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Talleyrand

Ch.-Maurice de Talleyrand-Périgord, prince de Bénévent est un homme d'Etat français. Né à Paris en 1754, d'une famille illustre, issue au XIIe siècle de la maison des comtes de Périgord, il était neveu du cardinal de Talleyrand-Périgord, fidèle compagnon d'exil de Louis XVIII, mort en 1821. 

Ch-Maurice de Talleyarnd était boiteux et sa famille le destina à l'état ecclésiastique. Nommé évêque d'Autun en 1788, il embrassa les idées de la Révolution, et fut député aux états généraux. Ce fut lui qui célébra la messe au Champ-de-Mars, sur l'autel de la patrie, le 14 juillet 1790, pour la fête de la fédération. Il adhéra à la constitution civile du clergé, sacra les évêques assermentés, et fut.excommunié par le pape.

Talleyrand fut chargé par Louis XVI d'une mission à Londres en 1792, se retira en Angleterre après le 10 août. Il passa ensuite en Amérique, et fit le commerce avec profit. Rentré en France en 1796, il dut au crédit de madame de Staël d'être nommé par le Directoire ministre des relations extérieures. Il n'occupait plus ce poste, lorsqu'il s'associa au coup d'Etat du 18 brumaire.

Redevenu ministre des relations extérieures, Talleyrand prit part aux traités de Lunéville et d'Amiens, et à la conclusion du concordat. Il fut autorisé par Pie VII en 1802 à rentrer dans la vie laïque, mais non à se marier, comme il l'avait fait. Il fut le principal conseiller de l'enlèvement du duc d'Enghien. Nommé grand chambellan, il fut fait prince de Bénévent en 1806. Il se montra opposé à la guerre d'Espagne, et proposa de négocier la paix avec l'Angleterre. II perdit alors le portefeuille des relations extérieures; mais il fut nommé vice-grand-électeur, et eut un traitement de 500.000 francs.
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Talleyrand.
Taleyrand (1754-1838).

Talleyrand assista néanmoins à l'entrevue d'Erfurt. Abandonnant la cause de Napoléon dont il prévoyait la chute, il se mit en 1814 à la tête du gouvernement provisoire, et contribua puissamment à faire admettre le principe de la légitimité, qui replaça Louis XVIII sur le trône de France. Nommé ministre des affaires étrangères, et envoyé au congrès de Vienne, il y fit prévaloir ce principe. Il rentra en France avec Louis XVIII en 1815, comme président du ministère; mais il fut bientôt écarté de ce poste. 

Tout en exerçant les fonctions de pair et de grand chambellan, Talleyrand s'associa aux manoeuvres de l'opposition qui amenèrent la révolution de 1830. Ambassadeur de Louis-Philippe en Angleterre, il employa son habileté, dans la conférence de Londres, à faire accepter le changement de dynastie et à maintenir la paix européenne. La conclusion du traité de la quadruple alliance en 1834 fut son dernier acte politique. 

A une finesse d'esprit féconde en reparties ironiques et en saillies assaisonnées de malice, il unissait une rare sagacité diplomatique et une profonde connaissance des hommes et des choses. Il fut un des types les plus scandaleux de cette versatilité de conduite qui caractérise l'époque où il a vécu. Arrivé au terme de sa longue carrière, il adressa enfin au pape, avant de mourir en 1858, une rétractation de ce que l'Eglise appelait ses erreurs.



 Georges Bordonove, Talleyrand, Pygmalion, 2007.
9782756401201
Prodigieux Talleyrand qui, avec Napoléon, marqua d'une empreinte ineffaçable l'une des périodes les plus tourmentées de notre histoire! Né sous Louis XV, mort sous Louis-Philippe à 84 ans, il connut huit régimes, six souverains et fut six fois ministre des Affaires étrangères, ne rentrant dans l'ombre que pour resurgir en pleine lumière. Doué d'un flair infaillible, il faisait et défaisait les rois, les abandonnant dès qu'ils s'abandonnaient eux-mêmes. Son duel avec Napoléon (le diplomate contre le conquérant), son action, ses choix répondaient à l'idéal de liberté et de paix qu'il avait hérité du Siècle des Lumières. Intuitif, visionnaire, ayant "de l'avenir dans l'esprit", il prédit l'actuelle fédération européenne, la montée en puissance de l'Amérique, les dangers du panslavisme. Au Congrès de Vienne, il sauva la France du démembrement. Premier diplomate de son siècle, il fut aussi le dernier grand seigneur par son élégance et son faste. Sphinx de la politique, il fut à la fois l'acteur et le témoin impassible des événements de son époque. (couv.). 
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