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Nabuchodonosor

Nabuchodonosor, forme donnée par les Septante au nom babylonien Nabu-kuddur-usur (Nebo protège la tiare), nommé plus correctement par Strabon' Nabocodrossorus
Nabuchodonosor Ier régna de 1257 à 1240 av. J.-C. et semble avoir mis de côté l'ancienne dynastie élamite qui avait occupé le pouvoir pendant 576 ans. Il paraît qu'il soumit à son sceptre presque toute la Chaldée.

Nabuchodonosor II, fils de Nabopolassar, succéda à son père en juin 605 av. J.-C.; à un âge fort jeune, il avait déjà géré les affaires et avait contribué à la destruction de Ninive et du pouvoir des Assyriens. La faiblesse de l'Assyrie avait encouragé l'un des rois les plus entreprenants, que l'Egypte ait eus, à s'emparer de l'Asie, Le pharaon Nécho s'était avancé en Palestine, avait vaincu et tué le roi de Juda, Josias, à Megiddo, le Magdolos d'Hérodote (609), soumis toute la Syrie jusqu'à Carchémis, que le même auteur nomme Cadytis, traduction du mot « la sainte », nom que la ville de Carchémis portait encore plus tard - Hiérapolis - et qu'elle porte encore sous la forme corrompue de Djerablous. C'est en partant de Carchémis, comme base de ses opérations, que l'Egyptien prévoyant pensait soutenir Ninive dont la chute pouvait le menacer lui-même. 

A peine Ninive prise, Nabuchodonosor, devenu roi, battit les Egyptiens, les chassa de Carchémis et mit fin à leur empire en Asie. Il envahit à son tour la Judée, remplaça le roi Jojachin par son oncle Sédécias (en 598) et se tourna contre d'autres peuples de l'Asie occidentale. Mais lorsque Sédécias montra des velléités d'indépendance, il mit le siège devant Jérusalem, qu'il interrompit à cause de l'attitude menaçante du pharaon. Enfin, il assiégea de nouveau Jérusalem, prit la ville d'assaut et détruisit le Temple de Salomon (le dimanche 27 août 587 av. J.-C.). Il traita le roi captif avec une cruauté inouïe : il l'aveugla et il massacra ses enfants. 

Tous les Hébreux furent envoyés en captivité, dont Cyrus les releva un demi-siècle plus tard. Pendant treize ans, il assiégea  Tyr, envahit à son tour l'Egypte, et, d'après une légende que Mégasthènes, l'historien de l'Inde, a transmise à Strabon, il passa pour l'un des plus grands conquérants de l'histoire; d'après cette notice, il aurait traversé l'Afrique septentrionale et aurait pénétré jusqu'en Espagne

Malheureusement, nous ne possédons aucun texte historique de ce monarque puissant; beaucoup de documents émanant de lui rendent compté de ces grandes entreprises architectoniques qui firent de Babylone la plus grande cité que le soleil ait jamais éclairée. C'est lui qui entoura Babylone de ses grandes enceintes, qui bâtit les jardins suspendus, qui embellit et agrandit les grands palais de Babylone. Il fit une cité de merveilles de sa capitale, dont la splendeur est restée proverbiale jusqu'à nos jours.

La légende a dû naturellement s'emparer de cet homme qui avait, dans ses grandes conquêtes, fait sombrer le royaume de Judée. Les contes fabuleux du Livre de Daniel le prouvent suffisamment : il y est dit que Dieu, pour le punir de son orgueil, lui fit manger de l'herbe comme un boeuf pendant sept ans. Il faut remarquer que cette circonstance ne semble pas avoir affecté ses facultés gouvernementales, car il n'a jamais cessé de régner pendant les quarante-trois ans qu'il exerça le pouvoir royal : cela est prouvé par les centaines de textes privés qui sont connus comme émanant de toutes les années pendant toute la durée de son long règne. 

Nabuchodonosor mourut au mois d'août ou de septembre de l'an 562 av. J.-C. et laissa le trône à son fils Evilmerodach, qui régna deux ans. Le Belsazzar de Daniel, que les Septante nomment Balthazar, n'a jamais été le fils et le successeur de Nabuchodonosor, ainsi que le dit le Livre de Daniel, contredit sur ce point par les textes des auteurs classiques et surtout par la Bible elle-même, puisque, en conformité des sources profanes, Jérémie et les Livres des Rois nomment Evilmerodach comme successeur de Nabuchodonosor.

Nabuchodonosor III fut le titre qu'usurpa un imposteur nommé Nidintabel, qui s'insurgea contre le joug perse après la chute du mage Gomates, le pseudo-Smerdis, en septembre 521 av. J.-C. Darius Ier marcha contre Babylone immédiatement après son avènement, franchit le Tigre, battit les Babyloniens à Zazana (décembre 5214) et mit le siège devant la ville chaldéenne. Il assiégea longtemps la grande cité, non pas vingt mois, comme le dit Hérodote, mais à peu près un an. Pendant ce temps, les affaires ne furent pas interrompues, car nous possédons de cette époque une douzaine d'actes obsidionaux faits pendant le siège et datés tous dit règne de Nabuchodonosor, roi de Babylone. Il se donnait comme Nabuchodonosor, fils de Nabonid, qui probablement avait disparu d'une manière mystérieuse; il fut pris et mis à mort par Darius.

Nabuchodonosor IV était le nom usurpé d'un Arménien Arakha, qui, vers 513 av. J.-C., se fit roi en se prétendant le vrai fils de Nabonid. Après un règne éphémère, il fut pris par un général de Darius et crucifié avec ses partisans.

Le nom de Nabuchodonosor figure encore dans le roman de Judith, composé dans un esprit patriotique, du temps de la révolte de Bar-Kokaba, sous Hadrien. Tout y est invention et il est naïf de vouloir assimiler ce Nabuchodonosor apocryphe à un roi assyrien authentique portant un autre nom. (J. Oppert).
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Dictionnaire biographique
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