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Les îles Mariannes sont
une chaîne d'îles de l'Océan
Pacifique (Micronésie), située
au nord des Carolines et à 2400 km à
l'Est des Philippines. Les îles qui
composent cette chaîne sont élevées, et d'origine volcanique;
sur quelques-unes on remarque des volcans encore
en activité. De hautes montagnes les
couvrent, en grande partie; leurs côtes
sont escarpées, et entourées de récifs et de coraux.
Aucune ne présente un abri sûr pour les vaisseaux. Superficie
totale : environ 1000 km². Politiquement, l'archipel est divisé
en deux territoires liés aux Etats-Unis
: les Mariannes du Nord (semi-indépendantes)
et Guam.
Dix-sept îles principales composent
l'archipel des Mariannes, que l'on divise ordinairement en deux groupes.
Le groupe septentrional, qui s'étend
de 16° à 20° de latitude, comprend les îles Farallon-de-Pajoros,
Uracas, Tunas ou Mangs (Maug), Assomption (Asuncion)
ou Song-Song, Agrihan (Agrigan ou Grigan)
et Pagan.
Le groupe méridional
compte les îles Guguan ou San-Joaquim,
Sarigan, Anatahan, Farallon de Medinilla, Saipan, Tinian, Aguijan
(Agiguan), Rota et, enfin, Guam ou Guajam.
Guam est la plus grande
île de l'Archipel. Les îles les plus
importantes ou les plus remarquables sont ensuite Rota; Saïpan, l'une
des mieux boisées, et qui a un volcan en
activité; Tinian, où l'on remarque des ruines fort considérables,
qui témoignent du degré de civilisation auquel les Mariannais
étaien parvenus avant l'arrivée des Européens;
Aguijan, où les Espagnols ont laissé
s'établir une colonie d'Américains des États-Unis;
l'Assomption et Pagon, qui ont des volcans en activité.
Le climat des Mariannes est doux; les chaleurs
sont tempérées par les vents de mer.
L'été dure depuis le milieu d'octobre
jusqu'au milieu de juin; le reste de l'année
forme la saison d'hiver, qui est marquée
par des ouragans et des tempêtes fréquentes.
Quand Magellan découvrit ces îles,
en 1521, il en évalua la population à 150,000
individus; on y compte aujourd'hui plus de 250 000 (dont 170 000
à Guam), mais après que la population
soit tombée à 10,000 habitants
au XIXe siècle.
Les habitants parlent des langues malayo-polynésiennes ( Les
langues Austriques ),
où se rencontrent un grand nombre de mots et de formes espagnoles.
Ils sont tous chrétiens.
A l'arrivée des Européens,
les îles Mariannes ne renfermaient pas d'autre mammifère que
le vampire ( Les
chiroptères );
les Espagnols y ont introduit et naturalisé le boeuf, le cheval,
le mouton, le porc, le lama et le cerf des Philippines.
On y rencontre aussi des chats sauvages, qui proviennent, sans doute, de
chats domestiques aussi introduits par les Européens. L'ornithologie
est assez riche; on y trouve la poule domestique, la poule sauvage, le
perroquet, le merle, le canard sauvage, la bécasse, la poule d'eau,
le faucon, et de nombreuses espèces d'oiseaux
aquatiques. La flore
est à peu près la même que cellee des Philippines;
on y remarque l'arbre à pain, le citronnier, l'oranger, le cocotier,
le bananier, l'indigotier, etc.
Histoire
des Mariannes. - Magellan ,
qui les découvrit en 1521, les nomma îles des Larrons (Islas
de los Ladrones ), à cause des soustractions nombreuses dont il
avait été victime de la part des habitants. Sept ans plus
tard, en 1528, Saavedra prit possession d'une partie de l'archipel au nom
du roi d'Espagne ;
mais ce fut plus d'un siècle après qu'on entreprit de le
coloniser. Le P. Sanvitores, jésuite espagnol , ayant relâché
sur ce point en allant du Mexique
à Manille, avait été frappé de l'abord doux
et paisible des habitants; il forma le projet de les convertir, et ayant
obtenu l'approbation du roi d'Espagne, Philippe IV ,
il arriva le 23 mars 1668 , en vue de l'archipel, qu'il nomma îles
Mariannes, en l'honneur de Marie-Anne d'Autriche, épouse de son
maître, et débarqua à Agagna, dont il fit le centre
de ses travaux apostoliques, et qui est restée la capitale de l'archipel.
Sanvitores
obtint d'abord de rapides succès; et dès la première
année vingt mille insulaires avaient reçu le baptême,
Mais bientôt les résistances se firent sentir y d'abord assez
faibles, puis plus vives; enfin, les habitants prirent les armes pour défendre
leur religion, et le P. Sanvitores périt assassiné par un
insulaire dont il venait de baptiser la fille. Dès lors l'histoire
des Mariannes ressemble à celle du Mexique ,
du Pérou ,
et de toutes les terres où les Espagnols cherchèrent à
implanter leurs fanatiques croyances; et si dans les îles qui nous
occupent la lutte fut moins longue, c'est que le théâtre en
était moins vaste et les acteurs moins nombreux; mais elle finit,
comme dans les deux, contrées que nous venons de nommer, par la
dépopulation presque complète de l'Archipel: C'est José
de Quiroga y Lozada; gentilhomme originaire de la Galice ,
qui soumit les Mariannes à l'autorité de l'Espagne .
Cette soumission eut lieu en 1699.
Les
îles Mariannes formèrent dès lors un gouvernement dépendant
de la capitainerie générale des Philippines.
Le gouverneur résidait à Agagna, capitale de l'île
Guam. Les Mariannes ont cessé d'appartenir
à l'Espagne en 1898, après la guerre Hispano-Américaine.
Guam devint une possession américaine; les autres îles, c'est-à-dire
les Mariannes du Nord, sont vendues à
l'Allemagne .
Pendant la Première Guerre mondiale, celles-ci seront conquises
par le Japon ,
puis placées à la fin du conflit sous mandat de la Société
des Nations. Guam est occupée lors de la Seconde Guerre mondiale,
par le Japon en 1941, puis récupérée de nouveau en
1944 par les Etats-Unis ,
qui en même temps s'emparent des Mariannes du Nord. L'archipel passe
tout entier sous tutelle des Etats-Unis jusqu'en 1976, date à laquelle
les Mariannes du Nord obtiennent un statut de "commonwealth en union politique
avec les Etats-Unis", doté d'une constitution particulière
depuis 1878. Quant à Guam, sur laquelle une importante base militaire
a été construite, elle reste un territoire américain
directement administré par Washington.
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