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C. Rhodes

Cecil John Rhodes est un financier né à Bishop's Stortfort (Herfordshire, en Angleterre) le 5 juillet 1853, mort le 26 mars 1902. Fils d'un pasteur, il fut envoyé en 1874 au Natal, où son frère était installé, pour y chercher le rétablissement d'une santé fort délicate. Revenu en Angleterre en 1872, il commença à suivre les cours d'Oxford, mais une réapparition menaçante de la phtisie l'obligea à retourner en Afrique du Sud. Il accompagna son frère Herbert à Kimberley où l'on venait de découvrir des mines de diamant : ils achetèrent des concessions que Cecil Rhodes exploita avec une remarquable intelligence. 

En 1880, il fondait la « De Beers Mining C° » et y affilia bientôt les compagnies rivales. En 1889, il était administrateur à vie et président de la « De Beers Consolidated Mining C° », devenue la plus puissante société financière de l'Afrique australe. Depuis longtemps, il était en relation avec le Dr Leander Jameson et C. Rudd, et de leurs conversations résulta sans doute le fameux plan d'absorption de tout le pays au Sud du Zambèze. Cecil Rhodes, entré au parlement du Cap en 1881, devenu trésorier général dans le cabinet Scanlon, vit ses plans froidement accueillis par l'assemblée. En 1883, il fut chargé de régler la question de délimitation des frontières du Griqua Land. Il profita de cette mission pour acheter aux indigènes une grande partie du Bechuanaland. Le Parlement du Cap refusant d'envisager cette politique d'expansion, Rhodes fit établir le protectorat britannique sur le Bechuanaland (1884).

Les Boers du Transvaal s'inquiétèrent, et Rhodes s'y prit d'une autre façon pour les entamer. En 1886, des mines d'or ayant été découvertes au Transvaal, il forma avec Rudd une compagnie la « Gold-Fields of South Africa C° », et avec l'appui financier des Rothschild, il créa la « British South-Africa C° », destinée à absorber une plus grande portion du territoire. Le président Krüger envoya des émissaires au Matabeleland pour essayer d'arrêter les progrès de l'annexion, mais Rhodes, par l'intermédiaire de sir Hercules Robinson et de M. Moffat, assistant commissaire du protectorat de Bechuanaland, signa un arrangement avec le souverain ndebele Lo- Bengula, accordant un droit de préemption sur le Matabeleland (11 février 1888). Cecil Rhodes obtint en 1889 une charte royale pour « le développement du protectorat du Bechuanaland et des contrées situées plus au Nord ». Dès lors la « British South Africa C° » fut connue sous le nom abrégé de la Chartered. La Chartered entreprit aussitôt d'occuper effectivement le Machonaland (1890), elle poussa sa domination jusqu'aux grands Lacs et ne rencontra d'autres difficultés que la résistance du Portugal bientôt mise à néant par un ultimatum brutal de l'Angleterre et un arrangement de frontières (juin 1891). 

Dès 1890, Cecil Rhodes, qui avait continué à s'occuper de politique dans le parlement du Cap, fut chargé de former un ministère. Il voulut tenter la réalisation de l'Union Sud-Africaine. Il se heurta de nouveau à la résistance du président Krüger. Il essaya d'abord de négocier, mais il fut battu par la finesse du président. Il se rendit à Londres (décembre 1894) où il fit une campagne de presse et de conférences en faveur de ses projets, et sous-main il organisa une sorte de révolution qui devait forcer la main au Transvaal. Un des conjurés, le Dr Jameson, brusqua le mouvement et, 30 décembre 1895, il franchissait à la tête d'une troupe armée la frontière du Transvaal. Les Boers avertis le battaient et le faisaient prisonnier. Cecil Rhodes, fort compromis, dut donner sa démission de premier ministre (janvier 1896). Il fit un nouveau voyage à Londres, à la suite duquel il nia toute participation au raid de Jameson qui, par contrecoup, avait provoqué une révolte des Matabelés.

Cecil Rhodes battit les Matabelés à Gwelo (1896) et obtint leur soumission complète. Il revint encore en Angleterre à la suite de ce succès et y reçut un accueil enthousiaste (janvier 1897). Il s'expliqua devant un comité d'enquête parlementaire sur l'affaire Jameson et reçut un blâme platonique. En avril 1898, il était réélu directeur de la Chartered. Il se lança dans les intrigues électorales et donna l'inspiration au parti progressiste qui faillit gagner la victoire aux élections de 1898. Rhodes, à Londres, en 1899, lança l'idée d'un chemin de fer du Cap au Caire, et il alla jusqu'en Égypte conférer à ce sujet avec Kitchener, et à Berlin pour obtenir de l'empereur d'Allemagne la permission de traverser l'Afrique orientale allemande. Il parut se tenir à l'écart des affaires du Transvaal. Il était à Capetown au début de la guerre sud-africaine. Il s'empressa de gagner Kimberley, où il soutint un siège mémorable contre les Boers qui espéraient bien s'emparer de celui qui ils considéraient comme leur mauvais génie. Après des démêlés avec les chefs militaires anglais, Cecil Rhodes, délivré en février 1900, revint en Angleterre, puis regagna l'Afrique australe (9 mai 1900) pour y mourrir deux ans plus tard. On avait donné dès 1895 le nom de Rhodésie à la colonie britannique (divisée en 1911 en Nord- et Sud-Rhodésie), dont seront issus la Zambie et le Zimbabwe indépendants. (R. S.).

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Dictionnaire biographique
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