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Roger Bacon

Roger Bacon, surnommé le Docteur admirable (Doctor mirabilis), est un moine né en Angleterre, non loin Ilchester vers 1214,  dans le comté de Sommerset, d'une famille ancienne et considérée dans le pays, et mort à Oxford en 1294. Ce disciple de Pierre de Maricourt fut incontestablement l'esprit le plus éclairé de son siècle.

Au sortir de l'enfance, ses parents l'envoyèrent aux écoles d'Oxford, où ses rapides progrès lui concilièrent la bienveillance de plusieurs personnages éminents, et, entre autres, de Robert Grosseteste, évêque de Lincoln. Lorsqu'il eut pris quelque teinture de la grammaire et de la dialectique, il quitta son pays, et, à l'exemple des plus grands hommes du XIIIe siècle, vint déqueuter l'université de Paris, que tout l'Occident proclamait la cité des philosophes et le centre des lumières. L'histoire ne dit pas combien de temps il y passa; mais il ne retourna pas en Angleterre avant d'avoir obtenu le grade de docteur, peut-être même avant d'avoir pris l'habit de franciscain. Après l'année 1240, nous le trouvons retiré près d'Oxford, dans un cloître de cet ordre, et consacrant aux sciences et aux lettres tous le instants que ne réclamaient pas les devoirs de la vie monastique. Il apprit d'abord l'arabe, le grec et l'hébreu, afin de pouvoir étudier dans le texte original les traités d'Aristote et des philosophes orientaux, que, suivant lui, l'ignorance des traducteurs latins avait totalement dénaturés. 

Il s'adonna ensuite aux mathématiques, aux différentes parties de la physique, à l'astronomie, et, jugeant plus profitable d'étudier la nature en elle-même que dans les livres, entreprit, à l'aide d'instruments de son invention, une série d'observations et d'expériences dont la dépense paraît s'être élevée, dans l'espace de vingt années, à deux mille livres parisis et plus. La munificence de quelques amis éclairés lui permettait de se livrer à ces travaux dispendieux; mais leur protection ne put le défendre contre les soupçons de ses supérieurs. Ceux-ci, indignés qu'un Frère de leur ordre se livrât à des études que les préjugés de cet âge condamnaient, interdirent à Bacon, d'après d'anciens règlements, de communiquer ses ouvrages à qui que ce fût, sous peine de les voir confisqués et d'être lui-même mis au pain et à l'eau pendant plusieurs jours.

Roger Bacon, à ce moment, n'avait encore rien publié, et peut-être cette défense, religieusement observée, allait le décider à abandonner ses plans, lorsque, pour son malheur ou pour sa gloire, le cardinal  Fulcodi fut envoyé en Angleterre par le pape Urbain IV. Fulcodi, jurisconsulte célèbre et secrétaire de saint Louis avant d'être cardinal, aimait beaucoup les lettres. II est probable que, durant son voyage, la renommée de Bacon, qui commençait à se répandre, parvint jusqu'à lui; car, peu de temps après, étant devenu pape sous le nom de Clément IV, il adressa au moine franciscain un légat, Raymond de Laudun, à qui il le priait de remettrequelques traités de sa composition. Bacon refusa d'abord; mais, sur de nouvelles instances, il fil partir pour Rome un de ses disciples, Jean de Paris, qui devait présenter au souverain pontife l'Opus majus et des instruments de mathématiques. 
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Roger Bacon
Roger Bacon (ca.1214-1294).

Clément IV accueillit ce double hommage avec une bienveillante admiration, et, tant qu'il vécut, Roger Bacon mena des jours tranquilles, sinon honorés. Mais après sa mort, arrivée en 1268, la jalousie et la haine quelque temps contenues des franciscains, se trahirent par une persécution sourde dans les premiers temps, et qui bientôt fut avouée. On ne se borna plus à renouveler les anciennes défenses; on fit comparaître Bacon, alors âgé de soixante-quatre ans, devant une assemblée qui se tint à Paris en l'année 1278, sous la présidence du supérieur Jean d'Esculo; on frappa sa doctrine d'un anathème solennel, et il fut jeté dans les fers sans avoir la triste ressource d'en appeler à la cour de Rome; car on avait à l'avance rendu inutiles toutes ses démarches en suppliant le souverain pontife de confirmer la sentence. Soit défaut de pouvoir, soit manque de courage, tous ses disciples gardèrent le silence, et ce fut dans la résignation seule qu'il fut chercher des adoucissements à son malheur.

