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Mercier
(L. Sébastien). - Ecrivain, né à Paris
en 1740, mort en 1814, débuta par des héroïdes et par
des pièces de théâtre qui eurent peu de succès;
il se mit alors à déclamer contre les poètes classiques,et
composa un Essai sur l'art dramatique, où il recommandait
un genre analogue à celui qu'on a depuis nommé romantique.
En 1771, il publia l'An 2440, ou Rêve s'il en fut jamais,
espèce de roman de politique-fiction,
dans lequel il annonçait des changements qui devaient bientôt
se réaliser en partie. Il fit paraître en 1781 le Tableau
de Paris, composition indigeste, qui néanmoins obtint la vogue,
grâce à d'excellentes remarques sur les moeurs et à
l'indication de réformes utiles; poursuivi pour cet ouvrage, il
se réfugia en Suisse ,
où il l'acheva.
De retour en France
au moment de la Révolution, il rédigea, avec Carra,
les Annales patriotiques, journal libéral,mais modéré;
fut député à la Convention, puis entra au Conseil
des Cinq-Cents. Il fut nommé membre de l'Institut et professeur
d'histoire aux Ecoles centrales lors de la création de ces établissements.
Mercier avait la manie du paradoxe; non content d'attaquer Boileau,
Corneille,
Racine,Voltaire,
il voulut encore réfuter le système de Newton,
qu'il ne comprenait pas; il déclama aussi contre la philosophie
et les sciences, ce qui le fit surnommer le
singe de Jean-Jacques. Outre les ouvrages cités, on a de lui
son Théâtre, 4 vol. in-8, 1778-84. (on y remarque l'Habitant
de la Guadeloupe, la Brouette du Vinaigrier, Jean Hennuyer); Néologie
ou Vocabulaire des mots nouveaux ou à renouveler, 1801. |
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