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Serge (Sergius), papes

Saint Serge Ier, Sergius, est le 86e, pape. Il est né à Palerme, d'un père originaire d'Antioche, a été sacré le 15 décembre 687, et est mort le 8 septembre 701. Fête, le 9 septembre. 

L'événement le plus important de ce pontificat est le conflit qui résulta de certaines décisions du concile Quinisexte, et qui nous paraît tenir une très grande place dans les origines du Schisme d'Orient. Le concile Quinisexte (691-692) adopta 102 canons destinés à former un code synodal de discipline ecclésiastique. La plupart rééditaient des règles anciennes ou tendaient seulement à donner une sanction légale à des usages reçus dans toute l'Eglise. Mais quelques-uns avaient spécialement pour objet d'affirmer et d'investir de l'autorité oecuménique des vues et des coutumes de l'Eglise d'Orient qui différaient de celles de l'Eglise de Rome, et aussi de confirmer la juridiction et le rang précédemment attribués an siège de Constantinople, mais que les évêques de Rome n'avaient jamais reconnus. Le canon II, relatif aux lois de l'Eglise, sanctionnait 85 canons des Apôtres, tandis que l'Eglise romaine n'en admettait que les cinquante premiers. D'autre part, dans le nombre des conciles faisant autorité, il en comptait quelques-uns qui n'avaient jamais été acceptés à Rome, et il omettait plusieurs conciles occidentaux et les décrétales des papes. Le canon XIII défendait aux hommes mariés, ordonnés diacres ou prêtres, de renvoyer leurs femmes ou de cesser leurs relations avec elles. Il déclarait expressément que l'exigence contraire, établie dans l'Eglise romaine, n'était pas conforme à l'usage primitif; il déduisait cet usage du cinquième canon des Apôtres, mais il mutilait ce canon, qui contient la même prohibition pour les évêques que pour les diacres et les prêtres, et qui est ainsi conçu : 

« Que l'évêque ou le prêtre ou le diacre ne renvoie point sa femme sous prétexte de religion; s'il la renvoie, qu'il soit excommunié; s'il persiste, qu'il soit déposé. »
Le canon XXXVI confirmait le troisième canon du premier concile oecuménique de Constantinople (381), et le vingt-huitième canon du concile de Chalcédoine (451), qui avaient donné an siège de Constantinople le premier rang après Rome, et la juridiction sur la Thrace, le Pont et les diocèses d'Asie. Le canon XXVIII répétait littéralement le dix-septième canon de Chalcédoine, qui accordait le droit d'appel, soit devant l'exarque du diocèse, soit devant le saint trône de Constantinople, à quiconque aurait été lésé par le métropolitain de sa province. Il statuait, en outre, que lorsqu'une nouvelle cité serait érigée par le prince, l'ordre ecclésiastique suivrait l'ordre politique. Les canons ainsi confirmés n'avaient jamais reçu l'assentiment des évêques de Rome. Le canon LV, se référant expressément à. l'usage établi à Rome de jeûner tous les samedis pendant le carême, requérait l'observance du soixante-septième canon des Apôtres, qui défend de jeûner aucun samedi, excepté la veille de Patines. Le canon LXVII exigeait l'abstinence du sang en toute espèce de nourriture; tandis que depuis longtemps l'ordonnance de la conférence de Jérusalem (Actes des Apôtres, XV, 29), n'était plus considérée en Occident comme instituant une obligation permanente pour les chrétiens. Enfin, le Canon LXXXII prohibait pour l'avenir la représentation du Seigneur sous la forme d'un agneau

Les légats du pape, présents au concile, signèrent ces canons. Mais leur souscription ne pouvait engager le pape lui-même parce qu'ils n'avaient pas été spécialement délégués pour le représenter en cette assemblée. Ils étaient vraisemblablement des apocrisiaires, députés d'une manière permanente à Constantinople. Cependant parmi les signatures se trouve celle de Basile, métropolitain de Crète, agissant comme représentant de l'Eglise romaine : Locum tenens totius synodi sanctae Ecclesiae romanae definiens suscripsi. Les canons, envoyés au pape pour la confirmation furent désavoués et rejetés par lui. L'empereur Justinien Il entreprit de le contraindre à. les accepter. Il envoya à Rome Zacharie, chef de ses gardes du corps, avec ordre d'amener Sergius à Constantinople. Mais Zacharie en fut empêché par la résistance da l'armée de Ravenne et l'attitude menaçante du peuple de Rome : il ne dut son salut qu'à l'intervention du pape (693). 

