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Morès
(Antonio Amedeo Maria Vinncenzo Manca, marquis de), politicien français,
né à Paris le 15 juin 1858, mort à Sinaoum (Sahara )
le 8 juin 1896. Fils du duc de Vallombrosa et de Mlle des Cars. Elève
de Saint-Cyr, il servit dans les cuirassiers et les hussards et il quitta
l'armée en 1882, après son mariage avec Mlle Medorah-Marie
Hoffmann, fille du richissime banquier de New-York. Très actif,
très entreprenant, il fonda en 1883 la ville de Medorah dans les
solitudes de l'Ouest américain et s'y livra en grand à l'élevage
du bétail. Il n'y réussit pas et en 1888 il visita les Indes
et le Tonkin, rêvant de créer un chemin de fer de pénétration
en Chine. Revenu en France, au fort de l'agitation boulangiste, il s'y
jeta avec l'ardeur peu réfléchie qu'il apportait en toutes
choses. Après la ruine du boulangisme, il sombra tout entier dans
l'antisémitisme. Il collabora à l'Assaut, publia des
brochures, ce qui lui valut une condamnation à trois mois de prison
(1891); il fut un des premiers collaborateurs de la Libre Parole
(1892), ce qui lui valut une série de duels : avec Camille Dreyfus,
avec M. Isaac, avec le capitaine Mayer qu'il tua, avec le capitaine Cremieu-Foa.
Le général
Boulanger étant mort, le marquis de Morès, dont le besoin
d'activité n'était pas satisfait par des polémiques
de presse, entreprit une expédition en Afrique. Il voulait négocier
avec les Touaregs de Ghadamès
le passage des caravanes venant du lac Tchad, dans le but de les faire
aboutir vers les ports de l'Algérie et de la Tunisie au lieu de
ceux de la Tripolitaine et du Maroc. A El Ouatia, il rencontra des Touareg
qui le persuadèrent de renvoyer son escorte. Il crut de bonne politique
d'accéder à leur désir. Bientôt les Touareg
étaient rejoints par une bande de Chambaa et à 3 kilomètres
d'El Ouatia les deux troupes attaquaient le marquis et l'assassinaient,
non sans qu'il eût vendu chèrement sa vie. Ses assassins furent
découverts et arrêtés au commencement de juillet 1898
par le mokadem des Kadria de Ouargla. (R. S.). |
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