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Denis (Marie-Louise
Mignot,
dame), née à Paris
le 18 février 1712, morte à Paris le 20 août 1790.
Fille de P.-F. Mignot, correcteur des comptes, et de Catherine Arouet,
soeur de Voltaire, elle épousa, le 25
février 1738, Nicolas-Charles Denis, écuyer, fils d'un ancien
échevin de Paris, et devint veuve le 12 avril 1744. Peu de temps
après son mariage, elle fit ce qu'elle appelle dans une lettre à
Thieriot une «-neuvaine-»
à Cirey, mais ce fut seulement après la mort de Mme
du Châtelet qu'elle joua dans la vie de son oncle un rôle
qui a préservé son nom du plus légitime oubli. Lorsque
Frédéric Il sollicita Voltaire de venir se fixer à
Potsdam (1750), celui-ci stipula pour Mme Denis des conditions qui ne furent
pas acceptées et c'est seulement en 1753 qu'elle vint au-devant
de son oncle fuyant la colère du roi après sa querelle avec
Maupertuis. On sait comment Voltaire et Mme
Denis furent arrêtés et maltraités à Francfort
par un soudard trop zélé, et par quelles récriminations
l'auteur de Zaïre dénonça ces brutalités.
Rentrée d'abord à Paris, Mme Denis rejoignit de nouveau Voltaire
à Colmar ,
puis l'accompagna en Suisse
et tint sa maison d'abord aux Délices, ensuite à Ferney.
Les mauvaises langues du temps l'accusent
d'avoir consolé plus d'une fois les tristesses du veuvage dans les
bras des commensaux de son oncle, et nommément de Ximénès
qui déroba pendant un de ses séjours (1754) un brouillon
de la Guerre de 1741 dont la disparition fit grand bruit. Voltaire
prit la peine de la disculper de toute connivence et ne cessa d'ailleurs
de lui donner des marques d'une affection dont elle ne semble pas toujours
avoir été digne. C'est ainsi qu'en 1762, il lui assura une
pension de 16 000 F, et l'année suivante, la propriété
de la terre de Ferney. Mme Denis avait d'ailleurs sa part des hommages
que les touristes de toutes les nations rendaient au « patriarche
», et il n'est pas une des nombreuses relations de ces pèlerinages
qui ne fasse mention d'elle en termes plus ou moins flatteurs. Cependant,
en 1768, pour des motifs assez mal connus, elle se vit congédiée
par Voltaire, en même temps que Mme Dupuits (petite-nièce
de Corneille) qu'elle avait contribué
à marier, et toutes deux ne rentrèrent en grâce que
vers la fin de 1769.
Elle revint de nouveau à Paris
en 1778, cette fois avec Voltaire lui-même,
et elle assista aux ovations qui hâtèrent sa fin. Instituée
par son oncle légataire universelle, elle vendit à Catherine
II ses papiers et sa bibliothèque, céda à Panckoucke
(qui le rétrocéda à Beaumarchais)
le droit de donner da ses oeuvres une édition véritablement
complète, et fit don aux comédiens français de la
célèbre statue de Houdon, qui ne fut pas acceptée
sans difficultés. En même temps; et sans nul souci du ridicule,
elle convola, le 8 janvier 1780, avec un sieur François François,
dit Duvivier, ancien soldat, infirme, devenu commissaire des guerres
et plus jeune qu'elle de dix ans, et cette union défraya la verve
des disciples du maître, nommément de d'Alembert.
Mme Denis, à qui l'in-dulgence de son oncle avait découvert
des facultés dramatiques que son physique ne laissait guère
soupçonner, jouait quelques-uns des premiers rôles dans ces
représentations intimes par lesquelles l'exilé de Ferney
tâchait de se donner le change; elle avait ébauché
une tragédie d'Alceste et une comédie, intitulée la
Coquette punie. Assez bonne musicienne, elle aurait, paraît-il,
pressenti le talent de Grétry. (M.
Tx). |
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