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Plantin

Christophe Plantin  est un  imprimeur célèbre du XVIe siècle, né à Saint-Avertin, près de Tours, entre 1514 et 1520, mort à Anvers le 1er juillet 1589. II se rendit fort jeune à Paris, où il apprit l'état de relieur, puis entra chez un imprimeur de Caen, et, après une série de séjours plus ou moins longs dans les principaux ateliers de France, notamment à Lyon, passa dans les Pays-Bas et fonda à Anvers, aux environs de 1555, une imprimerie qui devint, par la suite, la plus importante du monde. Vingt presses y étaient souvent en pleine activité, et le salaire des ouvriers s'éleva, par jour, jusqu'à 100 ducats. Les productions s'en distinguaient d'ailleurs, au point de vue typographique, par une élégance et une correction jusque-là inconnues.

Imbu du goût français, qu'il a contribué, pour une très large part, à implanter dans les Flandres, Plantin possédait, en outre, une grande instruction, qu'il avait presque complètement acquise lui-même, et était versé aussi bien dans les langues étrangères que dans les langues anciennes. II se trouvait ainsi en situation d'imprimer, dans d'excellentes conditions, toute sorte d'ouvrages, et il avait réuni, à cet effet, la plus riche collection de types qu'on pût posséder. De plus, il ne négligeait aucun moyen d'arriver, comme correction, au plus haut degré de perfection, affichant toutes ses épreuves à la porte de sa maison, l'une des plus belles d'Anvers, et promettant une prime à qui lui signalerait une erreur.

Un de ses premiers chefs-d'oeuvre fut sa Biblia polyglotta (1569-1573, 8 vol.), qu'il composa à la demande du roi d'Espagne, Philippe II, et qui lui valut le titre de «-prototypographe » de ce prince. La Bibliothèque nationale en possède un exemplaire sur vélin. En 1583, éloigné d'Anvers par les querelles religieuses, Plantin alla se fixer à Leyde et y fonda une autre imprimerie. Mais il rentra à Anvers dès 1585 et abandonna à l'un de ses gendres, Franz Rapheleng, qui l'avait remplacé à Anvers durant ses deux années d'absence, la direction de la maison de Leyde. A un autre gendre, Egydius Beys (Egide Le Bé), il confia une succursale qu'il avait installée à Paris, et à un troisième gendre, Jan Moerentor (Johannes Moretus), il légua la maison d'Anvers.

Tous trois surent, du reste, soutenir avec honneur la réputation du célèbre imprimeur. Une riche collection y a été réunie par eux, de père en fils. Elle comprend, outre des exemplaires de tous les livres sortis de leurs presses; ainsi que les manuscrits et la correspondance des hommes célèbres dont ils ont édité les oeuvres, quatre-vingt-dix portraits de famille dus aux peintres hollandais les plus illustres (14 Rubens, 2 Van Dyck, etc.). On y remarque aussi de fort jolies estampes. Achetée en 1877 par la ville d'Anvers, elle est ouverte au public. 

La marque des éditions plantines est une main tenant un compas ouvert, avec la devise : Labore et constantia.(L. S.).

Jean-Baptiste Plantin est un historien vaudois, né à Montpreveyres le 3 septembre 1624, mort à Lausanne le 16 mars 1700. Successivement pasteur dans une demi-douzaine de localités du canton de Vaud, puis régent à Lausanne, il utilisa ses loisirs à rassembler les matériaux de travaux historiques, entre autres : une topographie de l'Helvétie ancienne et moderne, Helvetia antiqua et nova (Berne, 1656); une Chronique de la ville de Lausanne (1656); un Abrégé de l'histoire générale suisse (Genève, 1666, 2 vol.), etc.
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