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| Jean Picard, 1680 | ||
Picard |
Dans notre solitude d'Uraniborg
nous fumes souvent visités non seulement par M. Bartholin
dont j'ai parlé ci-dessus, mais encore par M. Spole l'un des professeurs
de mathématiques à Lunde, qui tous deux nous aidèrent
à plusieurs observations, et avec lesquels nous mesurames actuellement
au côté oriental de l'île, une base de 1063 toises de
Paris![]()
Nous trouvâmes aussi par le calcul
que la distance entre le clocher |
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| Ces Messieurs dont nous venons
de parler furent aussi présents aux expériences que nous
fîmes plusieurs fois touchant la longueur du pendule simple à
secondes de temps moyen, laquelle nous trouvâmes toujours assez précisément
telle que nous l'avons déterminée à Paris; savoir
de 36 pouces 8 lignes et 1/2, sans qu'il y parût aucune différence
sensible. Je faisais ces expériences avec d'autant plus de soin
et d'exactitude, que je savais qu'en Angleterre, à Londres, la longueur
du pendule avait été déterminée de 39 pouces
4/10 du pied d'Angleterre; ce qui revenait à 36 pouces 11 lignes
13/20 du nôtre : mais l'ayant trouvée à Uraniborg égale
à celle que j'avais établie à Paris, je commençai
à tenir pour suspectes les observations qui avaient été
faites en Angleterre, et après mon retour en France, je ne cessai
de témoigner mon doute, jusque à ce que M. Roëmer
ayant été envoyé exprès à Londres en
l'année 1679 trouva que la longueur du pendule était la même
qu'à Paris; ce qui soit dit en passant.
Et pour revenir à Uraniborg, je ne dois pas oublier que nous y observâmes aussi la déclinaison de l'aiguille aimantée 2° 30' du Nord vers l'Occident, au lieu que peu de temps après Copenhague, je la trouvai plus grande d'un degré entier vers le même coté. |
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| C'était ainsi qu'après
les observations du ciel qui étaient notre principale occupation,
et dont le Journal sera mis à la fin de celles de Tycho,
nous donnions le reste du temps à diverses curiosités: mais
enfin le travail des veilles durant un froid auquel je n'étais pas
accoutumé, et l'air de la mer Baltique me causèrent une langueur
qui tenait un peu du scorbut, et qui me fit à la fin résoudre
à quitter cette solitude, pour me retire dans un lieu de secours
avant que les glaces ne fermassent le passage.
Me voyant donc obligé de retourner à Copenhague, j'en donnai avis à M. Bartholin, qui ne manqua pas de faire préparer le salon de la Tour astronomique où tous nos instruments furent apportés le 22 novembre. J'avais assez d'observations pour la différence
qu'il y a entre le parallèle de l'observatoire de Paris |
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| Mais par le moyen des précautions
que j'avais prises avant que de sortir d'Uraniborg, je pouvais achever
à Copenhague tout ce qui me restat à faire, sans compter
que vers la fin de l'année, dans un temps qui fut plus favorable
qu'il n'a accoutumé, M. Roëmer et le sieur Villiard retournèrent
à Uraniborg, où ils firent plusieurs observations, et entre
autres une du premier satellite de Jupiter, qui fut décisive, comme
l'on verra ci-après.
Au reste le salon de la tour de Copenhague
était beaucoup plus commode pour les observations que notre cabane
d'Uraniborg : car outre qu'il a des fenêtres de tous côtés,
la voûte est percée du côté du midi, pour donner
la commodité d'observer à l'abri durant les vents les plus
impétueux, au lieu qu'à Uraniborg notre observatoire était
souvent en danger d'être emporté par les vents assez ordinaires
dans ce lieu là. Il est vrai que la Tour de Copenhague, à
cause de sa hauteur, nous donnait de l'exercice plusieurs fois par jour;
mais c'était un remède contre le scorbut, qui dans le climat
où j'étais, est comme inévitable aux personnes sédentaires,
et n'attaque que rarement les gens de travail, comme les paysans quoiqu'ils
ne vivent que de chairs salées |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.