Sa captivité durait depuis quelques années, lorsque Jean d'Esculo (d'Ascoli) parvint au siège pontifical, sous le nom de Nicolas IV. Roger Bacon, que l'espérance d'un meilleur sort n'avait pas abandonné, lui adressa un opuscule Sur les moyens d'arrêter les progrès de la vieillesse. Il ne semblait pas que cette démarche dût adoucir en sa faveur l'ancien supérieur de son ordre; cependant, après de nouvelles rigueurs, celui-ci, renonçant à une vieille rancune, ou plutôt, vaincu par les instances de quelques protecteurs dévoués, ordonna qu'on rendit la liberté à l'auteur de l'Opus majus. Bacon touchait alors à une vieillesse avancée, qui ne devait pas lui permettre de jouir longtemps de cette justice tardive. Il mourut effectivement peu de temps après.

L'Opus majus.
L'Opus majus étant le principal monument du génie de Bacon, une rapide analyse de cet ouvrage, d'ailleurs peu connu, suffira pour donner une  idée des opinions de son auteur.
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Roger Bacon
Roger Bacon, sur une ancienne gravure.

Roger Bacon ne doutait pas qu'il ne vécût à une époque de torpeur intellectuelle et d'ignorance profonde, parmi des hommes fort peu instruits; et ne cherchant pas à le devenir, qui, par conséquent, ne faisaient faire aux sciences aucun progrès. Ce fait admis, il en trouva plusieurs causes, qui se ramènent aux suivantes : trop de confiance dans l'autorité, le respect de la coutume, d'aveugles égards pour les préjugés populaires, et cet orgueilleux amour de soi-même qui porte l'humain à réprouver comme dangereuses ou à mépriser comme puériles les connaissances qu'il ne possède pas. Il résultait de là que le premier devoir d'un réformateur intelligent était de rendre à l'esprit humain son indépendance, en ruinant l'empire de l'autorité, de la coutume et des préjugés, et de mettre en lumière les avantages pratiques et la dignité des sciences. Tel est l'objet des premières parties de l'Opus majus.

Roger Bacon commence par réclamer le privilège qui appartient à la raison de l'humain, d'exercer un contrôle sévère sur toutes les doctrines soumises à son approbation. Les motifs qu'il allègue sont à peu près ceux que les libres penseurs de tous les âges ont invoqués en faveur de la même cause. Il rappelle que la perfection est rare, surtout parmi les humains; qu'il n'a été donné à aucun sur cette terre de connaître la vérité sans mélange d'erreurs; que, tous étant faillibles, il y aurait une extrême imprudence à en croire un seul sur parole. Encore moins, ajoute-t-il, doit-on s'en rapporter au jugement du vulgaire ignorant, passionné, dont le propre est d'abuser des meilleures choses. La multitude, d'ailleurs, est d'autant moins capable de pénétrer dans les mystères de la sagesse, qu'elle est plus nombreuse : car, en philosophie comme en religion, il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus. Enfin, il dit voir qu'une opinion ne peut être réputée vraie uniquement à cause de son antiquité; que, loin de là, la science étant l'oeuvre des âges, il y a mille à parier que l'inexpérience des premiers philosophes s'est trahie par de graves erreurs qu'il appartient aux derniers venus de reconnaître et de corriger. Ainsi Aristote a modifié le système de PIaton, Avicenne celui d'Aristote, Averroès les doctrines de tous ses devanciers.

