Taizongou
Li-Shimin (626-649) est un des plus grands empereurs de la Chine
.
Il sut par son courage et sa fermeté en imposer aux Turks
;
plusieurs hordes de ce peuple reconnurent sa souveraineté. A l'Ouest,
Taizong agrandit le territoire de l'empire jusqu'à Tourfan et Khami.
Il vainquit le roi du Tibet
qui était alors très puissant. Taizing était très
considéré par tous les souverains qui lui envoyèrent
des ambassadeurs, entre autres Yezdedjerd III,
roi de Perse
.
Taizong, prince juste, adoucit les lois pénales, permit en 638 de
prêcher en Chine la foi chrétienne
.
Il protégea les lettres et l'étude des King
;
sous son règne, Hiouen-tsang entreprit
son célèbre voyage en Inde
.
Taizong fit une guerre contre l'unb des trois royaumes de Corée
.
Gaozong (650-683), fils du précédent.
Le général Sou-ting-fang continua la conquête des pays
situés à l'Ouest, vainquit les Turks
occidentaux. On divisa en 661 les contrées occidentales soumises
à la Chine
en 8 gouvernements et 76 départements. Les Tibétains s'étant
emparés du royaume de Tou-kou-hoen devinrent très puissants
et prirent aux Chinois (670) quatre des places les plus importantes du
Turkestan
oriental : Khotan
,
Karachar, Kashgar
et Koutche. Kao-tsong mourut de maladie en 683.
Zhong Zong (684), jeune fils de
Gaozong, ayant voulu élever son beau-père Ouei-hiuen-tchin
à une très haute fonction, sa mère Ou-heou, qui voulait
s'emparer du pouvoir, prit ce prétexte pour le faire détrôner.
Il gouverna deux mois.
Rui Zong (684), huitième
fils de Gaozong, fut nommé empereur par Wu qui ne le laissa pas
gouverner.
L'impératrice Wu (Ou-heou)
(684-705), neuf mois après, prit entièrement les rênes
du gouvernement, elle changea en 690 le nom de la dynastie de Tang en celui
de Zhou (Tcheou). Elle sut s'allier les princes turks
;
avec leur aide, les Chinois
reprirent aux Tibétains, en 692, les quatre places fortes que ceux-ci
avaient prises sous Gaozong. L'impératrice céda aux Turks
certains territoires et leur donna des pièces de soie et du grain.
On accusait l'impératrice Wu de vouloir mettre sur le trône
un membre de sa propre famille, celle de Wu, avec l'aide des deux frères
Tchang qui avaient un grand crédit à la cour. Un jour, les
partisans de Zhong Zong emmenèrent ce prince dans le palais de l'impératrice,
tuèrent les frères Tchang. L'impératrice, voyant qu'elle
ne pouvait garder le pouvoir, le remit à son fils Zhong Zong après
avoir régné vingt ans.
Tchong-tsong (705-710) remonta sur
le trône, redonna à sa dynastie le nom de Tang; il laissa
sa femme, l'impératrice Ouei-chi, gouverner. La cour fut livrée
à toutes sortes d'intrigues; les princesses se mêlaient des
affaires de l'État. Tchong-tsong fut emprisonné. Ouei-chi
fit proclamer empereur son fils, le prince Li-tchong-mao. Lilong-ki, fils
de Joui-tsong, neveu du défunt empereur Zhong Zong, avec une troupe
de fidèles, rentra dans le palais et mit à mort l'impératrice
Ouei-chi.
Joui-tsong (710-12), huitième
fils de Kao-tsong, fut de nouveau reconnu empereur. Ce prince fatigué
des intrigues abdiqua en faveur de son troisième fils.
Hiuen-tsong (713-756), fils de Joui-tsong,
fit la guerre aux Tibétains, leur reprit la ville de Che-pou-tching
qu'ils avaient prise à la Chine
.
En 732 il fit la paix avec les Turks
qui habitaient dans la vallée de l'Orkhon, où on éleva
à cette occasion deux grands monolithes avec inscriptions en caractères
turks et chinois; ces monuments existent encore (
Les
langues altaïques
).
Hiuen-tsong entreprit une guerre contre les Khitans
où le général An-lo-chan fut battu. Les Chinois éprouvèrent
aussi une grande défaite dans le Yun-nan. Hiuen-tsong, en 751, fonda
l'académie Han-lin. An-lo-chan, que l'empereur avait comblé
de bienfaits, se révolta, rassembla toutes les troupes qui étaient
sous ses ordres, marcha sur Lo yang (Ho-nan-fou), prit cette ville et s'avança
sur Si-ngan-fou où résidait l'empereur. Celui-ci se sauva
dans le Sse-tchouen.
