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Schoelcher
(Victor), homme politique français, né à Paris
le 22 juillet 1804, mort à Houilles le 26 décembre 1893.
Fils d'un riche fabricant de porcelaines, il se jeta dans le journalisme
et, après un voyage en Amérique ,
il devint anti-esclavagiste ardent. Il fit une campagne de presse très
vive contre le gouvernement de Juillet et, dès la révolution
de 1848, devint sous-secrétaire d'État à la marine
(3 mars). C'est en cette qualité qu'il prépara le décret
fameux qui mit fin à l'esclavage dans les colonies françaises.
La Martinique
l'élut représentant à l'Assemblée nationale
(9 août 1848), la Guadeloupe
suivit cet exemple (22 août). Schoelcher opta pour la Martinique
et siégea sur la Montagne.
Victor Schoelcher se prononça pour
les mesures les plus libérales, ne laissa jamais passer l'opportunité
de plaider la cause des Noirs, auxquels il prétait généreusement
toutes sortes de qualités; vota contre l'expédition de Rome,
etc. Réélu membre de la Législative par la Guadeloupe
(24 juin 1849), il fut invalidé et réélu le13 janvier
1850. Il combattit un moment la politique de Louis-Napoléon, accompagna
Baudin sur les barricades le 2 décembre 1851 et, expulsé,
s'établit en Angleterre, où il resta jusqu'en 1870. Il fut
alors nommé colonel d'état-major de la garde nationale et
eut le commandement de la légion d'artillerie. Elu membre de l'Assemblée
nationale de 1871, à la fois par la Seine, la Martinique et la Guyane,
il opta pour la Martinique. Il essaya pendant la Commune
de pacifier les esprits et fut arrêté quelques jours, par
ordre des autorités communalistes, ce qui tiédit ses velléités
philanthropiques. Le 16 décembre 1875.
Il fut ensuite élu sénateur
inamovible. Il s'occupa toujours avec un vif intérêt de questions
coloniales et de l'abolition de la peine de mort, combattit le 16 Mai et
le boulangisme et ne manqua jamais une occasion de professer l'athéisme
le plus transcendantal. Legouvé a tracé de Schoelcher une
esquisse frappante dont nous donnons quelques traits :
«
Depuis cinquante-quatre ans que je le connais, il n'a pas plus changé
d'opinion que de costume. Depuis cinquante-quatre ans, il a la même
redingote noire boutonnée jusqu'en haut, le même collet rabattu
sur le même col en satin noir, les mêmes manchettes, le même
chapeau à larges bords, la même canne surmontée d'une
pomme niellée et le même parapluie surmonté d'une tête
antique en bronze, comme il a les mêmes idées politiques,
les mêmes idées de morale, les mêmes goûts d'art;
son appartement est son portrait. Tout ce qui sert à son usage est
inventé par lui; ses pelles, ses pincettes, ses boutons de porte,
ses garnitures de cheminée ,
ses meubles sont faits sur modèles fournis par lui et exécutés
pour lui. »
Outre de nombreux écrits polémiques,
Schoelcher a laissé : Abolition de l'esclavage (Paris, 1840,
in-12); Des Colonies françaises. Abolition immédiale de
l'esclavage (1842, in-8); Colonies étrangères et Haïti ,
résultats de l'émancipation anglaise (1843, 2 vol. in-8);
l'Égypte
en 1845 (1846, in-8); Histoire de l'esclavage pendant les deux dernières
années (1847, 2 vol. in-8);
Histoire des crimes du Deux Décembre
(Londres, 1852, in-8);
le Gouvernement du Deux Décembre (Londres,
1853, in-8); Polémique coloniale, 1871-81 (1882, in-8); Second
volume de polémique coloniale, 1882-1885 (1886, in-8). (R.
S.). |
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