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Les
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S. Beau 2004 |
Palante
(Georges Toussaint Léon). - Philosophe né le 20 novembre
1862 à Blangy-les-Arras, petite commune du Pas-de-Calais entièrement
détruite durant la première guerre mondiale, mort le 5 août
1925, à Hillion près de Saint-Brieuc. Ses parents sont originaires
de Liège. Les informations manquent sur son enfance car Palante
a toujours été discret sur sa vie privée. Garçon
timide, il a poursuivi une scolarité sans histoire, d'abord à
Arras, puis au Lycée Louis le Grand. Dans Les Grèves,
Jean Grenier, qui a été son ami, écrit que dans la
maison de ses parents « régnait la discorde », et que
« les vives discussions étaient suivies de silences mortels
et de bouderies qui duraient des semaines ». Difficile de savoir
ce que Palante a retenu de cette enfance en demi-teinte. Ce que l'on sait,
c'est que cet ardent pourfendeur de toutes les structures sociales broyeuses
d'individualité n'a quasiment rien
écrit sur la famille. Le seul texte qu'il consacre au sujet (L'Esprit
de famille et la morale familiale, Revue socialiste, 1901; repris
dans Combat pour l'Individu, 1904) se limite essentiellement à
une condamnation du mariage en tant qu'institution bourgeoise et de la
« Dame » en tant que garante de l'ordre social établi.
Très tôt, Georges Palante
apprend qu'il souffre d'une maladie dégénérative grave
: l'acromégalie, maladie qui entraîne un accroissement démesuré
des extrémités du corps (mains, pieds, etc.). Cette maladie
invalidante ira en s'aggravant tout au long de sa vie. En 1883, jeune licencié,
il devient professeur de philosophie. Il
se déplace alors de villes en villes, au gré des mutations
: Aurillac L'œuvre écrite de Georges Palante est assez peu volumineuse, non pas parce qu'il manquait d'inspiration, mais parce qu'il n'avait pas pour habitude d'écrire pour ne rien dire. Son sujet principal a été la défense de l'individu contre toutes les violences infligées par la vie en société. En 1893, il traduit de l'allemand La Question sociale est une question morale de Théobald Ziegler. Ce livre lui ouvre probablement les portes de revues prestigieuses telles que la Revue Philosophique de la France et de l'Etranger, la Revue du Mercure de France, la Revue Socialiste, La plume ou la Revue Internationale de Sociologie. En 1899, il publie son premier article : l'Esprit de corps. Deux ans plus tard, il fait paraître aux éditions Alcan son Précis de Sociologie, ouvrage dans lequel son attirance pour Nietzsche s'affirme clairement, et où il prend ouvertement position contre Durkheim. En 1904, il rassemble quinze articles qu'il publie sous le titre de Combat pour l'Individu. Cinq ans plus tard, il recommence avec cinq nouveaux articles qu'il réunis dans la Sensibilité Individualiste. Dans le courant de l'année 1912
il publie deux livres : La Philosophie du Bovarysme - Jules de Gaultier,
et Les Antinomies entre l'Individu et la Société.
Ce second volume reprend en réalité le texte de la thèse
qu'il avait envisagé de présenter à la Sorbonne Dans une lettre adressée à Camille Pitollet - un de ses premiers biographes - Palante laisse entendre qu'il a voulu tenter une expérience en provoquant la Sorbonne et ses représentant et que le résultat a été en cohérence avec ses prévisions... Peut-être... Mais l'explication apparaît trop simple. On ne travaille pas des années durant (de 1907 à 1911) sur une thèse juste pour jouer un tour à la Sorbonne. On peut supposer qu'au fond de lui Palante espérait, sinon une forme de reconnaissance, au moins une mise en débat plus positive de ses idées. En 1914, Georges Palante fait paraître le texte de sa thèse complémentaire (Pessimisme et Individualisme) qu'il a préféré retirer suite au rejet de sa thèse principale. A partir de là, et mis à part une ou deux plaquettes de circonstance, Palante ne publiera plus de livres. Les raisons de ce silence - relatif - sont multiples. Bien sûr, il y a sa maladie qui, les années passant, le fatigue de plus en plus. Mais il y a surtout son travail au sein du Mercure de France où il tient, à partir de 1911, la Chronique Philosophique. Cette activité qui l'oblige à lire un nombre impressionnant d'ouvrages, parfois sans grand intérêt, lui prend beaucoup de temps. Mais c'est également une activité qui lui procure un véritable plaisir et où il peut déployer pleinement son talent de polémiste. On considère trop souvent ses chroniques philosophiques comme étant secondaires alors qu'elles constituent peut-être la partie la plus vivante de son œuvre. A la fin de l'année 1922, Georges Palante rend compte, dans une de ses chroniques, de La philosophie officielle et la Philosophie, dernier livre de son ami Jules de Gaultier. Seulement, alors qu'il avait toujours parlé favorablement des travaux de ce dernier, il se montre cette fois dubitatif et peu enthousiaste, et il le dit. Jules de Gaultier n'apprécie pas et demande un droit de réponse. Palante répond à cette réponse et Jules de Gaultier réplique de nouveau. Le ton monte. Alfred Valette, le directeur de la revue, décide de couper court à la polémique. Palante, vexé, lui envoi sa démission, et les protagonistes poursuivent leur querelle, qui glisse du débat philosophique à l'échange d'injures, au sein des Belles Lettres. Au final, Jules de Gaultier provoque Palante
en duel à l'épée. Ce dernier accepte le défi,
malgré son handicap physique et sa quasi incapacité à
se mouvoir normalement, mais ses témoins font avorter le projet.
Palante s'estime déshonoré. Quelle part accorder à
cette querelle et à son humiliante conclusion dans le suicide final
de Palante? Difficile à dire. Toujours est-il que deux ans plus
tard, le 5 août 1925, après avoir régularisé
par le mariage sa relation avec Louise Pierre, sa concubine depuis plusieurs
année, il se tire une balle dans la tempe dans sa petite maison
d'Hillion, en Bretagne. (Stéphane
Beau
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