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Les
gens
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| Isaac Newton |
| Aperçu | La vie | L'oeuvre | La philosophie |
| Newton,
philosophe et théologien
Un esprit aussi puissant, aussi compréhensif
que celui d'Isaac Newton ne pouvait se désintéresser
des problèmes qui dominent la science de la nature et à la
solution desquels cette science demeure, en fin de compte, suspendue. Loin
de là, ils lui furent sans cesse présents et nous avons de
lui des affirmations précises que, lorsqu'il procédait à
ses plus admirables découvertes il ne les perdait pas pour cela
du regard. Même il est à remarquer que ses méditations
sur la philosophie Descartes, dans ce Discours de la Méthode qui formait l'introduction à ses premiers grands écrits mathématiques, avait énoncé les règles générales qu'il s'était à lui-même tracées et grâce auxquelles, parti du doute, puis muni d'un irréfragable critérium de certitude, il avait été conduit aux plus importantes vérités. Isaac Newton n'a pas écrit un discours de ce genre et les Lemmes sur lesquels s'ouvrent les Principia nous jettent, dès l'abord, en pleine mathématique. Lui-même d'ailleurs a pris soin de faire l'observation que, dans les deux premiers livres de son ouvrage, il avait traité plutôt en mathématicien qu'en physicien les principes de « la philosophie naturelle ». C'est dans le troisième livre de cet ouvrage que, soutenu par « ces principes mathématiques», il entreprend d'« expliquer le système général du monde ». Mais, avant de procéder à l'exposition de ce système, Newton formule les règles qu'il faut suivre dans l'étude de la physique. La méthodologie qu'elles constituent est assurément un peu courte et d'un objet trop limité. Elles n'en sont pas moins singulièrement instructives sur la nature de la certitude scientifique telle que la concevait ce grand esprit et sur les seules voies par lui admises comme capables d'y conduire. Ces règles sont au nombre de quatre : 1 ° « Il ne faut admettre de causes que celles qui sont nécessaires pour expliquer les phénomènes. »De ces quatre règles, les deux premières supposent cette arrière-pensée métaphysique qu'Aristote énonçait contre Speusippe : que la nature n'est pas un mauvais poème, formé d'épisodes plus ou moins heureusement assemblés. « Elle ne fait rien en vain, » déclare, avec l'Antiquité Il importe de remarquer ces mots de la quatrième règle malgré les hypothèses contraires. A bien des reprises, dans ses écrits, Isaac Newton a témoigné de son dédain pour les hypothèses. Et, à la dernière page de ses Principes, nous lisons ce passage dont les premiers mots ont été si souvent cités : « ... Je n'imagine point des hypothèses (hypotheses non fingo). Car tout ce qui ne se déduit point des phénomènes est une hypothèse; et les hypothèses, soit métaphysiques, soit physiques, soit mécaniques, soit celles des qualités occultes, ne doivent pas être reçues dans la philosophie expérimentale. »Ce qu'il appelle de ce nom par lui méprisé, ce sont donc les conceptions arbitraires de l'esprit, arrêtées a priori et imposées par une sorte de violence à la nature, dont elles ne reproduisent en rien l'ordre réel et permanent. Mais des lois présumées, dès lors que l'observation et l'analyse des phénomènes ont conduit à les dégager, si restreint que soit encore le domaine où se trouveraient compris les faits qui les ont suggérées, n'ont rien qui permette de les assimiler à des hypothèses au sens que nous venons de dire. Loin de là : elles donnent lieu aux plus légitimes des certitudes et, selon toutes probabilités, l'auteur des Principes estimait que la même méthode qui lui avait apporté ses belles découvertes physiques était celle aussi qu'il fallait suivre pour s'élever aux vérités les plus hautes de la religion et de la morale. Cette religion, indépendamment de
toute révélation miraculeuse particulière, la raison
à elle seule, en dégageant du spectacle de l'univers les
leçons que ce spectacle comporte, réussirait à en
fonder le principe. Ici encore, c'est donc des
phénomènes
qu'il faut partir pour aller ,jusqu'à cette suprême existence
qui en consomme l'unité. La découverte
de Dieu « Cet admirable arrangement du SoleilRien en tout ceci qui rappelle, de près ou de loin, les démonstrations chères aux maîtres de l'ontologie et uniquement assises sur de pures idées. Et un peu plus bas : « On voit que celui qui a arrangé cet univers a mis les étoiles fixes à une distance immense les unes des autres, de peur que ces globes ne tombassent les uns sur les autres par la force de la gravité. »La théologie « Cet être infini, dit-il, gouverne tout, non comme l'âme du monde, mais comme le Seigneur de toutes choses. Et, à cause de cet empire, le Seigneur Dieu s'appelle pantokratwr, c.-à-d. le Seigneur universel. Car DieuIl ajoutera : « La domination d'un être spirituel est ce qui constitue Dieu; [...] le vrai Dieu est un Dieu vivant, intelligent et puissant; il est au-dessus de tout et entièrement parfait. »Mais ces hautes spéculations dont Newton était possédé jusqu'à s'aventurer, si nous en croyons une conjecture de Coste, le traducteur français de Locke, dans les régions mystérieuses de la théosophie Dieu, dit-il, « n'est pas l'éternité ni l'infinité, mais il est éternel et infini; il n'est pas la durée ni l'espace, mais il dure et il est présent: il dure toujours et il est présent partout; il est existant toujours et en tout lieu, il constitue l'espace et la durée. »Et cependant combien en ce morceau même les derniers mots : « il constitue l'espace et la durée », pour peu qu'on les pressât, auraient de gravité! Dans quelle mesure faut-il prendre à la lettre, ce que, par ailleurs, il dit de l'espace infini, véritable sensorium par l'intermédiaire duquel Dieu Comme on le voit, la partie de la philosophie |
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©Serge Jodra, 2007. - Reproduction interdite.