Bientôt, abordant des considérations d'une autre nature, Roger Bacon entreprend une apologie générale des sciences. Il insiste principalement sur la nécessité de n'en bannir aucune, et de ne pas accroître comme à plaisir notre ignorance par un injuste mépris pour un genre d'instruction qui n'est pas le nôtre. Il avoue que certaines parties de la philosophie ont été négligées, d'autres proscrites par les Pères de l'Eglise; mais d'abord les Pères étaient des hommes, et, comme tels, sujets à se tromper; de plus, leur conduite s'explique par des causes fort simples, et ne se prête pas aux conclusions que la malveillance et le faux savoir voudraient en tirer. Loin de proscrire aucune branche de la connaissance humaine, il importe de les cultiver toutes, ne fût-ce que dans l'intérêt de la religion. La religion et la science sont solidaires parce qu'elles se touchent, ou plutôt se confondent, et on ne peut arrêter l'essor de l'une sans nuire au développement de l'autre.

Après avoir exposé ces vues générales, Roger Bacon en vient aux détails. On conçoit qu'il attire toute l'attention du lecteur sur les sciences qui lui paraissent le plus négligées par ses contemporains, et qu'il avait lui-même cultivées plus que toutes les autres, à savoir la grammaire et les mathématiques. Comme les livres sacrés sont traduits du grec et de l'hébreu, et que, d'une autre part, les docteurs scolastiques vivaient, en quelque façon, sur les ouvrages d'Aristote et des philosophes arabes, l'importance des traductions et la nécessité de les avoir correctes devenaient évidentes, et on pouvait facilement en conclure que l'étude de la grammaire était indispensable. L'apologie des sciences mathématiques exigeait tout autrement de soin et de profondeur; aussi occupe-t-elle une place énorme dans l'Opus majus, dont une vintaine de pages au plus sont consacrées à la grammaire.

Ce qui constitue aux yeux de Roger Bacon l'utilité et la grandeur des mathématiques, c'est : 

1° qu'elles sont supposées par toutes les autres sciences, que, sans elles, on ne peut étudier avec fruit; 

2° qu'elles nous facilitent la solution de plusieurs questions de philosophie naturelle; 

3° qu'elles rendent les plus grands services au théologien, soit qu'il étudie la science du comput , ou qu'il veuille appliquer à l'Ecriture sainte les principes de la chronologie. 

Parmi les questions de philosophie naturelle dont les mathématiques facilitent ]a solution, Roger Bacon cite et discute les suivantes : 
Quelles sont les différences des climats? Quelle est la cause du flux et du reflux, c'est-à-dire des marées? La matière est-elle infinie?La matière s'étend-elle à l'infini? Les corps se touchent-ils en un point ? Quelle est la figure du monde et de la Terre? N'y a-t-il qu'un monde, un Soleil et une Lune, ou bien y en a-t-il plusieurs? Quelle est la cause de la chaleur? 
Enfin, les mathématiques sont la condition de l'astrologie; par l'astrologie jointe à la connaissance des climats , elles contribuent beaucoup aux progrès de la médecine, et, à ces avantages, elles joignent celui de créer en quelque sorte la science de la perspective. Là vient se placer un traité de Perspective, qui , joint à un opuscule de la Multiplication des figures (de Multiplicatione specierum), compose la cinquième partie de l'Opus majus.
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Roger Bacon.
Roger Bacon, en alchimiste.

Dans une sixième et dernière partie, intitulée de Scientia experimentali, Roger Bacon poursuit le cours de ses recherches sur différents points de philosophie naturelle. Quelques lignes, dont l'exemple de sa vie est un éclatant commentaire, révèlent sa pensée sur la méthode applicable aux sciences. Il distingue deux procédés, l'expérience et le raisonnement, mais en se prononçant hautement pour le premier. Selon lui, le raisonnement aboutit à des conclusions qu'il nous permet de comprendre; mais il ne nous donne pas une notion claire et distincte de la réalité; il ne nous apprend ni à fuir les choses nuisibles ni à rechercher les bonnes. Ainsi, dit-il, il se peut que, par des arguments très puissants, on parvienne à prouver que le feu brûle et détruit tout ce qu'il touche ; mais cette démonstration ne suffirait pas à un humain qui n'aurait jamais vu de feu, et il n'éviterait la flamme qu'après en avoir approché la main ou un objet combustible.

