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Jean-Baptiste
Michel Morin
est un mathématicien et médecin né
à Villefranche en Beaujolais
en 1583, mort en 1656 à Paris. Il s'adonna surtout à l'astrologie ,
ce qui le mit en rapport avec de grands personnages. Il obtint une pension
de Mazarin et fut
chargé de tirer l'horoscope de Louis
XIV. Il succéda, en 1630, à Sinclair, dans la chaire
de mathématiques, au collège
Royal de France.
Adversaire déclaré
du Système de Copernic, il soutenait,
avec une vivacité extrême, contre Gassendi
et Bernier, l'immobilité de la Terre,
dans son Famosi problematis de telluris motu vel quiete hactenus optata
solutio; Paris, 1631, in-4°. Cet écrit provoqua de vives
critiques. Morin y répondit par
Responsio pro telluris motu
(1634), et par Tycho-Braheus in Philolaum pro telluris quiete (1642).
Gassendi entra en lice, suivi de près par ses amis Bernier et Laurent
de Mesmos; la discussion dégénéra en une querelle
violente, qui fit beaucoup de bruit.
Poussé dans
ses derniers retranchements, Morin lança contre Gassendi un grand
nombre de diatribes, telles que Ala telluris fracta (1643); (1650);Panurgi
Epistola de tribus impostoribus (1654), etc. |
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Morin
suscita une querelle non moins vive au sujet de la détermination
des longitudes. Mais cette fois ses adversaires (parmi lesquels on remarque
Mydorge
et Beaugrand) eurent les torts de leur côté.
La méthode de Morin consistait à observer en même temps
ou dans des temps très rapprochés la hauteur
de la Lune ,
celle d'une étoile dont la position était suffisamment connue,
ainsi que la distance de l'une à l'autre.
"Au
moyen de ces éléments, ajoute Montucla, il montrait comment,
à une heure
quelconque, en mer, on pouvait déterminer la déclinaison
et l'ascension droite
de la Lune, conséquemment sa latitude
et sa longitude ,
ou son lieu dans le ciel. Il fallait calculer ensuite, d'après les
meilleures tables ,
celles de Kepler par exemple, l'heure à
laquelle la Lune avait cette même position dans le ciel, pour le
lieu auquel ces Tables étaient destinées, et dont
la longitude était connue. La différence des temps convertie
en degrés devait donner la longitude du vaisseau pour le moment
de l'observation." (
Montucla, Histoire des mathématiques, t. IV, p. 544.).
L'ouvrage où
Morin a exposé sa méthode a pour titre : Astronomia jam
a fundamentis integra restituta, complectens IX partes hactenus optatae
scientiae longitudinum coelestium; Paris, 1640, in-4°. En 1634,
le cardinal Richelieu, qui protégeait
Morin, nomma une commision de savants pour examiner sa méthode des
longitudes. Les commissaires rendirent d'abord un rapport favorable; puis
ils se ravisèrent, et, dans un nouveau rapport, ils traitèrent
Morin avec une sévérité regrettable. Ce qu'il y a
de certain, c'est que sa méthode laisse beaucoup à désirer,
et qu'il est loin d'avoir résolu le problème qu'il s'était
proposé. (Hoefer, 1873). |