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Montausier
(Ch. de Sainte-Maure, duc de), d'une ancienne famille de Touraine ,
né en 1610, mort en 1690, servit avec distinction en Italie
et en Allemagne ,
obtint à 28 ans le grade de maréchal de camp, fut successivement
gouverneur de l'Alsace ,
de la Saintonge ;
de la Normandie ;
se fit partout estimer pour son intégrité, et resta fidèle
au roi pendant la Fronde. Louis XIV le nomma
en 1664 duc et pair et le choisit en 1668 pour remplir les fonctions de
gouverneur du Dauphin; il s'adjoignit Bossuet
et Huet comme précepteurs, et fit faire pour
l'usage du prince les éditions connues sous le nom d'Ad usum
Delphini. Il déploya dans ses fonctions de gouverneur une grande
sévérité, et se fit remarquer à la cour par
son caractère austère et son amour pour la vérité,
ce qui la fit regarder comme l'original du Misanthrope
de Molière. Montausier était d'abord
de religion protestante
: il l'abjura en 1645, pour épouser la belle Julie d'Angennes, dont
il sollicitait la main depuis quatorze ans. Fléchier a écrit
son Oraison funèbre; c'est
un de ses meilleurs morceaux. Garat composa en 1781 un Éloge
de Montausier, qui fut couronné par l'Académie française. |
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Montausier (Julie d'Angennes
de Rambouillet, duchesse de), dite Arténice, femme du
précédent, née en 1607, morte en 1671, était
fille du marquis de Rambouillet et de Catherine
de Vivonne. Également remarquable par sa beauté, par
son esprit et ses vertus, elle fut recherchée de tous les grands
seigneurs de la cour, et, après de longs retards, fit choix de Montausier.
Elle fut nommée par Louis XIV gouvernante
des enfants de France ,
et chargée en 1661 de l'éducation du Dauphin jusqu'au moment
où il passa entre les mains de son mari. Le duc de Montausier lui
avait adressé avant son mariage, sous le nom de Guirlande de
Julie ,
une offrande poétique composée de fleurs dessinées
par le peintre Robert et de madrigaux composés
par les meilleurs poètes de l'époque et transcrits par le
calligraphe Jarry. Le manuscrit de cette fameuse Guirlande, après
avoir été entre les mains de l'abbé de Rothelin et
de M. Rose, fut acheté par le duc de La Vallière quil la
transmit à ses héritiers. Une copie en a été
publiée en 1784 à Paris
par Didot et en 1824 à Montpellier
par Amoreux. |