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Orlov

Les Orlov sont une famille noble russe, qui a eu de nombreux représentants dans l'armée et la diplomatie russe. Son origine n'est pas nettement établie, et l'on prétend parfois qu'elle vient d'Allemagne. On la rattache en général à un certain Ivan Orlov, qui aurait été un vieux Strelitz ; conduit devant Pierre le Grand, à Moscou, en 1689, pour y être exécuté avec un groupe de mutins (L'Empire de Pierre), il montra un tel courage, répondant à des reproches : « Tu fais bien de nous punir, autrement tu n'aurais jamais de repos », que Pierre le Grand le gracia et le nomma officier dans la garde. Les principaux membres de cette famille sort : 
Gigorii-Grigorievitch, petit-fils d'Ivan, né le 17 octobre 1734, mort à Moscou le 24 avril 1783. Il prit part à la guerre de Sept Ans et fut un des auteurs du détrônement de Pierre III, qui amena, le 9 juin 1762, Catherine II sur le trône (Catherine II, entre ombre et Lumières). Il devint le favori de l'impératrice, fut nommé général en chef, comte russe (1762) et prince romain par l'empereur Joseph II (1772). Envoyé au congrès de Fokschani, il s'empressa de revenir en apprenant que Potemkine l'avait supplanté dans les faveurs de Catherine II. Il vécut ensuite dans la retraite, à Moscou. De son alliance (et peut-être mariage morganatique) avec Catherine est issue la famille des comtes Bobrinskii.
Alexis-Grigorievtch, frère du précédent, né en 1737, mort à Moscou le 5 janvier 1808. Sa fortune date du renversement de Pierre III en 1762; il paraît établi qu'il frappa de sa propre main l'empereur, dans le château du comte Razoumovskii, à Ropscha, où il avait été enfermé. Général en chef, il commanda la flotte russe lors de la célèbre bataille navale de Tchemenski, dans l'archipel (5 juillet 1770); il reçut le titre de comte de Tchemenski. Banni sous l'empereur Paul, il mourut à Moscou. Il s'était occupé beaucoup de l'élevage des chevaux et avait obtenu une race de chevaux de course connue sous le nom d'Orlov.
Fédor-Grigorievitch, frère du précédent, né en 1741, mort à Moscou en 1796. Il prit part au coup d'État de 1762, ainsi qu'à la guerre contre les Turks (1770), où il se signala à Navarin, et, fut nommé général. L'impératrice anoblit ses cinq fils naturels, à qui elle permit de porter le nom de leur père.

Wadimir Grigorievitch; le plus jeune des frères, né en 1743, mort en 1832, fut directeur de l'Académie des Sciences et contribua à l'organisation de l'expédition de Pallas.
Grigorii Wladimirovitch, son fils, né en 1777, mort à Saint-Pétersbourg le 4 juin 1826, passa la plus grande, partie de sa vie à Paris et en Italie. Il a laissé plusieurs ouvrages : Mémoires historiques, politiques et littéraires sur le royaume de Naples (1825), Voyage dans une partie de la France (1824).
La maison des comtes Orlov s'éteignit dans la ligne masculine légitime avec Grigorii-Vladimirovitch, mais le nom fut conservé par les fils naturels du comte Fedor-Grigorievitch. 
Le principal de ceux-ci fut Alexis, né en 1787, mort à Saint-Pétersbourg le 21 mai 1861. Il prit part aux guerres contre la France pendant l'Empire, contribua beaucoup, en 1825,à la répression du soulèvement de la garde, fut nommé comte, prit part à la guerre de Turquie (1828-29), assista comme ministre plénipotentiaire à la conclusion du traité d'Andrinople (14 septembre 1829) et fut envoyé ensuite comme ambassadeur à Constantinople. En 1832, il fut envoyé à Londres. En 1833, il commanda les troupes russes et fit signer ensuite au sultan le traité d'Hunkiar-Skelessi. En 1844, il devint commandant en chef de la gendarmerie et chef de la police secrète. Il accompagna l'empereur Nicolas dans tous ses voyages, en particulier à Olmütz et Berlin en 1853. En 1856, il fut l'un des représentants de la Russie, qui signèrent le traité de Paris; il fut à la même époque nommé prince.
Nicolas-Alexievitch (prince), fils unique du précédent, né en 1827, mort à Fontainebleau le 29 mars 1885. Il a assisté au siège de Silistrie ou il perdit un bras et un oeil. Diplomate et écrivain, il fut ministre à Bruxelles de 1860 à 1870, puis ambassadeur à Paris (1870-82) et à Berlin (1882-85). Il a laissé : Au sujet de la guerre de 1806 (1856) et publié un Mémoire sur l'abolition des punitions corporelles, qui a beaucoup contribué à leur abolition (ukase du 17 avril 1863). (Ph. B).
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Dictionnaire biographique
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