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Les
gens
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| Southey
(Robert). - Écrivain né à Bristol le 12 août
1774, mort le 21 mars 1843. Fils d'un marchand de drap, il reçut
une instruction très soignée et, grand lecteur dès
son enfance, il avait déjà compose, à quinze ans,
des poèmes épiques ambitieux. A Westminster, où on
l'avait envoyé pour terminer ses études, il ne se fit guère
remarquer que par sa turbulence, et ses protestations contre les punitions
manuelles le firent expulser. A Oxford, où on le plaça ensuite,
il continua à mépriser les enseignements universitaires et
à se contenter de lire, pêle mêle, toute la littérature
allemande et française. Il s'éprit de la Révolution
de 1789 et voulut en célébrer les phases en poésies
enthousiastes, ce qui, contraria sa famille qui ambitionnait pour lui la
carrière médicale.
Southey connut Coleridge,
qui le convertit à la religion unitarienne. II connut aussi une
jeune fille charmante et sans fortune, Edith Fricker, qu'il s'entêta
à vouloir épouser, au grand mécontentement d'une tante
riche, qui, jusqu'alors, avait pourvu à ses besoins. Il fallait
vivre. Southey publia alors, coup sur coup, une Jeanne d'Arc (Bristol,
1796, in-4), une quantité de poésies de circonstance, une
tragédie sur Ia chute de Robespierre,
une traduction de Bion et Moschus
(1794 et 1795) et écrivit encore un drame, d'un républicanisme
échevelé, Wat Tiler (il ne fut édité
qu'en 1817, contre son gré). Tout cela lui rapporta quelque argent,
et il put épouser Edith Fricker (1795). Mais il la quitta presque
aussitôt pour voyager en Espagne et en Portugal De son voyage, Southey rapporta Letters written during a short residence in Spain and Portugal (Bristol, 1797, in-8), un badinage aimable et aussi des résolutions de mener une vie sérieuse, c.-à-d. d'étudier le droit. Mais ces résolutions s'évanouirent tout de suite, et il revint à la littérature. Ses Minor poems (Bristol, 1757, 2 vol. in-12), ses Ballades, commencèrent à populariser son nom. Mais il tomba malade et retourna en Portugal, où il amassa force matériaux pour une histoire de ce pays. A son retour, il s'établit à Keswick. ou il recueillit une de ses belles-soeurs, qui avait épousé Coleridge, et que celui-ci avait abandonnée avec ses enfants. Ses grands poèmes, Thalaba (Londres, 1801, 2 vol. in-8), Madoc (Londres, 1805, in-4), le rendirent célèbre et le firent considérer comme un des meilleurs représentants de l'école lakiste. Ses oeuvres obtinrent un grand succès d'estime, mais non d'argent. Accablé par ses charges de famille, Southey se mit à travailler pour les libraires, traduisant force romans, histoires et voyages espagnols, éditant des anthologies anglaises, etc. II n'abandonnait pas pourtant la littérature pure et donna ses chefs d'oeuvre, son poème hindou : The Curse of Kehma (Londres, 1810, in-4) et Roderick the last of the Goths (Londres, 1814, in-4). En même temps, grâce à Walter Scott, il devenait un des collaborateurs réguliers de la Quarterly Review, il éditait et rédigeait en grande partie l'Edinburgh Annual register (1809 à 1815), il écrivait une excellente Life of Nelson (1813, 2 vol. in-8). Southey changeait aussi, en vieillissant,
d'opinions politiques et religieuses, et le farouche républicain
se transformait, à la grande fureur de Byron,
en conservateur renforcé. Il est vrai qu'en même temps il
devenait historiographe royal et poète lauréat (1813). Viennent
alors une série de poèmes, pour ainsi dire officiels, qui
n'ajoutent rien à la gloire de Southey : Carmen triumphale
(1814); The poet's pilgrimage to Waterloo Le surmenage, le chagrin que lui causèrent
la folie, puis la mort de sa femme (1837) l'abattirent complètement.
Il perdit ses brillantes qualités et commit l'imprudence de se remarier
(1839) avec Catherine Bowles, qu'il aimait depuis près de vingt
ans. Il passa les dernières années de sa vie dans une espèce
d'hébétude. Comme poète, Southey a excellé
dans la description : ses Eglogues anglaises ont marqué une
date dans la littérature, elles ont annoncé et formé
Tennyson.
Comme prosateur, personne n'a égalé sa clarté et son
élégance : sa Vie de Nelson est classique, à
cet égard. Ses lettres sont charmantes. Ses poèmes ont été
réunis sous le titre de
Poetical Works (Londres, 1837, 10
vol. in-8), et très souvent réédités. Sa correspondance,
très considérable, a été publiée par
C.-C. Southey (Londres, 1849-50, 6 vol.) et par J. Wood Warter (1856,.
4 vol.). Les lettres à Caroline Bowles ont été publiées
par le professeur Dowden (Dublin |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.