Sergius réussit à mettre fin au schisme d'Aquilée, relatif à la condamnation des Trois-chapitres. On lui attribue l'institution des processions de l'Assomption et de la Présentation. On dit aussi que c'est de son pontificat que date l'usage de chanter l'Agnus Dei à la messe. (E.-H. V.).

Serge II, Sergius, est le 105e, pape. Il est  né à Rome, a été élu en janvier 844, et est mort le 27 janvier 847. Avant son élection, il était archiprêtre de la sainte Eglise romaine, cardinal au titre de Saint-Sylvestre et Saint-Martin. partie s'empara de Fondi et s'établit à Gaète. Louis envoya contre eux une armée, à laquelle se joignit le duc Césaire de Naples; elle fut battue par les Sarrasins, et

Après la mort de Grégoire IV (11 ou 25 janvier 844), Jean, diacre de l'Eglise de Rome, soutenu par une bande de gens armés, dispersa le clergé et le peuple qui s'étaient assemblés pour l'élection d'un nouveau pape, et s'empara du palais de Latran. Mais les électeurs se réunirent dans l'église de Saint-Martin, et ils élurent Sergius, qui fut aussitôt sacré dans l'église de Saint-Pierre, et intronisé sans qu'on attendit la confirmation de l'empereur ou l'intervention de ses officiers. Alors Lothaire envoya à Rome son fils Louis, qu'il avait proclamé roi d'Italie. Ce prince était accompagné d'une armée et d'une suite nombreuse d'évêques et d'abbés. Sergius les reçut avec beaucoup d'honneurs et de vives démonstrations d'amitié; mais il réussit à faire camper les Francs hors des murs de la ville. Le 15 juin, il couronna dans l'église Saint-Pierre, Louis, comme roi d'Italie mais il refusa, pour lui-même et pour les Romains, de loi jurer fidélité, en qualité de roi d'Italie, parce que c'était à l'empereur, non au roi d'Italie, qu'appartenait la suzeraineté sur Rome. A l'égard de la nomination des papes, il fut statué de nouveau que désormais aucun pape ne serait consacré sans l'assentiment de l'empereur et sans la présence de ses envoyés. En 846, les Sarrasins envahirent le territoire romain et pillèrent les églises Saint-Pierre et Saint-Paul-hors-les-Murs. Une partie des envahisseurs fut défaite par tes habitants da pays. Une autre regagna Rome avec difficulté. (E.-H. V.).

Serge III, Sergius, est le 123e, pape, né à Rome, fils de Benoît; installé définitivement vers la fin du mois de mai 904, mort en août 911. Avant d'être pape, il était cardinal-prêtre de l'Eglise romaine, et il avait fait acte d'antipape à l'encontre de Jean IX (898). Depuis l'intronisation de Jean, il vivait en exil. Il s'allia au parti de Théodora la Grande et devint l'amant de Marozia, sa fille. On dit qu'il eut d'elle un fils qui fut pape, sous le nom de Jean XI. Son pontificat inaugurait ainsi le régime de la Pornocratie, qui pendant près d'un demi-siècle fleurit sur le siège apostolique (Jean X, XI, XII). Il reconstruisit entièrement l'église de Saint-Jean-de-Latran, qui avait été ruinée sous le pape Etienne. (E.-H. V.).
Serge IV, Sergius, est le 149e, pape : Pierre, fils de Martin, né à Rome; élu entre le 17 et le 24 août 1009, mort avant le 6 juillet 1012. Avant son élection, il était évêque d'Albano ; il se nommait Petrus os porci ou Buccaporci : Pietro Bocca di Porco. Suivant Fleury, il serait le premier pape qui changea son nom, lorsqu'il fut élevé au Saint-Siège; mais déjà en 956, Octavien, petit-fils de Marozia, avait pris le nom de Jean XII. Ce pontificat ne contient aucun fait notable pour l'histoire de l'Eglise. (E.-H. Vollet).
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Dictionnaire biographique
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