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La maison d'O

La famille d'O est une maison de Basse-Normandie qui remonte au XIIe siècle. Robert d'O, chevalier, seigneur d'O, près Argentan, figure dans un acte de 1158. On rencontre Godefroy en 1195 et 1200, puis Robert II en 1257 et 1264. Robert III aida Philippe de Valois contre les Anglais en 1306. Robert IV épousa en 1343 Alix de Vendôme. Robert VI, capitaine des ville et château d'Exmes, fut tué à Azincourt. Robert VII, écuyer et échanson de Charles Ier, duc de Bourbon, hérita de sa mère, Jeanne le Baveux, les terres de Fresne, Baillet, Maillebois et Franconville. Jean, marié en 1454 à Jeanne de Montfaucon, succéda en 1473 au titre de sénéchal héréditaire du comté d'Eu, et devint conseiller et chambellan de Charles VIII. Son fils aîné, Charles, fut chambellan de Louis XII. Le fils de Charles, Jean II, chevalier de l'ordre, capitaine des gardes écossaises, grand maréchal de Normandie, eut de son mariage avec Hélène d'Illiers (1334) : 
1° Francois (V. ci-dessous); 

2° Jean, tige des seigneurs de Manou;

3° Françoise, mariée à Louis d'Angennes. 

François n'ayant pas eu d'enfants, le titre passa à la branche de Jacques, second fils de Jean ler, qui avait reçu de son frère Charles les terres de Baillet et Franconville; il mourut à Pavie. De son mariage avec Louise de Villiers de l'Isle-Adam naquit Charles Il. 

Le roi renouvela en 1699 le titre de marquis de Franconville en faveur de Gabriel-Claude d'O, gouverneur du comte de Toulouse, chef d'escadre, lieutenant des armées navales, grand-croix de l'ordre de Saint-Louis, mort en 1718. Gabriel-Simon (mort en 1743) ne laissa qu'une fille, qui épousa Louis de Brancas. 

Armes : D'hermine, au chef endenté de gueules. (H. Hauser).

François, marquis d'O est un surintendant des finances, né à Paris en 1535, mort à Paris le 24 octobre 1594. Présenté à la cour à l'avènement de Henri III par son beau-père, M. de Villequier, l'un des favoris de ce prince, il ne tarda guère à être personnellement fort en faveur près de lui. Beaucoup moins frivole que la plupart de ses collègues dans l'amitié souveraine, Quélus et consorts, il ne dédaigna pas de coopérer à la besogne fiscale destinée à fournir la dépense commune. Aussi bien il fit merveille dans la voie des exactions plus ou moins légales : en quelques années, le revenu de la Couronne augmenta d'un tiers.

Le roi lui sut grand gré de cette activité intéressée et l'en récompensa en lui conférant le collier du Saint-Esprit, puis en l'élevant à la surintendance des finances, poste en rapport avec, ses tendances utilitaires, sinon avec ses capacités réelles, Bientôt même il le nomma, par surcroît, gouverneur de Paris et de l'Ile-de-France. Ce fut en cette dernière qualité qu'il fat appelé à faire prendre, lors de la Journée des barricades (décembre 1588), des mesures pour barrer la route à l'émeute. Il échoua d'abord complètement dans cette nouvelle direction de sa volonté. Son administration des deniers publics fut à son tour vivement attaquée par les Etats généraux assemblés à Blois au commencement de l'année suivante, et Henri III fut contraint de le relever de ces fonctions. 

Après l'attentat de Jacques Clément, il fut près de Henri IV le porte-parole des catholiques, résolus à ne lui conserver leur fidélité que s'il abjurait le protestantisme. Cependant il ne poussa pas la défiance aussi loin que certains et demeura attaché au Béarnais encore huguenot. La direction des finances lui fut rendue alors. En 1593, il fut chargé par le roi de préparer avec les principaux prélats de France sa conversion, promise au catholicisme et ajournée, jusque-là, moitié par dignité de souverain, moitié par répugnance de sceptique. Il mourut l'année suivante, ne laissant pas d'enfant de Charlotte-Catherine de Villequier, qu'il avait épousée en 1573. (Léon Marlet).

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Dictionnaire biographique
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