|
|
||
| Jonathan Swift, 1727 | ||
| Chapitre
premier - L'auteur entreprend un troisième voyage. Il est pris
par des pirates. Méchanceté d'un Hollandais. Il arrive à
Laputa.
Chapitre II - Humeur et dispositions des Laputiens. Au sujet de leur savoir, du roi et de sa cour. Réception qu'on fait à l'auteur. Les craintes et les inquiétudes des habitants. Caractère des femmes laputiennes. Chapitre III - Un phénomène expliqué par les philosophes et les astronomes modernes. Les Laputiens sont de grands astronomes. Comment le roi mate les insurrections. Chapitre IV - L'auteur quitte l'île de Laputa, et est conduit à Balnibarbi. Son arrivée à la capitale. Description de cette ville et des environs. Il est reçu avec bonté par un grand seigneur. Sa conversation avec celui-ci Chapitre V - L'auteur obtient la permission de voir la grande académie de Lagado. Description détaillée de cette académie. Arts et sciences dans lesquels ses professeurs s'exercent.
|
Troisième
partie
(Source de l'image : L. D. Jaffe). |
Chapitre
VI - Suite de la description de l'académie. L'auteur propose
quelques améliorations qui sont honorablement accueillies.
Chapitre VII - L'auteur quitte Lagado, et arrive à Maldonada; il fait un petit voyage à Glubbdubdrib. Comment il est reçu par le gouverneur. Chapitre VIII - Continuation de la description de Glubbdubdrib. Histoire ancienne et moderne corrigée. Chapitre IX - Retour de l'auteur à Maldonada. Il fait voile pour le royaume de Luggnagg. A son arrivée il est arrêté, ensuite conduit à la cour. Grande indulgence du roi envers ses sujets. Chapitre X - Éloge des Luggnaggiens. Description des Struldbruggs ou immortels. Conversation entre l'auteur et quelques personnages de marque sur ce sujet. Chapitre
XI - L'auteur part de l'île de Luggnagg pour se rendre au Japon |
Aperçu |
Le
voyage à Lilliput où Gulliver était un géant
parmi les nains, puis à Brobdingnag, où il était un
nain parmi les géants, auraient pu guérir à jamais
le voyageur du goût des aventures. Pourtant, le voici reparti pour
une nouvelle expédition, dont la relation est l'objet de cette troisième
partie des Voyages de Gulliver La satire politique
et sociale se poursuit donc. Et jamais Swift n'aura
été aussi limpide dans ses intentions. Les situations dans
lesquelles il plonge son héros pullulent dans notre vie quotidienne.
Il ne faut jamais chercher bien loin pour trouver des Laputiens. Prenez
le monde du travail, par exemple. Qui n'y a jamais identifié deux
ou trois distingués imposteurs, parasites aux hautes aspirations
affichées, et qui sous ce verni que la première occasion
fait sauter, se révèlent immanquablement manoeuvriers et
vindicatifs, trop accaparés par la contemplation de leur nombril
pour se soucier d'apprendre leur métier? Ce sont les mêmes
qui exigeront, sous peine de représailles, qu'on les suive aveuglément
alors même que d'évidence il ne savent pas où ils vont.
Laputiens! Et n'en doutons pas, ces gens-là existent, parce qu'ils
trouveront toujours des beni-oui-oui, trop contents de n'avoir rien à
penser, pour les encourager dans leurs manigances. Laputiens, Laputiens!
Heureusement, il y a une justice. Swift nous l'assure, ces les uns sont
cocus, les autres finiront par prendre un caillou sur la tête. Ainsi
donc va la vie, comme un chemin qu'il faut tailler à la machette,
à travers cette jungle de bassesses et d'impostures. La grille de
lecture de la médiocrité humaine que nous propose l'auteur
a gardé toute sa pertinence |
|
|
© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.