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Raspail
(François-Vincent). - Chimiste et homme politique français,
né à Carpentras
en 1794, mort en 1878; fut élevé pour la carrière
ecclésiastique, où il refusa d'entrer; vint à Paris,
où il mena une vie précaire comme simple répétiteur
et préparateur au baccalauréat, et se livra avec passion
à l'étude des sciences physiques; publia dans les Annales
des sciences naturelles et autres recueils du même genre, de
nombreux mémoires sur la botanique, la zoologie, la paléontologie,
la médecine légale : il y fit preuve d'une grande puissance
d'expérimentation, mais sa fit des ennemis par ses diatribes contra
les corps savants.
De bonne heure partisan déclaré
de la République, il combattit et fut blessé dans les journées
de juillet 1830; écrivit dans les feuilles républicaines
du temps, et s'attira plusieurs procès de presse et plusieurs condamnations
; composa, pendant ses séjours réitérés dans
les prisons, divers ouvrages de science (Essai de chimie microscopique,
1831; Cours élémentaire d'agriculture et d'économie
rurale, 1831; Nouveau système de chimie organique, 1833;
Nouveau système de physiologie végétale et botanique,
1837); se fit une notoriété bruyante à l'occasion
du procès da Mme La Farge, où il critiqua vivement l'expertise
du docteur Orfila. Il a rendu son nom populaire, surtout dans les classes
pauvres, par son Manuel de la santé (1842 et suiv.), sorte
d'encyclopédie usuelle de thérapeutique, où il préconise
le camphre comme une sorte de panacée universelle, et par le Fermier
vétérinaire, manuel destiné au traitement des
animaux domestiques, d'après la même médication.
Il a exposé plus amplement son système,
à l'adresse des savants dans une Histoire naturelle de la santé
et de la maladie, 1843, 8 vol. in-8; et dans la Revue élémentaire
de médecine et de pharmacie domestique, 2 vol. in-8, 1855, etc.
Éloigné de la politique depuis plusieurs année, il
y rentra en 1848, rédigea un journal révolutionnaire, l'
Ami du peuple, présida un club, figura parmi les émeutiers
qui envahirent l'assemblée nationale le 15 mai, et fut, pour ce
fait, condamné à cinq ans de prison. Il devint, aux élections
de décembre 1851, le candidat du parti le plus avancé à
la présidence de la République; et, après la chute
de l'Empire; siégea à l'extrême gauche de l'Assemblée
nationale et de la Chambre des députés. |
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