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M 80 = NGC 6093
est un amas globulaire très ramassé,
éloigné de 60 000 années-lumière.
Sa magnitude photographique est de 7,80.
Catalogué
en 1780 par Messier
sous le n° 80 et décrit par lui comme une nébuleuse sans
étoile ayant toute l'apparence d'un noyau cométaire, cet
objet a été trouvé par W. Herschel
comme formé par la réunion d'un très grand nombre
de petites étoiles et comme constituant «l'amas globulaire
le plus riche et le plus condensé qu'offre le Ciel à la contemplation
des astronomes ».
Il
y a quelque quarante ans, cet amas a beaucoup attiré l'attention
des observateurs. Le 21 mai 1860, Auwers
et Luther signalaient, en effet, la présence, au milieu de la nébulosité
qu'il forme dans une petite lunette, d'une étoile brillante de 6,5
gr. qu'ils n'avaient point aperçue depuis le printemps de 1859 (pas
même le 18 mai 1860), époque où ils avaient commencé
à étudier cette région : le 22 mai l'étoile
avait gardé le même éclat, et le 25 elle avait beaucoup
diminué. De son côté, et d'une façon tout à
fait indépendante, Pogson, étudiant le 28 mai la même
région avec l'équatorial d'Hartwell [1],
vit avec surprise une étoile de 7,6 gr. remplacer la nébuleuse
qu'il avait coutume de voir; le 10 juin, l'apparence stellaire avait à
peu près disparu, mais l'amas montrait encore un éclat insolite
et une condensation centrale marquée.
[1]
Tout à côté de l'amas, à 40" d'ascension
droite et à 3' de déclinaison, sont des deux variables R
et S Scorpion, découvertes en 1853 et 1854 par Chacornac
et redécouvertes par Pogson en 1857; c'est la surveillance de ces
variables qui d'amenait sur cette portion du ciel.
Il est
difficile de ne pas attribuer ces variations incontestables d'aspect à
l'existence d'une étoile variable à longue période,
située juste sur le rayon visuel de l'amas. Cette coïncidence
est déjà à elle seule extraordinaire; mais ce qui
étonne au moins autant, c'est l'existence de 3 variables à
longue période dans une étendue angulaire aussi faible (Ch.
André, 1900).
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