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Les
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| Pythéas
(né vers 308 av. J.C.) - Natif de Marseille Le
voyage à Thulé.
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| Qu'était-ce que Thulé, Qoulh? Etait-ce, comme le suggèrent Pline et Martianus Capella, une contrée voisine du pôle? Etait-ce la côte orientale du Groënland? Etait-ce l'Islande? C'est la dernière opinion qu'a adoptée Bessel dans son excellente Notice sur Pythéas [1]. Il se fonde sur des phénomènes astronomiques et physiques, sur la petitesse de l'arc décrit par le Soleil, mais particulièrement sur les éructations aqueuses d'une source intermittente qui rappelle tout à fait le fameux Geyser de l'Islande [2]. Pythéas parle aussi d'une boisson fermentée, faite avec du miel, dont se servaient les habitants de Thulé. Cette boisson ne pouvait être que l'hydromel, qui est encore aujourd'hui d'un si fréquent usage dans les pays scandinaves. Les Thuléens vivaient "de milet, de racines et de quelques autres légumes." C'est là encore aujourd'hui [en 1899] la principale nourriture des Islandais. | [1]
W. Bessel, Ueber Pytheas von Massilien; Goettingue, 1858, in-8°.
[2] Et refluo circumsona gurgite Thule, dit Stace. |
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| Mais voici le passage qui a principalement
exercé l'esprit des critiques. "A l'île de Thulé,
vers le nord et dans toutes ces contrées-là, il n'y a ni
terre, ni mer, ni air, mais un mélange des trois, semblable au poumon
de mer (pneumwn ths qalashs),
sur lequel la mer et la terre étaient fixées, et qui servait
de lien à toutes les parties du monde, sans qu'il fût possible
d'y aller ni à pied, ni sur des navires."
Quelques uns se sont emparés de cette citation pour traiter de fabuleux tout le récit de Pythéas. C'était aller trop loin. D'autres se sont plutôt attachés à la détermination de cet étrange être, appelé poumon de mer; mais on ignore encore s'il faut le ranger parmi les animaux, parmi les zoophytes ou parmi les végétaux. Comme Pythéas avoue lui-même qu'il ne connaissait ces choses que par ouï-dire, il est permis de croire que ce mélange chaotique, impénétrable, d'air, de terre et d'eau, était l'image poétique des épais brouillards qui enveloppent ces montagnes de glaces flottantes, les redoutables banquises de la côte orientale du Groënland. Peut-être aussi Pythéas confondait-il cette légende du poumon de mer, avec la mer d'algues (mer des Sargasses), que les Phéniciens devaient avoir certainement rencontrée dans leurs navigations atlantiques, et qui étonna plus tard Christophe Colomb. |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.