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Pelletan

Philippe-Jean Pelletan est un chirurgien né Paris le 5 mai 1747, mort à Bourg-la-Reine le 26 septembre 1829. Il était membre de L'Académie de chirurgie, chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu, professeur de clinique chirurgicale (1795) et chirurgien consultant de Napoléon ler, puis en 1815 obtint la chaire de médecine opératoire et en 1818 celle d'accouchements. Lors de la réorganisation de la Faculté de Paris, en 1823, il fut destitué. Il était membre de l'Institut depuis 1795. C'est lui qui pratiqua l'autopsie de Louis XVII.
Ouvrage principal : Clinique chirurgicale... (Paris, 1810-1811, 3 vol. in-8, av. 7 pl.). 
Pierre Pelletan est un médecin né à Paris le 6 janvier 1782, mort à Bruxelles le 15 août 1845, fils du précédent. D'abord élève de l'Ecole polytechnique, puis préparateur de physique, il se fit recevoir chirurgien militaire en 1799, fit la campagne de Zurich, puis résida à Rouen, enfin fut reçu docteur à Paris en 1813 et en 1823 y devint professeur de physique médicale. Révoqué en 1830, il fut renommé au concours en 1831. (Dr L. Hn).
On a de lui : Traité élémentaire de physique générale et médicale (Paris, 1822, 2 vol. in-8); Dictionnaire de Chimie médicale (Paris, 1822-1824, 2 vol. in-8). 
Pierre-Clément-Eugène 'Pelletan est un homme politique et écrivain français né à Royan le 29 octobre 1813, mort à Paris le 13 décembre 1881. Il fit ses études à Poitiers, les termina à Paris et voyagea. En 1837, il débutait dans le journalisme, collaborant à la Nouvelle Minerve, à la France littéraire, à la Presse de Girardin. Il s'attacha à Lamartine, qu'il admirait, avec tout l'emportement de sa nature mystique et passionnée, mais refusa un emploi qui lui fut offert au ministère des affaires étrangères et posa sans succès sa candidature à l'Assemblée constituante dans la Charente-Inférieure (auj. Charente-Maritime). Il prit avec La Guéronnière la direction du Bien public (1849), revint à la Presse en 1851, passa au Siècle (1853), revint encore à la Presse (1855) et subit nombre de persécutions de la part du gouvernement à cause de la vivacité et de la sincérité de sa polémique. 

Il avait publié un livre important : Profession de foi du XIXe siècle (Paris, 1852, m-8), où il exposait une théorie nouvelle du progrès, avec une éloquence enflammée. Le progrès a toujours été. II n'a ni commencement ni fin, c'est la nature qui a d'abord été l'agent du progrès, maintenant c'est l'humanité, Cette doctrine commence a le séparer de Lamartine; la scission fut complète après la publication des Lettres à un homme tombé.

En 1857, Eugène Pelletan fit une nouvelle tentative infructueuse aux élections pour le Corps législatif, dans le département de la Seine. En 1860, il soutint contre Béranger une polémique fameuse et démontra avec sa vivacité coutumière et une âpreté incisive l'influence néfaste que le chansonnier avait eue sur l'esprit populaire. Le 1er juin 1863, Pelletan était élu député de la 9e circonscription de la Seine, et réélu le 13 décembre suivant, son élection ayant été cassée pour vice de forme. Membre de l'opposition, il monta souvent à la tribune, parlant avec véhémence et précipitation, flétrissant le crime, prophétisant les malheurs dont l'avenir était gros, avec une abondance d'images poétiques et une virtuosité dans la passion qui ont fait de lui un orateur singulièrement émouvant.

Eugène Pelletan collabora, en 1868, à la fondation de la Tribune dont il fut le rédacteur en chef. Réélu en 1869, il protesta contre la déclaration de guerre à la Prusse (La Guerre de 1870) et devint membre du gouvernement de la Défense nationale (4 septembre 1870). Du 31 janvier au 4 février 1871, il fut délégué dans les fonctions de ministre de l'instruction publique, partit pour Bordeaux le 6 février, et le 8 il était élu représentant des Bouches-du-Rhône à l'Assemblée nationale. Membre de l'Union républicaine, il appuya généralement la politique de Thiers, et, tempérament combatif, parla peu depuis qu'il ne siégeait plus dans l'opposition. 

Elu sénateur des Bouches-du-Rhône le 30 janvier 1876, il combattit dans la haute Assemblée le gouvernement du 16 Mai, devint vice-président du Sénat en 1879 et s'occupa surtout des questions relatives à la presse, à l'enseignement et à la religion réformée. Devenu questeur en 1881, il fut nommé peu de temps avant sa mort sénateur inamovible (24 juin 1884), en remplacement du comte d'Haussonville. (R. S.).

