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Rhodes
(Cecil John), financier né à Bishop's Stortfort (Herfordshire,
en Angleterre En 1880, il fondait la « De Beers Mining C° » et y affilia bientôt les compagnies rivales. En 1889, il était administrateur à vie et président de la « De Beers Consolidated Mining C° », devenue la plus puissante société financière de l'Afrique australe. Depuis longtemps, il était en relation avec le Dr Leander Jameson et C. Rudd, et de leurs conversations résulta sans doute le fameux plan d'absorption de tout le pays au Sud du Zambèze. Cecil Rhodes, entré au parlement du Cap en 1881, devenu trésorier général dans le cabinet Scanlon, vit ses plans froidement accueillis par l'assemblée. En 1883, il fut chargé de régler la question de délimitation des frontières du Griqua Land. Il profita de cette mission pour acheter aux indigènes une grande partie du Bechuanaland. Le Parlement du Cap refusant d'envisager cette politique d'expansion, Rhodes fit établir le protectorat britannique sur le Bechuanaland (1884). Les Boers du Transvaal
s'inquiétèrent, et Rhodes s'y prit d'une autre façon
pour les entamer. En 1886, des mines d'or ayant été découvertes
au Transvaal, il forma avec Rudd une compagnie la « Gold-Fields of
South Africa C° », et avec l'appui financier des Rothschild,
il créa la « British South-Africa C° », destinée
à absorber une plus grande portion du territoire. Le président
Krüger envoya des émissaires au Matabeleland pour essayer d'arrêter
les progrès de l'annexion, mais Rhodes, par l'intermédiaire
de sir Hercules Robinson et de M. Moffat, assistant commissaire du protectorat
de Bechuanaland, signa un arrangement avec le souverain ndebele Lo- Bengula,
accordant un droit de préemption sur le Matabeleland (11 février
1888). Cecil Rhodes obtint en 1889 une charte royale pour « le développement
du protectorat du Bechuanaland et des contrées situées plus
au Nord ». Dès lors la « British South Africa C°
» fut connue sous le nom abrégé de la Chartered. La
Chartered entreprit aussitôt d'occuper effectivement le Machonaland
(1890), elle poussa sa domination jusqu'aux grands Lacs et ne rencontra
d'autres difficultés que la résistance du Portugal Dès 1890, Cecil Rhodes, qui avait continué à s'occuper de politique dans le parlement du Cap, fut chargé de former un ministère. Il voulut tenter la réalisation de l'Union Sud-Africaine. Il se heurta de nouveau à la résistance du président Krüger. Il essaya d'abord de négocier, mais il fut battu par la finesse du président. Il se rendit à Londres (décembre 1894) où il fit une campagne de presse et de conférences en faveur de ses projets, et sous-main il organisa une sorte de révolution qui devait forcer la main au Transvaal. Un des conjurés, le Dr Jameson, brusqua le mouvement et, 30 décembre 1895, il franchissait à la tête d'une troupe armée la frontière du Transvaal. Les Boers avertis le battaient et le faisaient prisonnier. Cecil Rhodes, fort compromis, dut donner sa démission de premier ministre (janvier 1896). Il fit un nouveau voyage à Londres, à la suite duquel il nia toute participation au raid de Jameson qui, par contrecoup, avait provoqué une révolte des Matabelés. Cecil Rhodes battit
les Matabelés à Gwelo (1896) et obtint leur soumission complète.
Il revint encore en Angleterre à la suite de ce succès et
y reçut un accueil enthousiaste (janvier 1897). Il s'expliqua devant
un comité d'enquête parlementaire sur l'affaire Jameson et
reçut un blâme platonique. En avril 1898, il était
réélu directeur de la Chartered. Il se lança dans
les intrigues électorales et donna l'inspiration au parti progressiste
qui faillit gagner la victoire aux élections de 1898. Rhodes, à
Londres, en 1899, lança l'idée d'un chemin de fer du Cap
au Caire |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.