Son-tsong (756-762), fils du précédent,
fut nommé empereur à Ling-ou, quoique son père vivait
encore. Anlo-chan le rebelle prit alors le titre d'empereur, il fut assassiné
par l'ordre de son fils An-king-siou qui voulait régner à
sa place. Sou-tsong reçut des rois de Khitan
et d'Ouïgours (
Les
Turks
)
des troupes; fort d'une armée de 150 000 hommes, il put reprendre
Si-ngan-fou et Lo-yang. Un des généraux du parti rebelle,
Sse-sse-ming, assassina An-king-siou, se fit proclamer empereur et défit
l'armée de Son-tsong près de Lo-yang. Sse-tchao-y, fils de
Sse-sse-ming, fit tuer son père et s'empara du pouvoir.
Tai- tsong (763-779), fils de Sou-tsong,
demanda au khan
des Ouïgours (
Les Turks
)
de l'aider contre les rebelles : celui-ci vint avec une armée de
100 000 hommes et Sse-tchao fut vaincu. Les Tibétains recommencèrent
leurs attaques contre la Chine
,
ils s'avancèrent sur Si-ngan-fou qu'ils prirent. L'empereur se sauva
à Chen-tcheou dans le Ho-nan. Les Tibétains furent bientôt
refoulés vers leur pays.
Té-tsong (780-805) prit de
sages mesures contre les abus des mandarins et fit supprimer plusieurs
impôts. Le gouverneur de Tching ting-fou, dans le Pe-tchi-li, mourut
sans nommer son fils à sa place; celui-ci demanda à l'empereur
d'être confirmé dans la charge de son père, ce qui
lui fut refusé. Plusieurs gouverneurs prirent alors son parti et
se révoltèrent. Les soldats qui étaient envoyés
contre eux étaient mal nourris, ils s'insurgèrent, rentrèrent
dans la capitale (Si-ngan-fou), forcèrent le gouverneur de cette
ville, Tchu-tse, de se mettre de leur parti; le dernier prit le titre d'empereur.
Te-tsong se sauva à Han-tchong-fou. Les troupes de Te-tsong prirent
Si-ngan-fou. Les rebelles durent après plusieurs combats se soumettre.
L'empereur rentra dans la capitale (784). Te-tsong fit une alliance avec
les Ouïgours contre les Tibétains;
ceux-ci furent battus auprès de la ville Ouei-tcheou, dans le Sse-tchouen.
Le prince de Yun-nan se décida à attaquer les Tibétains,
leur prit seize villes et reçut de la Chine
le titre de roi de Nan-tchao. Te-tsong établit en 803 de lourds
impôts qui accablèrent le peuple.
Chun-tsong (805), fils de Te-tsong,
ne régna que quelques mois; malade, il abdiqua en faveur de son
fils.
Hien-tsong (806-20), fils de Chun-tsong.
Les gouverneurs continuèrent à vouloir que leurs principautés
fussent héréditaires. Le gouverneur de Ta-ming-fou étant
mort, sa veuve fit nommer (812) son fils âgé de onze ans.
L'empereur, grâce au bon sens de la population, nomma Tien hing gouverneur
à la place de cet enfant. Le fils du gouverneur de Nan-yang-fou,
à la mort de son père, se révolta, ce n'est que trois
ans après qu'il fut pris et mis à mort. Cet état continuel
de guerre civile forçait l'empereur d'avoir 830 000 hommes de troupes.
Grâce à l'habileté de ses généraux, les
grands reconnurent la souveraineté de Hien-tsong (849). Cet empereur
était très adonné au bouddhisme
et reçut, dans son palais, en grande cérémonie, un
os du Bouddha
.
Mou-tsong (821-824), fils du Hien-tsong,
était adonné au plaisir. Ouang tching-tsong, gouverneur de
Tching-ling, étant mort, son frère ne voulut pas lui succéder
sans être nommé par l'empereur. Celui-ci désigna un
autre gouverneur, Tien-hong-tching. Ouang-ting-tseou, général
de la cavalerie de la province de Tching-ting, tua Tien-hong-tching et
se révolta. L'empereur préféra traiter avec le rebelle
que de le réduire à l'obéissance. Il agit de même
envers un autre gouverneur rebelle.
King-tsong (825-826), fils aîné
de Mou-tsong, ne cherchait qu'à se divertir; ayant fait flageller
plusieurs eunuques, ceux-ci le tuèrent un soir qu'il revenait de
la chasse.
