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Palitzsch

Johannes-Georg  Palitzsch est un astronome né le 11 juin 1723, au village de Prohliz; près de Dresde. Il avait su, tout en exerçant la sa première profession de laboureur, acquérir par lui-même des connaissances fort étendues. Il avait étudié et appris l'astronomie, ainsi que les parties de la géométrie qu'elle suppose, comme la trigonométrie, rectiligne et sphérique. Il avait consacré les épargnes, fruits de ses sueurs, à se former un observatoire garni des instruments les plus nécessaires. Peu d'observations intéressantes lui échappaient, et.cela sans que ses occupations agricoles en souffrissent. Cependant il était encore complètement inconnu à l'Europe savante, lorsqu'une circonstance imprévue vint lui donner une célébrité qu'il ne cherchait pas.

C'était à la fin de l'année 1758 : l'attention des astronomes était fixée sur une prédiction de la plus haute importance. Il y avait déjà cinquante-trois ans que Halley, qui avait figuré si dignement dans la pléiade newtonienne, avait annoncé; pour 1758 ou 1759, le retour de la comète vue en 1305, en 1380; en 1456, en 1531, en 1607 et en 1682 (Comète de Halley). Clairaut, après des calculs effrayants de longueur et fondés sur l'analyse la plus élevée, sur la géométrie la plus profonde, avait, trouvé que l'action combinée de Jupiter et de Saturne devait occasionner, dans la marche de la comète, un retard de 618 jours, comparativement au temps de la dernière période; et, au mois de novembre 1758; à la rentrée publique de l'Académie des sciences, il annonça que la comète devait passer à son périhélie vers le milieu d'avril suivant. D'un autre côté, divers astronomes avaient déterminé sur des cartes ou sur des globes célestes les principaux points des routes différentes que la comète devait suivre dans différentes hypothèses de passage au périhélie, presque de mois en mois, depuis le milieu de 1757 jusqu'au-milieu de 1759. Messier, observateur placé sous la direction de l'astronome Delisle, à l'observatoire du dépôt de la marine, avait cherché la comète pendant une année et demie, en se guidant sur ces cartes hypothétiques : le ciel ayant été fort couvert pendant les mois de novembre et décembre 1758; ses recherches furent entravées, et ce ne fut que le 21 janvier 1759; qu'il eut le bonheur de voir la comète pour la première fois. Rien n'égalait la joie que ressentait Delisle, alors le patriarche de l'astronomie. Cependant on avait été encore plus heureux en Allemagne sans que l'on en eût profité pour des observations précises.

Le 21 janvier 1759, on publia à Leipzig un Mémoire en allemand, ayant pour titre : "Preuve de l'apparition réelle de la comète qui a paru en 1682, et qui, suivant la théorie de Newton, a été prédite par M. Halley, et des apparitions qu'elle aura dans la suite du temps; donné par un amateur de l'astronomie." Dans ce Mémoire de quinze pages in-4°, on annonce que la comète est réellement visible, quoiqu'on ne puisse l'observer qu'avec des télescopes, l'auteur du Mémoire s'étant servi d'une lunette astronomique de trois pieds pour la voir. "II était réservé, dit l'auteur, à un paysan de Saxe, nommé Palitzsch, à Prohliz, près de Dresde, de découvrir le premier cette comète, sans connaître le prix de sa découverte; ses observations des 25 et 27 décembre 1758, avec celle du docteur Hoffman, amateur d'astronomie, faite le 28 décembre, ont servi à faire reconnaître que c'est bien la comète de 1682 qui est de retour... "

Malgré cette publication, tous les astronomes de l'Europe ignorèrent d'abord que la comète eut été vue dès le 25 décembre 1758, y compris Delisle qui continua à la faire observer par Messier tout seul, en secret, jusqu'au 14 février, époque où elle cessa d'être visible à cause de sa proximité du Soleil. Lorsque Delisle donna avis de l'apparition, après le 1er avril, la comète, émergeant des rayons solaires, venait d'être remarquée à Lisbonne et à Bologne. Godin la vit à Cadix peu de jours après. Ce ne fut que dans les Mémoires lus à l'Académie en 1760, que tous ces détails furent révélés. Delisle vit de ses yeux la brochure publiée à Leipzig le 24 janvier 1759, comme il l'annonce lui-même.

Quant à Palitzsch, dont cette remarquable découverte fera vivre la mémoire il continua à suivre son goût pour l'astronomie et pour les sciences d'observation. L'histoire naturelle et la botanique faisaient ses délices. Il s'était composé un cabinet de productions naturelles très bien ordonné, ainsi qu'un jardin de plantes rares qu'il cultivait avec soin, et dont il était parvenu à acclimater quelques-unes Sa modestie était extrême : il s'est toujours refusé à donner sur sa vie les détails qu'on lui demandait. Palitzsch mourut dans son village de Prohliz à la fin de février 1788; il était devenu correspondant de la Société royale de Londres et de l'Académie de Saint-Pétersbourg.

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Dictionnaire biographique
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