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L'Occasionalisme

On a donné le nom d'Occasionalisme ou Occasionnalisme au système des causes occasionnelles, qui s'applique surtout aux rapports de l'âme et du corps, et d'après lequel l'âme et le corps ne pourraient agir l'un sans l'autre. C'est Dieu même qui, à l'occasion des idées ou sentiments de l'âme, produirait  dans les corps des mouvements correspondants et vice versa. 

L'occasionnalisme absolu serait la négation de toute réalité et de toute puissance propre inhérente aux êtres finis. L'occasionnalisme mitigé, comme celui de Descartes, repose sur une équivoque : on ne s'explique pas, en effet, comment, Dieu étant la substance et la cause unique, il peut rester quelque substantialité ou quelque causalité réelle à des êtres qui ne sont pas des parcelles de Dieu. De là l'embarras de Descartes à expliquer le monde autrement que par le système de la création continuée, c'est-à-dire en supposant que Dieu agit lui-même, toujours et directement, dans les évolutions successives du monde qu'il dirige. 

Ce système a été développé par Malebranche, ordinairement considéré comme le père de la théorie des causes occasionnelles, puis par Geulincx, qui examine surtout les rapports de l'âme et du corps. On ne peut admettre l'action de deux substances l'une sur l'autre. Pour produire un effet physique en dehors de l'âme, il faut une puissance divine. Seulement, Leibniz, grâce à son harmonie préétablie, admet que la puissance divine prédétermine une fois pour toutes le corps et l'âme à se correspondre comme deux horloges; suivant Geulincx, c'est à l'occasion de chaque volonté de l'âme que Dieu intervient pour mouvoir le corps dans le sens où l'âme l'a voulu. (NLI).

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Dictionnaire Idées et méthodes
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