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Traducianisme.
- Tertullien pensait que les âmes
se perpétuent par voie de génération, per traducem;
et que de ce fait résulte la ressemblance frappante qu'on remarque
souvent entre le caractère des enfants et celui de leurs parents.
Il en concluait que la corruption que le premier péché a
produit chez Adam
s'était transmise héréditairement, par la génération,
à ses descendants ; en sorte qu'il y a dans les âmes, par
le fait de leur origine, ex originis vitio, un mal en quelque sorte
naturel, malum, quodummodo naturale. C'est le premier germe de la
doctrine du péché originel, quoique Tertullien
soit encore loin de supposer que ce péché rende l'humain
incapable de tout espèce de bien. Il insiste, au contraire, avec
autant de force que les autres docteurs de son temps, sur la continuité
de la liberté humaine. Il songe encore bien moins à une imputation
du péché d'Adam, puisqu'il déclare formellement que
l'enfant, dès le premier âge, est encore innocent. Cette doctrine
fut adoptée par Cyprien.
Au IVe
siècle, la croyance que les âmes
se perpétuent par voie de génération prédominait
en Occident; elle avait pour adhérents, en Orient, Apollinaire
et Grégoire de Nysse. La question
fut reprise et vivement débattue, à l'occasion de la controverse
pélagienne. Pélage enseignait la création directe
de chaque âme, non sa formation par voie de génération.
De ce qu'elle était sortie de la main créatrice de Dieu ,
il inférait son innocence native. Augustin
inclinait vers le traducianisme, parce qu'il lui paraissait expliquer naturellement
la propagation du péché originel; mais il ne se prononçait
pas positivement en sa faveur, parce qu'il menaçait, en même
temps, et l'incorporalité et l'immortalité de l'âme.
Aussi déclara-t-il, à plusieurs reprises, ne rien savoir
de certain sur l'origine de lame humaine. Jérôme professait
la même, incertitude ; pareillement, dans le temps suivant, Grégoire
le Grand. (E.-H. Vollet). |
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