Roger et Francis.
On a pu reconnaître dans l'exposition rapide qui précède, plusieurs des aperçus qui, trois cents ans plus tard , ont fait la fortune et la gloire du chancelier Francis Bacon. Comme l'illustre auteur du Novum Organum, le moine du XIIIe siècle est épris du plus vif amour de la science : il en appelle de tous ses voeux, il en favorise de tous ses efforts le progrès; il voudrait communiquer à tout ce qui l'entoure son enthousiasme pour cette noble cause, de sorte qu'on peut dire avec une entière vérité, que la pensée qui a inspiré le traité de Augmentis et Dignitate scientiarum est en germe dans l'Opus majus. De même Roger Bacon et le chancelier s'accordent à repousser le joug de l'autorité, de la coutume, des préjugés, à se confier dans les seules forces de la raison, souverain arbitre, à leurs yeux, du vrai et du faux. Tous deux enfin se montrent partisans déclarés de l'expérience, contre les incertitudes et les abus de la méthode rationnelle.

A ces frappantes analogies se mêlent des différences qui tiennent à la fois aux hommes et aux époques. Ainsi, autant le style du chancelier Bacon est riche, animé, brillant de métaphores et de saillies, autant celui de Roger est lourd, pénible, décoloré, bien que de beaucoup supérieur à celui des écrivains du même âge. L'Instauratio magna ne porte pas le cachet d'une connaissance profonde de l'histoire et des monuments de la science; au contraire, Roger est très érudit; il possède à fond Aristote, Ptolémée, Euclide, les philosophes arabes, et il les cite à tout propos, méthode assez difficile à concilier avec son mépris pour l'autorité.

On ajoutera en dernier lieu qu'il a sur le baron de Vérulam l'immense avantage d'avoir uni constamment l'exemple au précepte et pratiqué les leçons et les conseils qu'il donnait à ses contemporains. Ainsi, pour nous borner à quelques exemples, il a décrit plus exactement qu'on ne l'avait encore fait, l'arc-en-ciel, l'aurore boréale, les halos. Il a connu la théorie générale de verres concaves et convexes pour grossir et rapprocher les objets  ce qui a motivé l'opinion, inadmissible d'ailleurs, de Wood, de Jebb et de quelques autres auteurs anglais, qu'il avait inventé les lunettes et même le télescope. 
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L'optique de Roger Bacon

Dans son Opus majus (publié en 1744, par Jebb, in-fol. Londres), dont son traité de la Perspective et ses Specula ne sont que des morceaux détachés, on trouve des remarques fort curieuses sur la réfraction astronomique, sur la grandeur apparente des objets, sur les apparences du Soleil et de la Lune à l'horizon, etc.

On s'est appuyé sur un passage de l'Opus majus pour attribuer à Roger Bacon l'invention des lunettes d'approche. Mais en examinant plus attentivement ce passage, on voit qu'il n'y est aucunement question d'un instrument d'optique (un malentendu qui rappelle celui à propos du "tube astronomique" utilisé par Gerbert d'Aurillac). L'auteur parle seulement d'objets considérablement grossis par réfraction, quand on les regarde à travers un milieu transparent quelconque, tel que le verre, l'eau, etc. et qu'on donne à ce milieu une forme appropriée, comme celle d'un segment de sphère [1].

[1] Voici le texte de ce passage : "De visione majora sunt; nam de facili patet per canones supradictos quod maxima possunt apparere minima, et e contra et longe distantia videbuntur propinquissima, et e converso. Nam possumus sic figurare perspicua, et taliter ea ordinare respectu nostri visus et rerum, quod fragentur radii et flectentur quorsumcumque voluerimus et sub quocumque angulo voluerimus, et videbimus rem longe vel prope, et sic incredibili distantia legeremus litteras minutissimas et pulveres ex arena numeraremus, etc." (Opus majus, p. 357).
Mais c'est ce que savaient déjà, en partie, les Anciens. Il faut cependant reconnaître que des principes posés par Roger Bacon à la fabrication des verres lenticulaires il n'y avait qu'un pas. Si cet homme de génie n'a pas lui-même fabriqué de ces verres, - ce que nous ne pouvons ni nier, ni affirmer absolument -, il n'en est pas moins certain que l'invention des besicles (lunettes de presbytes et de myopes) coïncide avec le siècle de Roger Bacon. (Hoefer,1873).

