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Joachim Murat.
- Fils d'un aubergiste, né à la Bastide, près de Cahors,
en 1767 ou 1768, acheva à Toulouse ses études commencées
à Cahors. Il était destiné à la carrière
ecclésiastique; mais il embrassa avec enthousiasme les idées
révolutionnaires, et s'engagea dans un régiment de chasseurs.
Il entra ensuite dans la garde constitutionnelle de Louis XVI, et passa,
après le licenciement de ce corps, dans un régiment de chasseurs,
avec le grade de sous-lieutenant. Il se fit remarquer à l'armée
d'Italie par le général Bonaparte, dont il devint aide de
camp, et obtint, par son impétueuse bravoure, le grade de général
de brigade. Il suivit Bonaparte en Egypte, et fut fait général
de division à la suite de sa valeureuse conduite à Aboukir.
Revenu en France avec Bonaparte, il coopéra activement au coup d'État
du 18 brumaire. Il fut alors nommé commandant de la garde consulaire,
et épousa, en 1800, Caroline Bonaparte, la plus jeune des soeurs
du premier consul. Il dirigea la cavalerie à la bataille de Marengo,
commanda l'armée d'observation en Italie, et gouverna la république
Cisalpine. Elu député au Corps législatif en 1803,
il fut nommé en 1804 gouverneur de Paris, maréchal de l'empire,
grand amiral, et créé prince. Il se signala dans la campagne
de 1805 contre les Autrichiens, et contribua au succès de la bataille
d'Austerlitz, où il commandait la cavalerie. Il fut fait, en 1806,
grand-duc de Berg. Il se distingua à la tête de la cavalerie
à léna, à Eylau et à Friedland. Chargé
du commandement de l'armée qui envahit l'Espagne en 1808, il occupa
Madrid et engagea le roi Charles IV et son fils Ferdinand à se rendre
auprès de Napoléon Ier, à
Bayonne. Il visait au trône d'Espagne; mais Napoléon le
le plaça sur celui des Deux-Siciles, le 1er août
1808, sous le nom de Joachim-Napoléon. Il ne régna cependant
que sur la partie continentale de cet Etat, et le roi Ferdinand Ier de
Bourbon demeura en possession de la Sicile. L'air martial de Murat
plut aux Napolitains. Il les gouvernait depuis quatre ans, lorsqu'il partit,
en 1812, pour la campagne de Russie. Il commanda encore une fois la cavalerie
de la grande armée avec sa brillante valeur. Chargé par Napoléon
Ier de diriger la retraite, il laissa bientôt ce commandement au
prince Eugène, et retourna dans son royaume. Il revint, en 1813,
prendre part aux batailles de Dresde et de Leipzig. Mais, lorsqu'il vit
la fortune abandonner Napoléon Ier
, il reprit le chemin de Naples, et se ligua, en 1814, pour conserver son
trône, avec les puissances coalisées contre son beau-frère.
Lorsqu'il apprit ensuite le retour de Napoléon Ier
de l'île d'Elbe, en 1815, il se retourna de son côté,
attaqua les Autrichiens sans plan raisonnable, suivant l'expression de
Napoléon Ier, fut défait à Tolentino en mai 1815,
et précipité du trône, Il se retira en France, d'où
il passa en Corse. Il tenta de rentrer dans son ancien royaume à
la tête de quelques partisans; mais une tempête dispersa sa
flottille, et il débarqua presque seul près de Pizzo. Il
fut pris, condamné à mort par une commission militaire, et
fusillé en octobre 1815. |
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