 |
Ménodote
de Nicomédie, philosophe grec de l'école sceptique,
qui vécut probablement vers 150 ap. J.-C. Comme beaucoup de sceptiques,
il fut en même temps médecin de l'école
empirique. Il avait écrit plusieurs ouvrages dont l'un, composé
de onze livres, était une réfutation vive et passionnée
des théories d'Asclépiade. Il
fut un personnage assez considérable pour que Galien
ait écrit contre lui deux livres. Galien d'ailleurs a pour lui peu
d'estime; il lui reproche de ne voir dans la médecine qu'un moyen
d'arriver à la fortune ou à la gloire, et de prodiguer les
insultes à ses adversaires, aboyant comme un chien ou injuriant
comme un bouffon.
Ce qui fait l'intérêt particulier
de ce philosophe médecin, c'est qu'il est peut-être de tous
les Anciens celui qui a eu l'idée la plus nette de ce que devait
être la méthode expérimentale.
Véritable précurseur de Bacon, il
montre comment il faut compléter la simple observation
par l'observation imitative, c.-à-d, par l'expérimentation,
et ne pas tenir compte seulement des cas favorables. Tout en restant fidèle
à son point de vue purement empirique
et en introduisant dans le langage une précision inconnue jusqu'à
lui, il fait une véritable théorie
de l'induction, qu'on a essayé de reconstituer
d'après un écrit de Galien, le De
Subfiguratione empirica, dont nous ne possédons qu'une traduction
latine. (V. Br.). |
|