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Pie IX (Jean-Marie,
comte de Mastaï-Ferretti), pape, a occupé la chaire
de Saint-Pierre pendant plus longtemps qu'aucun
de ses prédécesseurs (trente-deux ans, de 1846 à 1878.
Néà Sinigaglia en 1792, il quitta la carrière militaire
pour entrer dans les ordres. Ordonné prêtre en 1823, il fut
nommé archevêque de Spolète en 1827, puis transféré
au siège d'Imola, et promu au cardinalat en 1840. Devenu pape en
1846, il inaugura son pontificat par des mesures qui eurent un certain
retentissement : dissolution de la garde des Suisses, amnistie pour les
délits politiques, établissement de la liberté de
la presse, création d'une représentation nationale sous le
nom de Consulte d'État. La guerre ayant éclaté, en
1848, entre le roi de Piémont, Charles-Albert, et l'Autriche, il
se produisit en Italie une grande agitation au sujet de l'indépendance
et de l' unité des États de la Péninsule; le ministre
du Pape, Rossi, qui luttait contre l'esprit révolutionnaire, fut
assassiné sur les marches de la Chambre des députés;
une émeute éclata dans Rome, et la République fut
proclamée. Pie IX alla demander un asile au roi de Naples, et séjourna
à Gaëte près d'un an (de novembre 1848 à septembre
1849).
L'expédition française lui
rouvrit les portes de Rome. Il y rentra, avec invitation de poursuivre
les réformes qu'il avait entreprises en 1847. Mais les événements`
de la première partie de son pontificat avaient inspiré à
Pie IX une défiante réserve; il apporta, dans les nouvelles
mesures que prit son gouvernement en matière politique, un esprit
qui le fit accuser de marcher dans une voie contraire à celle où
il était entré au début de son règne. Du reste,
à partir de cette époque, le cardinal Antonelli,
nommé secrétaire d'État, fut chargé presque
exclusivement de tout ce qui se rattachait aux détails de la politique
et de la diplomatie; Pie lX se réserva les questions religieuses
dont il s'occupa avec une grande activité. C'est dans cette seconde
phase de son pontificat qu'il faut placer la multiplication des sièges
épiscopaux, le développement considérable des missions,
le rétablissement de la hiérarchie régulière
dans la Grande-Bretagne. En dehors de ces oeuvres particulières,
trois grands actes dominent, sous le rapport religieux, tout le pontificat
de Pie IX : la définition de l'Immaculée Conception
en décembre 1854; la publication de l'Encyclique quanta cura,
en décembre 1864, avec l'annexe connue sous le nom de Syllabus;
l'ouverture en 1869 au Vatican
du premier concile oecuménique qui se soit tenu depuis celui de
Trente (1546-1563), et où furent proclamées, le 18 juillet
1870, la pleine puissance du Pape dans l'Église et l'infaillibilité
de ses jugements solennels.
Tandis que s'accomplissaient ces actes,
dans l'ordre religieux, des faits non moins graves avaient lieu dans l'ordre
politique : les événements qui faisaient du roi de Piémont
un roi d'Italie avaient leur contre-coup sur le pouvoir temporel de la
papauté. L'annexion des duchés de Toscane, Parme et Modène
entraîna celle des États du Pape. Le général
Lamoricière se mit à la tête des troupes pontificales,
qui furent dispersées par le général Cialdini (1860).
Il restait encore à Pie IX Rome, Civita Vecchia
et quelques petites places occupées par des garnisons françaises.
Une attaque de Garibaldi, en 1866, fut repoussée,
à Mentana, par les troupes pontificales, soutenues des troupes françaises.
Mais, à la suite des désastres de 1870, les Français
quittèrent Rome, et l'armée du roi d'Italie entra dans la
ville, après un court combat, le 20 septembre, jour où prit
fin le pouvoir temporel des papes, constitué par Pépin
le Bref et Charlemagne. Rome devint la
capitale du royaume d'Italie. Une loi fixa les garanties conférées
au Saint Siège pour son indépendance et le libre exercice
de son pouvoir spirituel, et assigna au Pape une dotation annuelle et inaliénable
de trois millions deux cent mille francs. Pie IX refusa la dotation et
rejeta les garanties qu'il déclara illusoires. Il ne cessa de protester
contre la violence et la spoliation, et depuis ce jour il ne quitta plus
le Vatican où il se déclara prisonnier. Sa mort arriva le
10 février 1878. |
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