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Méhémet-Ali
ou Mohammed-Ali, vice-roi d'Égypte ,
né à Kavala (Roumélie )
en 1769, mort au Caire
le 2 août 1849. Orphelin de bonne heure et sans fortune, il fut recueilli
par un capitaine de janissaires, au
service duquel il apprit vite l'art de commander, d'intimider et de tromper
ses interlocuteurs, fut à la suite d'un riche mariage (1787) nommé
officier de troupes irrégulières, se lia avec un négociant
de Marseille, nommé Lion, et gagna beaucoup d'argent dans le commerce
du tabac, ce qui ne l'empêcha pas de réaliser aussi de gros
bénéfices comme chef de mercenaires dans sa province natale.
Envoyé en Égypte (1798) pour combattre les Français,
il fut mis à la tête d'une troupe de 300 janissaires et, par
son audace et sa finesse, se distingua au point que Khosrew Pacha, qui
représentait l'Empire Ottoman
dans ce pays, l'éleva bientôt à l'emploi de général
des Arnautes.
Après le départ des Français,
Méhémet-Ali sut habilement, sans se brouiller avec les Turcs,
exciter contre eux les Mamelouks, puis diviser ces derniers entre eux.
C'est ainsi qu'à la suite de ténébreuses intrigues
et de nombreux soulèvements militaires, il parvint à se débarrasser
de Khosrew, qu'il renvoya à Istanbul
(1804), et que, non content du titre de caïmacan, il se fit
décerner par ses troupes celui de pacha d'Égypte, qu'il amena
le sultan à lui confirmer (9 juillet 1809).
Il eut encore longtemps à lutter
contre les Mamelouks, qui, mal soutenus en 1807 par une armée anglaise
qu'il força bientôt à se rembarquer, furent enfin attirés
par lui au Caire
dans un guet-apens où leurs principaux chefs furent à peu
près tous massacrés (1er
mars 1814). Débarrassé de cette turbulente milice, Méhémet-Ali
commença, sur l'ordre du sultan Mahmoud, contre les Wahhâbites
d'Arabie une guerre qui, conduite d'abord par son fils Toussoun Pacha,
puis par lui-même (1811-12), enfin par son autre fils Ibrahim
Pacha, ne fut terminée qu'en 1818 et valut à Ibrahim
la dignité de pacha de La Mecque .
Puis il tourna ses armes vers la Nubie ,
le Sennaar et le Kordofan, qu'il fit rapidement passer sous sa domination
(1820). L'Égypte devenait sous sa vigoureuse administration une
puissance militaire avec laquelle il fallait compter. La France, pour laquelle
il avait une prédilection marquée, lui avait fourni un grand
nombre d'officiers, d'ingénieurs, de savants, grâce auxquels
il avait pu organiser dès 1815 son armée à l'européenne,
créer une flotte de guerre considérable et augmenter rapidement,
par le développement intelligent de l'agriculture et de l'industrie,
les revenus de son pachalik.
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Mehemet
Ali.
Après avoir triomphé sans
peine en 1824 de la révolte des fellahs, il envoya au secours des
Turcs, dont la cause déclinait alors visiblement en Grèce,
son fils Ibrahim, qui s'empara de la Crète
et obtint d'abord de grands succès en Morée (1825), mais
qui, après le traité de Londres et la bataille de Navarin
(1827), fut obligé par les Français d'évacuer ce pays
(1828) ( Le
déclin de l'Empire ottoman). En retour des sacrifices qu'il
venait de faire, Méhémet-Ali demanda pour sa famille l'hérédité
de son pouvoir. Mais Mahmoud la lui refusa et accorda seulement à
Ibrahim le pachalik de Candie (Crète). Aussi le pacha d'Égypte
ne tarda-t-il pas à saisir un prétexte pour attaquer la Syrie
(1831-32). Les troupes turques, plusieurs fois battues, durent évacuer
ce pays, et Ibrahim pénétra en Asie Mineure, où il
fut encore vainqueur à Konya (décembre 1832).
Les grandes puissances européennes
l'arrêtèrent par leur diplomatie, mais Méhémet
gagna encore au traité de Kutâhiyeh (février 1833)
la possession de la Syrie et du district d'Adana. Comme il réclamait
toujours sans succès l'hérédité et qu'il refusait
de se soumettre aux lois générales de l'empire turc, un nouveau
conflit ne tarda pas à se produire entre le vassal et son suzerain.
Cette fois les Turcs attaquèrent. Mais ils furent encore défaits
à Nézib (juin 1839). Presque dans le même temps la
flotte turque était livrée à Méhémet,
et Mahmoud laissait le trône à l'adolescent Abd-ul-Medjid.
L'empire ottoman semblait à la merci du pacha. Mais l'Europe intervint
de nouveau.
Méhémet-Ali comptait sur
l'appui de la France. Mais cette puissance, intimidée par la quadruple
alliance de Londres (15 juillet 1840), se déroba. La Syrie s'insurgea;
une flotte anglaise vint bombarder les ports de cette province. Le pacha
se soumit par la convention d'Alexandrie
(décembre 1840). Par un hatti-chérif (décret)
du 13 février suivant, le nouveau sultan lui concéda seulement
la possession héréditaire de L'Égypte, et encore à
des conditions qui resserraient singulièrement son vasselage. Vieux
et attristé, Méhémet-Ali vit mourir avant lui Ibrahim
Pacha, comme la plupart de ses autres fils. Sa raison s'altéra
dans les deux dernières années de sa vie. Il laissa le pouvoir
à son petit fils Abbas, fils de Toussoun Pacha. (A.
D.). |
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