Outre les ouvrages cités ci-dessus, Pelletan a laissé : la Lampe éteinte (Paris, 1840, 2 vol. in-8); Histoire des trois Journées de février 1848 (1848, in-8); les Dogmes, le Clergé et l'Etat (1844, in-8), en collaboration avec H. Morvonnais, Colin et Hennequin; Heures de travail (1854, 2 vol. in-8); les Morts inconnus. Le Pasteur du désert (1855, in-12); les Rois philosophes (1858, in-8); les Droits de l'homme (1858, in-8); le Monde marche (lettres à Lamartine) (1857, in-12); Qu'allons-nous faire? Conférence de Zurich (1859, in-8); Décadence de la monarchie française (1860, in-16); une Etoile filante (Béranger) (1860, in-8); la Naissance d'une ville (1861, in-8); le Droit de parler (1862, in-8); le Trente et un mai (1863, n-8); la Nouvelle Babylone (1863, in-8); les Fêtes de l'intelligence (1863, in-8); le Crime (1863, in-8); la Comédie italienne (1863, in-8); Adresse au roi Coton (1863, in-8); la Charte du foyer (1864, in-8); Discours d'un député (1864, in-8); Qui perd gagne (1864, in-8); le Termite (1864, in-8); la Famille, La Mère (1865, in-8); le Travail au XIXe siècle (1869, in-8); Lamartine, sa vie et ses oeuvres (1869, in-18); la Femme au XIXe siècle (1869, in-18); Nouvelles Heures de travail (1870, in-8); les Uns et les Autres (1873, in-8); Première aux électeurs. Est-ce la République? (1876, in-8); Seconde aux électeurs. La candidature officielle (1876, in-8); Jarousseau le pasteur du désert (1877, in-12); Elisée. Voyage dun homme à la recherche de lui-même (1877, in-12); Royan. La Naissance d'une ville (1877, in-19), Dieu est-il mort? (1883, in-12). 
Charles-Camille 'Pelletan est un homme politique français, né à Paris le 23 juin 1846 et  mort à Paris  le 4 juin 1915, fils du précédent. Licencié en droit et archiviste paléographe (1869), il débuta dans le journalisme dès qu'il eut terminé ses étude et collabora activement à la Réforme, à la Renaissance et surtout au Rappel. Ses articles, où il abordait les ques ans les plus ardues sous une forme vive et toujours spituelle, furent très appréciés. Comme son père, il se lança avec ardeur dans la politique et combattit l'Empire avec une opiniâtreté qui lui valut poursuites et condamnations.  En 1879, il posa sans succès sa candidature à la Guyane, lors d'une élection partielle; il devint, en 1880, rédacteur en chef de la Justice, où il mena une campagne très remarquée contre les excès qui ensanglantèrent la répression de l'insurrection communaliste de 1871, Le 21 août 1881, Camille Pelletan était élu député du Xe arrondissement de Paris et le 4 septembre député d'Aix, II opta pour cette dernière circonscription. A la Chambre, il siégea à l'extrême gauche, et combattit la politique opportuniste avec cette fougue et cet esprit piquant qui donnaient tant d'attrait à ses écrits. 

Toutes les questions : politique pure, affaires étrangères, administration, finances, lui étaient familières, mais il avait un goût plus prononcé pour les matières financières, hérissées de chiffres et de difficultés, qu'il traitait sans efforts et avec la plus grande clarté. C'est ainsi qu'il combattit, en 1883, les conventions avec les grandes compagnies de chemins de fer, déployant une habileté qui consterna ses adversaires. Il parla fréquemment contre l'expédition du Tonkin (J. Ferry, Troisième République) , réclama les mesures les plus libérales : droit de réunion, amnistie en faveur des condamnés politiques, etc. 

Réélu député des Bouches-du-Rhône le 4 octobre 1883, il fit partie de la commission d'enquête sur les opérations au Tonkin et présenta en son nom un rapport très étudié et très documenté; il lutta avec ardeur contre le boulangisme

Réélu encore en 1889, en 1893, en 1898, il continua à soutenir la politique radicale, entra à la commission du budget, reprit (1896) ses attaques contre les conventions «-qui ont livré les routes de France à la féodalité financière » et eut à ce sujet une polémique des plus âpres avec Raynal; puis il dénonça les abus de l'administration de la marine et son oligarchie bureaucratique et militaire, fit le procès de la haute finance (1897), critiqua vivement la situation des travaux publics et devint enfin rapporteur de la commission du budget de 1899, dont il défendit les résolutions devant la Chambre avec une conviction assez atténuée par l'idée que le bud get qu'il présentait ne répondait pas, dans ses grandes lignes, à la plupart de ses conceptions personnelles en matière de finances. 

Membre du Parti Radical-Socialiste en 1901, il entre l'année suivante au gouvernement Émile Combes, comme ministre de la Marine. Fonction qui lui donna l'occasion d'appliquer les idées qu'il avait défendues précédemment (notamment mesures en faveur d'une démocratisation de l'accès à la Marine), et qu'il conservera juqu'en 1905. Redevenu député (jusqu'en 1912), il vote (juillet 1905) la loi de séparation des Églises et de l'État.

Entre temps, il répandait son activité dans la presse, donnait avec éclat sa démission de rédacteur en chef du Rappel (1897) et collaborait avec Millerand et Jaurès à la Lanterne et à la Dépêche de Toulouse

On a de Camille Pelletan : les Associations ouvrières dans le passé (Paris, 1874, in-32); le Théâtre de Versailles. L'assemblée au jour le jour, du 24 mai au 25 février (1875, in-12); Questions d'histoire. Le Comité-central et la Commune (1879, in-12); la Semaine de mai (1880, in-12); Georges Clemenceau (1883, in-12); les Guerres de la Révolution (1884, in-12).
Adolphe-André Pelletan est un ingénieur né à Paris le 15 décembre 1848, mort le 9 août 1910 à Jougne (Doubs), frère du précédent. Entré à l'Ecole polytechnique en 1868 et à l'Ecole des Mines en 1870, nommé ingénieur ordinaire en 1874, promu ingénieur en chef en 1890, il est, à partir de 1879, professeur du cours préparatoire d'analyse et de géométrie descriptive, en même temps que chargé du cours de topographie à l'Ecole supérieure des mines, et, depuis 1895, chef du service des instruments de précision à l'Ecole nationale des ponts et chaussées. Il a été aussi ingénieur en chef du contrôle de I'exploitation technique du réseau P.-L.-M.
Il a publié, avec L. Durand-Claye et C. Lallemand, Lever des plans et nivellement (Paris, 1889).
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Dictionnaire biographique
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