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Mena

Juan de Mena est un poète castillan, né à Cordoue aux environs de 1411, mort à Torrelaguna en 1456. Il étudia à Salamanque, puis à Rome. A son retour en Espagne, il devint un des vingt-quatre de Cordoue, fut nommé secrétaire du roi Juan II pour les lettres latines, enfin chroniqueur de Castille. Il est douteux cependant qu'il ait travaillé à la Cronica del Rey don Juan II

Mena écrivit un poème sur les sept péchés mortels (Los siete Pecados mortales), allégorie pleine de pédantisme et de subtilités scolastiques : la Coronacion, à la louange du marquis de Santillana, don Iñigo Lopez de Mendoza, son protecteur, que couronnent les Vertus et les neuf Muses. Son oeuvre la plus connue est El Laberinto (le Labyrinthe), vision imitée de Dante et que le poète mourut sans pouvoir achever. Deux épisodes sont restés célèbres : la mort du comte de Niebla et celle de Lorenzo Dàvalos. Ils figurent dans le Parnaso espanol de Quintana.

On trouve des poésies détachées de Mena dans le Cancionero de Baena; nombre d'autres sont restées manuscrites. 

Ses oeuvres ont été publiées à Alcala (1566), puis à Madrid (1804). On a attribué faussement à Juan de Mena les couplets satiriques de Mingo Revulgo. (GE).

Pedro de Mena est un sculpteur espagnol, né à Adra dans le premier quart du XVIIe siècle, mort à Malaga en 1693. Elève de son père, il s'était déjà créé une certaine réputation dans sa ville natale comme sculpteur sur bois, lorsque Alonso Cano, nommé à une prébende par le chapitre de la cathédrale de Grenade, y ouvrit un atelier et commença d'y admettre quelques élèves. Bien qu'il fût déjà un artiste, Mena ayant eu l'occasion de voir des ouvrages de Cano, n'hésita pas à quitter Adra pour venir à Grenade s'instruire aux leçons de cet illustre maître. Cano l'accueillit près de lui et commença de l'employer comme aide et praticien dans tous ses travaux. 

Encouragé et soutenu dans ses entreprises par les conseils de Cano, son élève put dès lors voler de ses propres ailes et montrer, dans des productions personnelles, les immenses progrès que son talent avait réalisés. Il exécuta dès lors, à peu près seul, les nombreuses commandes qui lui arrivèrent de toute part. Ce fut d'abord une Immaculée Conception pour l'église d'Alhendin et dont Cano faisait grand cas; puis des figures de saints pour le couvent de l'Ange, à Grenade, et bientôt après les quarante statues qui décorent le choeur de la cathédrale de Malaga, ensemble qu'il commençait en 1658 et qu'il terminait en 1662. Deux autres statues de saint Blas et de saint Julien vinrent s'ajouter à ces ouvrages, à la même cathédrale. 

La renommée de l'habileté de Mena s'étendit bientôt par toute l'Espagne. Don Juan d'Autriche lui fait la commande d'un groupe représentant la Vierge del Pilar avec saint Jacques à ses pieds, groupe fort admiré et qui fut offert à la reine. Le prince Doria le charge de lui faire un Christ en croix qu'il emporta en Italie. Le chapitre de Tolède le choisit pour son sculpteur en titre, et Mena achève à cette occasion, en s'inspirant d'une oeuvre de Cano, l'admirable statuette de saint François qui n'a pas cessé, depuis 1663, de faire partie des plus précieux monuments de l'art statuaire que possède cette cathédrale. 

De 1673 à 1679, Mena travailla à Cordoue et décora de statues et de bas-reliefs divers retables pour la cathédrale et l'église Saint-François. Gravement atteint dans sa santé, il revint d'abord à Grenade, puis il passa à Malaga où la mort vint le surprendre alors qu'il était encore en possession de tout son talent. 

Sans atteindre à la délicatesse, à la grâce, à toute la profondeur d'expression des ouvrages de son maître, ceux de Mena qui s'inspirent constamment des formes et des attitudes chères à celui-ci, n'en paraissent sans doute que le reflet; mais c'est encore quelque chose que de rappeler, d'ailleurs d'assez près pour que des confusions d'attribution soient fréquentes, le talent si pénétrant et si génial d'un Alonso Cano. (P. L.).

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