S'il n'a pas découvert la poudre à canon, il est du moins un des premiers auteurs qui en aient parlé. Enfin il avait reconnu la nécessité de réformer le calendrier, et les corrections qu'il proposa sont précisément celles qui ont été adoptées sous le pape Grégoire XIII. Sans doute l'Opus majus n'est pas un ouvrage parfait de tout point; l'erreur s'y mêle fréquemment à la vérité, et l'astrologie  judiciaire, l'alchimie et les sciences occultes n'y occupent guère moins de place que la physique et les mathématiques; mais dégagez ces errements, tribut par l'auteur aux préjugés de son temps, et il restera encore une masse énorme de faits bien constatés et de découvertes positives.

Cependant, Roger Bacon n'a exercé ni au XIIIe siècle, ni dans les siècles suivant, l'influence que méritaient d'obtenir ses travaux et son génie. Persécuté pendant sa vie, il a été méconnu sinon oublié après sa mort, et ses ouvrages, peu étudiés, n'ont contribué que faiblement aux progrès de l'esprit humain. Peut-être au fond ne doit-on pas s'en étonner. Observateur habile de la nature, mais peu versé, il est permis de le croire, dans les matières théologiques, Roger Bacon excellait dans les travaux qui étaient le plus antipathiques à la piété méditative de ses contemporains, tandis qu'il négligeait les études le mieux en harmonie avec leurs goûts, leurs usages et leurs croyances. Il faut dire de plus qu'il s'est montré trop sévère à leur égard, en peignant sous de sombres couleurs, comme livrée à l'apathie de I'ignorance, cette grande période qu'illustrèrent un si grand nombre de laborieux et brillants penseurs, à l'instar de Thomas d'Aquin. (C. J.).



Éditions anciennes. - Roger Bacon a laissé des écrits sur presque toutes les parties de la science. Ses principaux ouvrages sont : l'Opus majus (publié par Samuel Jebb, Londres, 1733, in-fol.), qu'il adressa au pape Clément IV, et où il s'était proposé de rassembler toute sa doctrine il en fit deux refontes successives sous les noms d'Opus minus et Opus tertium (ces deux ouvrages n'ont été publiés qu'en 1860, à Londres, par J. S. Brewer); Epistola de secretis operibus naturae et artis et de nullitate magiae, Paris, 1542; De retardandis senectutis accidentibus, Oxford, 1590, et plusieurs traités d'alchimie, dont le principal est le Speculum alchemicum. Girard de Tournus a traduit en français, en 1557, l'Epistola de secretis sous ce titre : De l'admirable pouvoir de l'art et de la nature, et le Miroir de l'alchimie. On doit à E.M. Charles : R. Bacon, sa vie, ses ouvrages et ses doctrines, 1862.

Parmi les écrits de Bacon qui n'ont pas vu le jour, se trouve une double continuation de son grand ouvrage sous les titres d'Opus minus et d'Opus tertium; elle existait autrefois à la bibliothèque Cottonienne, et la biblothèque Mazarine en possède une partie. Si ou croit Bale, Leland, Pits et les autres historiens anglais, Bacon aurait composé, en outre, cent et quelques traités sur la grammaire, les mathématiques, la physique, l'optique, la géographie, l'astronomie, la chronologie, la chimie, les sciences occultes, la logique, la métaphysique, la murale et la théologie; mais Samuel Jebb a prouvé surabondamment que cette énumération était très exagérée, et que tantôt le même traité se trouvait reproduit sous des titres différents, que tantôt de simples fragments étaient donnés comme autant d'ouvrages entiers et distincts.

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Dictionnaire biographique
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