a exécuté d'innombrables illustrations pour les éditions luxueuses de Walter Scott, Samuel Rogers, Byron, Thomas Moore; les « Keepsakes » contiennent presque toujours quelques-uns de ses dessins, vues de Venise noyée dans une vapeur dorée, barques glissant dans un pâle rayon de lune, larges paysages arcadiens où se jouent les nymphes de Diane, cotonnades fuyant dans la perspective de fantasques architectures. Tous ces sujets étaient peints à l'aquarelle, avec une merveilleuse légèreté des ombres, colorées et lumineuses Turner est considéré comme le maître du genre. 

Tant d'oeuvres universellement admirées et payées fort cher avaient enrichi le peintre. Mais il ne voulut pas jouir de sa fortune et, à la fin de sa vie, rechercha la solitude : il quitta sa maison de Queen Anne Street, bâtie en 1812, rompit toute relation avec le monde, changea de nom et se retira dans un pauvre logement de Chelsea, de l'autre côté de Westminster; il y passa les dernières années de sa vie, dans une solitude absolue, inabordable, inconnu même de l'hôtelière qui le logeait. Il a légué ses tableaux à la nation et 200 000 livres sterling pour la construction d'un asile en faveur des artistes pauvres.

Parmi ses oeuvres maîtresses signalons : Jason, la Forge, Apollon et Python, le Naufrage, Didon et Enée, la Chute de Carthage, la Baie de Gaza, Ulysse et Polyphème, la Traversée des Alpes par Hannibal, l'Entrée du port de Calais.



En librairie. - Eric Shanes, La vie et les chefs-d'oeuvre de J. M. W. Turner, Parkstone International, 2008. - J.M.W. Turner est sans doute le plus grand peintre de paysages et de marines de tous les temps. Sa production fut prodigieuse : quelque cinq cent cinquante huiles, plus de deux mille aquarelles extrêmement détaillées et peaufinées et près de vingt mille esquisses, études et croquis à l'aquarelle. Il excellait dans toutes les formes de peinture : paysages ou marines, représentations historiques élaborées ou scènes classiques, petites aquarelles de la vie quotidienne sur la terre et en mer destinées à la reproduction par gravure. 

L'ensemble de l'oeuvre de Turner laisse transparaître une sensibilité particulièrement riche et dramatique, un intérêt pour les complexités de la vie, une approche inégalée de l'échelle et de l'immensité de la nature, et une profonde curiosité à découvrir ce qui se cache derrière les apparences - ce que le peintre appelait "les qualités et les causes" intrinsèques des choses. Cette curiosité amena Turner à explorer les principes universels de l'architecture - qu'elle soit née de la nature ou de la main de l'homme -, de la lumière et de la météorologie ainsi que de la dynamique des vagues. Son talent de coloriste s'affirma jusqu'à la sophistication extrême et Turner devint l'un des meilleurs coloristes de la peinture européenne et sans conteste le peintre le plus doué en matière de nuances. L'ensemble de son OEuvre, et notamment ses dernières toiles, reflète sa projection d'un monde idéal de couleurs, de formes et d'impressions. (couv.). 

Turner (Herbert Hall), astronome né en Angleterre en 1861, mort en 1930. Il a travaillé à la cartographie photographique du ciel, et s'est également occupé de séismologie.
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