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Comtes de Soissons.
- Ce titre fut porté dès le VIIIe
s. par des seigneurs particuliers, vassaux des ducs de France .
Au XIIIe, il appartenait à la maison
de Chimay ;
il sortit de cette maison par mariage, et passa successivement dans les
maisons de Hainaut et de Châtillon. Guy de Châtillon, comte
de Soissons vendit son comté à Louis, duc d'Orléans
(1391); il fut ensuite transmis par le bâtard d'Orléans, comte
de Dunois, à la branche d'Orléans-Longueville.
Le mariage de Françoise d'Orléans-Longueville avec Louis
I, prince de Condé (1555), fit entrer ce
comté dans la maison de Bourbon. Charles
de Bourbon, fils de Louis I, et Louis, fils de Charles (ci-après),
sont surtout connus sous le titre de comtes de Soissons; le dernier ne
laissa qu'un fils naturel, Louis-Henri, mort en 1703, connu d'abord sous
le nom de chevalier de Soissons, abbé de Coutures, qui, ayant quitté
ses bénéfices, prit le titre de prince de Neuchâtel,
et épousa une princesse de Montmorency-Luxembourg. Enfin, Marie,
fille de Charles de Bourbon et soeur de Louis, porta ce comté dans
la maison de Savoie-Carignan, en épousant (1625) Thomas-François,
prince de Savoie-Carignan. |
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Soissons (Charles de
Bourbon, comte de). - Prince du sang, le plus jeune des fils de Louis
I, prince de Condé, né en 1566, mort
en 1612, fut élevé par sa mère Françoise d'Orléans-Longueville
dans la religion catholique ,
et prit part à toutes les intrigues du temps. Il se déclara
successivement pour la Ligue, pour Henri de Navarre
(Henri IV), pour Henri III, se rallia enfin de
bonne foi à Henri IV, à qui il rendit des services par sa
bravoure, surtout à Coutras et au siège de Paris,
et reçut la charge de grand maître de France. Pendant la minorité
de Louis XIII, il se ligua contre la régente
avec Henri, prince de Condé, son neveu.
Son fils, Louis de
Bourbon, comte de Soissons, né en 1604, entra dans plusieurs
intrigues contre Richelieu, conspira avec Chalais,
projeta, de concert avec Gaston d'Orléans, de faire assassiner le
cardinal à Amiens,
finit par prendre les armes contre sa patrie avec les ducs de Bouillon
et de Guise, et, avec l'aide des Espagnols,
gagna sur le maréchal de Châtillon la bataille de la Marfée
(1641); mais il périt après sa victoire, frappé d'un
coup de pistolet, dont on ne connut pas l'origine. |
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Soissons (Eugène
Maurice de Savoie, comte de). - Fils de Thomas-François
de Savoie et de Marie de Bourbon,
héritière de la maison de Soissons, né à Chambéry
en 1633, mort en 1673, entra au service de la France ,
fut nommé colonel-général des Suisses
et gouverneur de Champagne ,
se distingua à la bataille des Dunes, suivit Louis
XIV dans ses campagnes de Franche-Comté
et de Hollande et fut fait lieutenant général en 1672. II
avait épousé en 1657 la belle Olympe Mancini, nièce
de Mazarin, et fut père du célèbre
prince Eugène. |
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Soissons (Olympe Mancini,
comtesse de), née en 1637, était la deuxième des nièces
du cardinal Mazarin. Amenée à Paris
avec ses soeurs en 1647, elle plut dans sa première jeunesse à
Louis
XIV. Elle devint, en épousant le comte de Soissons (1657), surintendante
de la maison de la reine; mais elle ne tarda pas à avoir avec la
duchesse de Navailles, dame d'honneur, des disputes très vives sur
leurs attributions respectives; qui la firent éloigner de la cour.
Rentrée bientôt après en faveur, l'intrigante comtesse
tenta de remplacer la duchesse de La Vallière par une favorite de
son choix, dans le but de gouverner ainsi le monarque : elle échoua,
fut exilée, et perdit sa charge de surintendante. Compromise par
les déclarations de la fameuse empoisonneuse Voisin, elle partit
brusquement pour la Flandre ,
laissant courir sur son compte les bruits les plus injurieux. De là
elle se rendit à Madrid,
et parvint à gagner la confiance de la jeune reine d'Espagne ,
que Saint-Simon l'accuse d'avoir empoisonnée.
Elle mourut à Bruxelles
en 1708, délaissée de tout le monde même de son fils
le prince Eugène. |