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Nesselrode
(Ch.-Robert, comte de), né en 1780 à Lisbonne,
où son père, diplomate saxon au service de la Russie ,
remplissait les fonctions de ministre plénipotentiaire, entra d'abord,
dans l'armée russe; mais sa vocation le porta bientôt vers
la carrière diplomatique, dont il occupa successivement les grades
secondaires, de 1802 à 1811, à Berlin
à Stuttgart et à La Haye .
Nommé conseiller d'ambassade à Paris,
il joua dans ce poste un rôle important jusqu'au moment où
la guerre de Russie éclata, devint un des premiers diplomates de
son pays, et prit part à tous les actes de la politique russe pendant
les années 1813, 1814 et 1815. Il fut appelé en 1816 par
l'empereur Alexandre Ier,
à la direction des affaires étrangères, qu'il partagea
d'abord avec le comte Capo d'Istria, mais dont il ne tarda pas à
rester seul chargé, et c'est lui qui donna à la politique
russe l'impulsion qu'elle a suivie aux congrès d'Aix-la-Chapelle,
de Troppau (Ostrava) ,
de Laibach et de Vérone .
Il demeura ministre des affaires étrangères sous l'empereur
Nicolas, et il fit preuve d'une grande habileté clans la conduite
des vues de la Russie relatives à la Turquie .
Lorsque la révolution de Juillet, qui fut bientôt suivie de
la révolution belge, éclata à Paris en 1830, il fit
prévaloir la politique de conciliation qui empêcha le tsar
de provoquer une lutte européenne. Son activité était
tournée vers l'Orient, où il étendit considérablement
la puissance russe, notamment par le traité d'Unkiar-Skélessi,
qui mit la Turquie à la disposition de la Russie (1833). Il eut
aussi une grande part au traité du 15 juillet 1840, qui écarta
la France
du concert européen. En 1848, comme en 1830, il engagea son souverain
à se maintenir dans un système d'abstention, auquel la politique
russe dérogea toutefois pour intervenir en Hongrie .
Il termina sa longue carrière diplomatique par sa participation
au traité de Paris en 1856, et se retira des affaires en conservant
les fonctions de chancelier de l'empire. Il mourut en 1862. |
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