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| Méhémet-Ali
ou Mohammed-Ali, vice-roi d'Égypte Après le départ des Français, Méhémet-Ali sut habilement, sans se brouiller avec les Turcs, exciter contre eux les Mamelouks, puis diviser ces derniers entre eux. C'est ainsi qu'à la suite de ténébreuses intrigues et de nombreux soulèvements militaires, il parvint à se débarrasser de Khosrew, qu'il renvoya à Istanbul (1804), et que, non content du titre de caïmacan, il se fit décerner par ses troupes celui de pacha d'Égypte, qu'il amena le sultan à lui confirmer (9 juillet 1809). Il eut encore longtemps à lutter
contre les Mamelouks, qui, mal soutenus en 1807 par une armée anglaise
qu'il força bientôt à se rembarquer, furent enfin attirés
par lui au Caire
dans un guet-apens où leurs principaux chefs furent à peu
près tous massacrés (1er
mars 1814). Débarrassé de cette turbulente milice, Méhémet-Ali
commença, sur l'ordre du sultan Mahmoud, contre les Wahhâbites Puis il tourna ses armes vers la Nubie
Mehemet Ali. Après avoir triomphé sans
peine en 1824 de la révolte des fellahs, il envoya au secours des
Turcs, dont la cause déclinait alors visiblement en Grèce,
son fils Ibrahim, qui s'empara de la Crète Les grandes puissances européennes l'arrêtèrent par leur diplomatie, mais Méhémet gagna encore au traité de Kutâhiyeh (février 1833) la possession de la Syrie et du district d'Adana. Comme il réclamait toujours sans succès l'hérédité et qu'il refusait de se soumettre aux lois générales de l'empire turc, un nouveau conflit ne tarda pas à se produire entre le vassal et son suzerain. Cette fois les Turcs attaquèrent. Mais ils furent encore défaits à Nézib (juin 1839). Presque dans le même temps la flotte turque était livrée à Méhémet, et Mahmoud laissait le trône à l'adolescent Abd-ul-Medjid. L'empire ottoman semblait à la merci du pacha. Mais l'Europe intervint de nouveau. Méhémet-Ali comptait sur l'appui de la France. Mais cette puissance, intimidée par la quadruple alliance de Londres (15 juillet 1840), se déroba. La Syrie s'insurgea; une flotte anglaise vint bombarder les ports de cette province. Le pacha se soumit par la convention d'Alexandrie (décembre 1840). Par un hatti-chérif (décret) du 13 février suivant, le nouveau sultan lui concéda seulement la possession héréditaire de L'Égypte, et encore à des conditions qui resserraient singulièrement son vasselage. Vieux et attristé, Méhémet-Ali vit mourir avant lui Ibrahim Pacha, comme la plupart de ses autres fils. Sa raison s'altéra dans les deux dernières années de sa vie. Il laissa le pouvoir à son petit fils Abbas, fils de Toussoun Pacha. (A. D.). |
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