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Parmentier (Antoine
Augustin), chimiste et agronome né à Montdidier
(Somme) le 17 août 1737, mort à Paris le 17 décembre
1813. Il perdit, tout jeune, son père, demeura jusqu'à dix-huit
ans auprès de sa mère, qui, peu fortunée, mais très
instruite, fit elle-même, avec l'aide d'un ecclésiastique,
son éducation, et, en 1755, se plaça chez un apothicaire
de Montdidier, d'où il passa, l'année suivante, chez un de
ses parents, qui exerçait à Paris la même profession.
On était au début de la guerre de Sept ans. En 1757, Parmentier
se fit admettre comme pharmacien dans l'armée de Hanovre. Il s'y
trouva sous les ordres de Bayen; qui le prit en
très grande affection, et, bientôt promu pharmacien en second,
il donna, au cours d'une épidémie, qui décima les
régiments français des preuves multipliées de talent
et de courageuse humanité. Entre-temps, il profita de son séjour
à Francfort-sur-le-Main, où il se lia avec un pharmacien
alors célèbre, Meyer, pour perfectionner, sous la direction
de ce savant praticien, ses connaissances chimiques, et, à son retour
à Paris, en 1763, il suivit les cours de Nollet,
de Rouelle, de Jussieu.
Nommé bientôt, au concours, apothicaire adjoint (1766), puis
apothicaire en chef (1772) de l'hôtel des Invalides ,
il vit, dans ces fonctions, son autorité méconnue par les
soeurs de la Charité, qui étaient en possession du service
depuis l'origine de l'établissement. Il fut contraint de leur laisser,
en fait, la direction des laboratoires, et il profita des loisirs que lui
laissait cette situation pour s'adonner à des travaux purement scientifiques.
L'Académie
de Besançon
avait, à la suite de la disette de 1769, institué un prix
pour récompenser le mémoire qui indiquerait la substance
végétale la plus propre à remplacer éventuellement
le pain. Parmentier, qui avait eu l'occasion, durant son séjour
en Allemagne, d'apprécier les qualités d'un légume
introduit par les Espagnols en Europe vers le milieu du XVIe
siècle, mais encore à peu près inconnu en France,
sauf dans quelques provinces du Midi, la pomme
de terre ,
communiqua sur cette solanacée
un travail et qui était intitulé Examen chimique de la
pomme de terre (Paris, 1773) et qui remporta le prix. Il s'employa
dès lors à combattre les préventions de toutes sortes
qui avaient cours contre cet aliment, et, ayant obtenu du gouvernement,
dans la plaine des Sablons, 54 arpents de terre, réputés
jusque-là absolument stériles, il les ensemença de
graines de pommes de terre. Il eut la satisfaction de pouvoir, au bout
de quelques mois, montrer aux nombreux incrédules, qui traitaient
son expérience de folie, de superbes pousses, et, avec les premières
fleurs, il composa un bouquet, qu'il alla solennellement offrir au roi.
On sait que Louis XVI en para sa boutonnière
et que la cour d'abord, puis le peuple, entraînés par le suffrage
du monarque, voulurent bientôt, à l'envi, goûter au
merveilleux tubercule. Il fallut, pour satisfaire aux demandes de graines
qui affluaient de tous les coins de la France, que Parmentier répétât
son essai dans la plaine de Grenelle. La pomme de terre, que François
de Neuchâteau proposa d'appeler parmentière, put
ainsi être rapidement répandue, et elle ne tarda pas à
prendre définitivement rang parmi les richesses agricoles du royaume.
Parmentier, qui avait donné les
moyens de composer avec ses pulpes et sa fécule, combinées
en égales quantités, un pain savoureux, sans aucun mélange
de farine, s'occupa ensuite d'améliorer les conditions de fabrication
du pain ordinaire lui-même. Il préconisa un procédé
de mouture économique, qui augmente le rendement en farine d'un
sixième, fit ouvrir à Paris une école pratique de
boulangerie, dont il reçut la direction, et résuma tous les
principes qu'il avait émis sur la question dans son Parfait boulanger
(Paris, 1778). Le maïs, la châtaigne, l'eau, le lait, le vin,
le sirop de raisin, qu'il proposa de substituer au sucre, furent également
et tour à tour l'objet de ses recherches et de ses écrits.
Durant la Révolution, il fut tenu en une certaine suspicion à
raison des anciennes faveurs royales et on le chargea seulement, malgré
la réputation que lui avaient acquise tant de travaux, de surveiller
les salaisons destinées à la marine, ainsi que la fabrication
du biscuit de mer. Mais le Directoire le comprit, lors de la réorganisation
de l'Institut (1795), parmi les premiers membres de la section d'économie
rurale, et, sous le Consulat, il fut successivement nommé professeur
d'économie politique et d'agriculture à l'École centrale,
président du conseil de salubrité du département de
la Seine, inspecteur général du service de santé des
armées et administrateur des hospices. Il donna dans ces diverses
fonctions, qu'il conserva sous l'Empire, de nouvelles preuves de son dévouement
au bien public, fit notamment beaucoup améliorer le pain du soldat.
Une trentaine d'années après sa mort, une
statue lui fut élevée sur l'une des places publiques de Montdidier.
(L.
S.).
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En
bibliothèque - Antoine Parmentier
rédigea un Code pharmaceutique (Paris, 1802; 4e éd.,
1811), dont les excellentes prescriptions devinrent presque aussitôt
d'une application à peu près générale, et contribua,
pour une grande part, à la propagation de la vaccine.
Outre
les ouvrages déjà cités, il a publié : Avis
sur la manière de faire le pain de pommes de terre (Paris, 1777);
Traité de la châtaigne (Paris, 1780); Recherches sur
les végétaux nourrissants qui dans les temps de disette peuvent
remplacer les aliments ordinaires (Paris, 1781); le Maïs ou
blé de Turquie (Bordeaux, 1785); Traité sur la culture
et les usages des pommes de terre, de la patate et du topinambour (Paris,
1789); Économie rurale et domestique (Paris, 1790, 8 vol.);
l'Art
de faire les eaux-de-vie et vinaigres (Paris, 1805); Formulaire
pharmaceutique (Paris, 1812), etc.
Antoine
Parmentier est, de plus, l'auteur d'un grand nombre de mémoires
et d'articles sur les engrais, la viticulture, la vinification, les vins
médicinaux, le chocolat, etc., parus dans divers recueils et journaux
scientifiques, notamment dans les Annales de chimie et le Journal
de pharmacie. |
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