Ouen-tsong (827-840), fils cadet
de Mou-tsong, commença à détruire un grand nombre
d'abus qui existaient dans le gouvernement; il voulut anéantir l'autorité
des eunuques et les mettre à mort : ce projet échoua. Les
eunuques se vengèrent contre les mandarins et devinrent plus arrogants
que jamais. L'empereur mourut de tristesse quelques années après.
Ou-tsong (841-846), cinquième
fils de Mou-tsong. Sous son règne, les Ouïgours,
attaqués par les Kirghiz
,
devenaient moins puissants; aussi les Chinois
purent au Nord de la Grande Muraille
les vaincre et les chasser de leur territoire. Les Tibétains, divisés
par les guerres intestines, étaient moins dangereux. En 845, on
chassa les religieux et religieuses bouddhistes
qui étaient au nombre de 260 500. On conserva 44 monastères
et de 400 à 500 religieux. Les nestoriens, les manichéens
et les madzéens
ne furent pas moins épargnés, leurs biens furent confisqués.
Siouen-tsong (847-859), frère
de Mou-tsong, gouverna avec justesse et sagesse. Les Tibétains étaient
toujours, en guerre civile, aussi la Chine
recouvra plusieurs places dans le Chen-si et, dans le Sse-tchouen dont
ce peuple s'était emparé lors de leur grande puissance.
I-tsong (860-873), fils de Siouen-tsong.
Le prince de Yun-nan continua à faire toujours la guerre; vaincu
par les Chinois
,
il se retira dans son pays. Les Ouïgours
s'emparèrent de Khami, Tourfan et Pe-ting et s'étendirent
jusqu'au pays de Kashgar. Ils se rendirent maîtres de Kan-tcheou.
I-Isong aimait le luxe et les plaisirs; très incliné vers
le bouddhisme, il fit porter à Si-ngan-fou, en grande pompe l'os
du Bouddha
,
que l'empereur Hien-tsong avait déjà fait venir dans la capitale.
Hi-tsong (874-888), fils du précédent,
monta jeune sur le trône. On exigea les impôts malgré
la disette; le peuple se souleva. Hoang-tsao, chef des rebelles, s'empara
de plusieurs villes et s'avança sur Si-ngan-fou. L'empereur se sauva
dans le Sse-tchouen. Si-ngan-fou fut pris par Hoang-tsao qui se fit proclamer
empereur (880). Les troupes impériales, sous le commandement du
Li-ke-yong, prirent Si-ngan-fou, poursuivirent Hoang-tsao, le battirent
plusieurs fois; celui-ci, voyant qu'il ne pouvait résister, se donna
la mort. Hi-tsong retourna à Si-ngan-fou; pendant ce temps, Tsing-tsong-kiuen
prit le titre d'empereur dans le Ho-nan. La cour était en proie
aux discordes. La dispute entre les généraux et les ministres
força l'empereur de se retirer une seconde fois de Si-ngan-fou;
le palais fut incendié. Un des généraux, Tchumei,
fit proclamer empereur le prince Li-yun, un arrière petit-fils de
l'empereur Sou-tsong. Tchu-mei et Li-yun ne tardèrent pas à
être tués. Hi-tsong revint à Si-ngan-fou; il mourut
en 888.
Tchao-Isong (889-904), frère
du précédent, voulait rétablir l'ordre dans l'empire
et détruire le pouvoir des eunuques qui grandissait tous les jours
; ceux-ci enfermèrent l'empereur dans une partie du palais et voulurent
mettre à sa place sur le trône un de ses fils. L'empereur
fut délivré, mais il fut forcé de quitter la capitale
Si-ngan-fou pour aller à Lo-yang. Cet infortuné empereur
tomba sous l'autorité du général Tchu ouen qui le
fit mourir.
Tchao-siuen-ti (904 -907), fils
du Tchao-tsong, n'avait que treize ans lorsqu'il fut placé sur le
trône par Tchu-ouen; deux ans après, malgré son jeune
âge, pressentant que Tchu-ouen lui réservait le même
sort qu'à son père, il lui remit le pouvoir; Tchu-ouen accepta
et nomma Tchaosiuen-ti prince de Tsi-in et l'envoya à Tsao-tcheou,
dans le Chan-tong, où il le fit tuer un an après. Ainsi finit
misérablement la dynastie des Tang qui régna 290 ans. Tchu-ouen
prit le titre d'empereur et donna à sa dynastie le nom de Heou-liang,
la première des cinq petites dynasties qui succédèrent
aux Tang.